‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de Cuvier (volume 5)Chapitre 48 sur 240 · L’émerillon · texte numérisé non relu

L’émerillon

l'i. L’oiseau Saint-Martin.

LE FAUCON

(l’Hiiclson * est un oiseau étranger, d’une espèce différente de celle d’Europe, et dont nous parlerons dans l’article suivant; 22“ que le faucon étoilé^ est un oiseau d’un autre genre que le faucon ; 23“ que le faucon huppé des Indes ^ le faucon des Antilles, le faucon-pêcheur des Antilles'^ et le fauconpêcheur de la Caroline^ sont encore des oiseaux étrangers, dont il sera fait mention dans la suite. On peut voir par cette longue énumération qu’en séparant même les oiseaux étrangers, et qui ne sont pas précisément des faucons, et en ôtant encore le faucon pattu, qui n’est peut-être qu’une variété ou une espèce très-voisine de celle du faucon commun, il y en a dixneuf que nous réduisons à quatre espèces, savoir : le faucon commun, le faucon passager, le sacre et le busard, dont il n’y en a plus que deux qui soient en effet des faucons.

Après cette réduction faite de tous les prétendus faucons aux deux espèces du faucon commun ou gentil, et du faucon passager ou pèlerin, voici les différences que nos anciens fauconniers trouvaient dans leur nature et mettaient dans leur éducation. Le faucon-gentil mue dès le mois de mars, et même plus tôt; le faucon-pèlerin ne mue qu’au mois d’août; il est plus plein sur les épaules et il a les yeux plus grands, plus enfoncés, le bec plus gros, les pieds plus longs et mieux fendus que le faucon-gentil “ : ceux qu’on prend au nid s’appellent faucons niais; lorsqu’ils sont pris trop jeunes, ils sont souvent criards et difficiles à élever ; il ne faut donc pas les dénicher avant qu’ils soient un peu grands, ou si l’on est obligé de les ôter de leur nid il ne faut point les manier, mais les mettre dans un nid le plus semblable au leur qu’on pourra, et les nourrir de chair d’ours, qui est une viande assez commune dans les montagnes où l’on prend ces oiseaux; et au défaut de celte nourriture on leur donnera de la chair de poulet; si l’on ne prend pas ces précautions, les ailes ne leur croissent pas^, et leurs jambes se cassent ou se déboîtent aisément; les faucons-sors, qui sont les jeunes, et qui ont été pris en septembre, octobre et novembre, sont les meilleurs et les plus aisés à élever; ceux qui ont été pris plus tard, en hiver ou au printemps suivant, et qui par conséquent ont neuf ou dix mois d’âge, sont déjà trop accoutumés à leur liberté pour subir aisément la servitude, et demeurer en captivité sans regret, et l’on n’est jamais sûr de leur obéis-

a. Fauconnerie d'Artelouche , imprimée à la suite de la Vénerie de du Fouilloux, et des Fauconneries de Jean de Franclnères et de Guillaume Tardif. Paris, 1614, p. 89.

b. Recueil de tous les oiseaux de proie qui servent à la fauconnerie^ par G. B., imprimé à la suite des Fauconneries citées dans la note précédente, p. 114, verso.

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