‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 160 sur 251 · III. — Sur quelques vents qui varient régulièrement · texte numérisé non relu

III. — Sur quelques vents qui varient régulièrement

Il y a de certains climats et de certaines contrées particulières où les vents varient, mais constamment et régulièrement, les uns au bout de six mois, les autres après quelques semaines, et enfin d’autres du jour à la nuit, ou du soir au matin. J’ai dit, p. 255 , « qu’à Saint-Domingue il y a deux vents différents qui s’élèvent régulière-

a. Alliazen, par la durée des crépuscules, a prétendu que la hauteur de l’atmosphère est de 44,331 toises. Képler, par cette même durée, lui donne 41,110 toises.

M. de La Hire, en parlant de la réfraction horizontale de 32 minutes, établit le terme moyen de la hauteur de l’atmosphère à 34,585 toises.

M. Mariotte, par ses expériences sur la compressibilité de l’air, donne à l’atmosphère plus de 30 mille toises.

Cependant , en ne prenant pour l’atmosphère que la partie de l’air où s’opère la réfraction , ou du moins presque la totalité de la réfractioh, M. Bouguer ne trouve que 5,15S toises, c’est-à-dire, deux lieues et demie ou trois üeues ; et je crois ce résultat plus certain et mieux fondé que tous les autres.

1. La hauteur de Y atmosphère est de 16 lieues environ. C’est ce qui résulte, à peu près également, des observations faites sur la raréfaction de l’air ( voyez la note 1 de la page précédente), el des observations faites sur la durée des crépuscules. (Voyez, ci-dessus, la note de Buffon.)

2. Voyez , sur le refroidissement des couches supérieures de l’atmosphère , qu’un géomètre illustre, M. Poisson, a supposé beaucoup plus grand encore , mes notes sur les Époques de la nature.

SUR LES VENTS RÉGLÉS

ment presque chaque jour , que l'un est un vent de mer qui vient de l’orient, et que l’autre est un vent de terre qui vient de l’occident. » M. Fresnaye m’a écrit que je n’avais pas été exactement informé « Les deux vents réguliers, dit-il, qui soufflent à a Saint-Domingue, sont tous deux des vents de mer, et soufflent l’un de l’est le matin, « et l’autre de l’ouest le soir, qui n’est que le même vent renvoyé. Comme il est évi- „ dent que c’est le soleil qui le cause, il y a un moment de bourrasque que tout le „ monde remarque entre une heure et deux l’après-midi. Lorsque le soleil a décliné, « raréfiant l’air de l’ouest, il chasse dans l’est les nuages que le vent du matin avait n confinés dans la partie opposée. Ce sont ces nuages renvoyés qui, depuis avril et « mai jusque vers l’automne, donnent dans la partie du Port-au-Prince les pluies « réglées qui viennent constamment de l'est. Il n’y a pas d’habitant qui ne prédise la « pluie du soir entre six et neuf heures, lorsque, suivant leur expression , la brise a été « renvoyée. Le vent d’ouest ne dure pas toute la nuit, il tombe régulièrement vers le « soir, et c’est lorsqu’il a cessé que les nuages poussés à l’orient ont la liberté de « tomber, dès que leur poids excède un pareil volume d’air : le vent que l’on sent la « nuit est exactement un vent de terre qui n’est ni de l’est ni de l’ouest, mais dépend « de la projection de la côte. Au Port-au-Prince, ce vent du midi est d’un froid intolé- « rable dans les mois de janvier et de février : comme il traverse la ravine de la rivière « froide , il y est modifié a. »

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