‹ Œuvres complètes de Buffon avec la nomenclature Linnéenne et la classification de CuvierChapitre 37 sur 251 · DE LA FORMATION DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

DE LA FORMATION DES PLANÈTES

Fecitque cadenao

Undique ne eaderet.

Manil.

Notre objet étant l’histoire naturelle, nous nous dispenserions volontiers de parler d’astronomie ; mais la physique de la terre tient à la physique céleste, et d’ailleurs nous croyons que pour une plus grande intelligence de ce qui a été dit, il est nécessaire de donner quelques idées générales sur la formation, le mouvement et la figure de la terre et des planètes.

La terre est un globe d’environ trois mille lieues de diamètre, elle est située à trente millions de lieues du soleil1, autour duquel elle fait sa révolution en trois cent soixante-cinq jours. Ce mouvement de révolution est le résultat de deux forces, l’une qu’on peut se représenter comme une impulsion de droite à gauche, ou de gauche à droite , et l’autre comme une attraction du haut en bas, ou du bas en haut vers un centre. La direction de ces deux forces et leurs quantités sont combinées et proportionnées de façon qu'il en résulte un mouvement presque uniforme dans une ellipse fort approchante d’un cercle. Semblable aux autres planètes, la terre est opaque, elle fait ombre, elle reçoit et réfléchit la lumière du soleil , et elle tourne autour de cet astre suivant les lois qui conviennent à sa distance et à sa densité relative; elle tourne aussi sur elle-même en vingt-quatre heures, et l’axe autour duquel se fait ce mouvement de rotation est incliné de soixantesix degrés et demi sur le plan de l’orbite de sa révolution. Sa figure est celle d’un sphéroïde dont les deux axes diffèrent d’environ une cent-soixante et

1. La distance du soleil à la terre est de 153,493,000 kilomètres (environ 38 millions de lieues de poste). « Notre plus grande vitesse de locomotion régulière est d’environ 50 kilomètres par « heure sur les chemins de fer ; en marchant constamment avec cette vitesse, il faudrait trois « siècles et demi pour atteindre le soleil. Le son parcourrait cette vitesse en 1 5 ans, s’il y avait « entre le soleil et la terre un véhicule du son tel que l’air atmosphérique. Mais la lumière, avec « sa vitesse incroyable et pourtant bien constatée aujourd’hui, franchit cet espace en 8 minutes « 18 secondes.» (Voyez M. Faye, Leçons de cosmographie, p. 148.)

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