Cuba. — 2. Mer des Antilles. — 3. Curupa
, Amazones jusqu’au cap Saint-Roch, la côte va presque droit de l’ouest à l’est; du cap Saint-Roch au cap Saint-Augustin, elle va du nord au sud, et du cap Saint- Augustin à la baie de Tous-les-Saints elle retourne vers l’ouest; en sorte que cette partie du Brésil fait une avance considérable dans la mer, qui regarde directement une pareille avance de terre que fait l’Afrique en sens opposé. La baie de Tous-les-Saints est un petit bras de l’océan qui a environ cinquante lieues de profondeur dans les terres, et qui est fort fréquenté des navigateurs. De cette baie jusqu’au cap de Saint-Thomas, la côte va droit du nord au midi, et ensuite dans une direction sud-ouest jusqu’à l’embouchure du fleuve de la Plata, où la mer fait un petit bras qui remonte à près de cent lieues dans les terres. De là à l’extrémité de l’Amérique, l’océan paraît faire un grand golfe terminé par les terres voisines de la Terre-de-Feu, comme l’île Falkland, les terres du cap de l’Assomption, l’île Beauchêne et les terres qui forment le détroit de la Roche , découvert en 1671 : on trouve au fond de ce golfe le détroit de Magellan, qui est le plus long de tous les détroits, et où le flux et reflux est extrêmement sensible ; au delà çst celui de Le Maire, qui est plus court et plus commode, et enfin le cap Horn, qui est la pointe du continent de l’Amérique méridionale.
On doit remarquer, au sujet de ces pointes formées par les continents , qu’elles sont toutes posées de la même façon ; elles regardent toutes le midi , et la plupart sont coupées par des détroits qui vont de l’orient à l’occident: la première est celle de l’Amérique méridionale, qui regarde le midi ou le pôle austral, et qui est coupée par le détroit de Magellan; la seconde est celle du Groenland, qui regarde aussi directement le midi, et qui est coupée de même de l’est à l’ouest par les détroits de Frobisher; la troisième est celle de l’Afrique , qui regarde aussi le midi, et qui a au delà du cap de Bonne-Espérance des bancs et des hauts-fonds qui paraissent en avoir été séparés ; la quatrième est la pointe de la presqu’île de ljlnde, qui est coupée par un détroit qui forme l’île de Ceylan, et qui regarde le midi, comme toutes les autres. Jusqu’ici nous ne voyons pas qu’on puisse donner la raison de cette singularité, et dire pourquoi les pointes de toutes les grandes presqu’îles sont toutes tournées vers le midi , et presque toutes coupées à leurs extrémités par des détroits.
En remontant de la Terre-de-Feu tout le long des côtes occidentales de l’Amérique méridionale, l’océan rentre assez considérablement dans les terres, et' cette côte semble suivre exactement la direction des hautes montagnes qui traversent du midi au nord toute l’Amérique méridionale depuis l’équateur jusqu’à la Terre-de-Feu . Près de l’équateur, l’océan fait un golfe assez considérable, qui commence au cap Saint-François et s’étend jusqu’à Panama où est le fameux isthme qui , comme celui de Suez, empêche la communication des deux mers, et sans lesquels il y aurait une séparation entière de l’ancien et du nouveau continent en deux parties; de là il n’y a
rien de remarquable jusqu’à la Californie, qui est une presqu’île fort longue entre les terres de laquelle et celles du nouveau Mexique l’océan fait un bras qu’on appelle la mer Vermeille1, qui a plus de 200 lieues d’étendue en longueur. Enfin on a suivi les côtes occidentales de la Californie jusqu’au 43e degré; et à cette latitude, Drake, qui le premier a fait la découverte delà terre qui est au nord de la Californie, et qui l’a appelée Nouvelle Albion, fut obligé, à cause de la rigueur du froid, de changer sa route et de s’arrêter dans une petite baie qui porte son nom , de sorte qu’au delà du 43e ou du 44» degré les mers de ces climats n’ont pas été reconnues, non plus que les terres de l’Amérique septentrionale , dont les derniers peuples qui sont connus sont les Moozemlekis sous le 48e degré, et les Assiniboïls sous le 51e, et les premiers sont beaucoup plus reculés vers l’ouest que les seconds. Tout ce qui est au delà, soit terre, soit mer, dans une étendue de plus de 1,000 lieues en longueur et d’autant en largeur, est inconnu 2, à moins que les Moscovites dans leurs dernières navigations n’aient, comme ils l’ont annoncé, reconnu une partie de ces climats en partant de Kamtschatka, qui est la terre la plus voisine du côté de l’orient.
L’océan environne donc toute la terre sans interruption de continuité 3, et on peut faire le tour du globe en passant à la pointe de l’Amérique méridionale ; mais on ne sait pas encore si l’océan environne de même la partie septentrionale du globe 4, et tous les navigateurs qui ont tenté d’aller d’Europe à la Chine par le nord-est ou par le nord-ouest, ont également échoué dans leurs entreprises.
Les lacs diffèrent des mers méditerranées en ce qu’ils ne tirent aucune eau de l’océan, et qu’au contraire, s’ils ont communication avec les mers, ils leur fournissent des eaux : ainsi la mer Noire, que quelques géographes ont regardée comme une suite de la mer Méditerranée, et par conséquent comme un appendice de l’océan, n’est qu’un lac, parce qu’au lieu de tirer des eaux de la Méditerranée elle lui en fournit, et coule avec rapidité par le Bosphore dans le lac appelé mer de Marmara, et de là par le détroit des Dardanelles dans la merde Grèce5. La mer Noire a environ 250 lieues de longueur sur 100 de largeur, et elle reçoit un grand nombre de fleuves dont les plus considérables sont le Danube, le Niéper 6, le Don7, le Boh8, le Donjec 9, etc. Le Don, qui se réunit avec le Donjec, forme, avant que d’arriver à la mer Noire, un lac ou un marais fort considérable qu’on appelle le