LA PETITE FOUINE DE MADAGASCAR
Il y a plusieurs variétés dans l'espèce de la fouine. Nous donnons ici la description d'une petite fouine qu'on trouve à Madagascar^
pi. po. lig^.
La longueur du corps , du bout du nez à l'origine de la qneué , est de x a 4
Elle a, comme toutes les fouines, les jambes courtes et le corps allongé ; sa tête est longue et menue ; les oreilles sont larges et courtes; la queue est couverte de longs poils.
pi. po. lig.
Le tronçon de cette partie est
de a 5 9
La longueur totale de la queue ,
y compris celle du poil, est ^
de : 8 »
Les poils de l'extrémité de la
queue ont » ^ 3
Les poils du dessus du coi'ps
ont » » ït
Leur couleur est d'un brun roussâtre, ou musc foncé teint de fauve rouge; ce qui est produit par .le mélange des poils, qui sont d'un brun foncé dans la longueur et d'un fauve ijouge à la pointe ; ce fauve foncé ou rougeâtre est le dominant aux faces latérales de la tête, sous le ventre et le cou. Cette petite fouine diffère de nos fouines par la couleur qui est plus rougeâtre, etparli| queue qui est touffue, longue, couverte de grands poils, large à son origine , et qui se termine eu une pointe très-déliée.
ANIMAUX CARNASSIERS
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LA MARTE
La marte, originaire du Nord, est naturelle à ce climat , et s*y trouve en si grand nombre qn*on est étonné de la quantité de fourrures de cette espèce qu'on y consomme et qu'on en tire : elle est au contraire en petit nombre dans les climats tempérés , et ne se trouve point dans les pays chauds. Nous en avons quelques-unes dans nos ho\s de Bourgogne; il s'en trouve aussi dans la forêt de Fontainebleau : mais, en général , elles sont aussi rares en France que la fouine y est commuue. Il n'y en a point du tout en Angleterre, parce qu'il ny a pas de bois. Elle fuit également les pays habiles et les lieux découverts; elle demeure au fond des forêts, ne se cacbe point dans les rochers, mais parcourt les bois et grimpe au dessus des arbres. Elle vit de chasse , et détruit une quantité prodigieuse d'oiseaux , dont elle cherche les nids pour en sucer les œufs; elle prend les écureuils, les mulots , les lérots , etc. ; elle mauge aussi du miel cg^me la fouine et le putois. On ne la trouve pas en pleine campagne, dans les prairies, dans les champs, dans les 'vignes ; elle ne s'approche jamais des habitations » et eWè dit'tère encore de la fouine Har la manière dont elle se fait chasser. Dès que la fouine se sent poursuivie par un chien , elle se soustrait en gagnant prompfement son grenier ou son trou : la marte^ au contraire , se fait suivre assez long-temps par les chiens , avant de grimper sur tin arbfe; elle ne se donne pas la peitie de monter jusqu'au dessus des branches; elle se tient sur la tige, et de là les regarde passer. La trace que la marte, laisse sur la neige paroit êlre^ celle d'une grande bête, parce qu'elle ne Va qu'en sauiant, çt qu'elle marque toujours des^ deux pieds a' la fois. Elle est un peu plus grosse que la fouine , et cependant elle. a la tête plus courte; elle jà les jambes plus longues, et court par conséquent plus aisément : elle a la gof^e jaune, au lieu que ia fouine I'k blanche; son poil est aussi bien plus un , bien plus /ourni^i. et moins, sujet à tomber. Elle ne prépare pas , comme la fouine , un lit à ses petits; néanmoins elle les loçe encore plus
commodément. Les écureuils font, comme l'on sait , des nids au dessus des arbres , avec autant d'art que les oiseaux. Lorsque la marte est prête à mettre bas , elle grimpe au nid de l'écureuil , l'en chasse , en élargit l'ouverture, s'en empare et y fait ses petits : elle se sert aussi des anciens nids de ducs et de buses , et des troncs des vieux arbres, dont elle déniche les picsde-bois et les autres oiseaux. Elle met bas au printemps ; la portée n'est que de deux ou trois : les petits naissent les yeux fermés , et cependant grandissent en peu de temps ; elle leur apporte bientôt des oiseaux, des œufs, et les mène ensuite à la chasse avec elle- Les oiseaux connoissent si bien leurs ennemis qu'ils font pour la marte, comme pour le renard , le même petit cri d'avertissement; et une preuve que.c'e^t la haine qui les anime plutôt encore que la cralntd^ c'est qu'ils les suivent assez loin , et qu'ils font ce cri contre tous les animaux, voraces et carnassiers , tels que le loup , le renard , la marte , le chat sauvage , la beletie, et jamais contre le cerf, le chevreuil, le lièvre , etc.
Les martes sont aussi communes dans le nord de l'Amérique que dans le nord de l'Europe et de l'Asie ; on en apporte beaucoOd du Canada ; il y en a dan<& toute l'étenaue des terres septentrionales de l'Amérique jusqu'à la baie d'Hudson , et en Asie jusqu'au nord du rovaume de Tunquin et de l'empire de la Clune. Il ne faut pas la confondre avec la marte zibeline, qui est un autre animal dont la fourrure est bien plus précieuse. La zibeline est noire; la marte n'est que brune et jaune. La partie de la peau qui est la plus estimée dans la marte est celle qui esir la plus brune, et qui .«'étend tout le long du dos jusqu'au bout de la queue.