‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémens (volume 2)Chapitre 46 sur 146 · LE PUTOIS · texte numérisé non relu

LE PUTOIS

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Le putois ressemble beaucoup k la fouine ar le tempérament, par le naturel, par es habitudes ou lés mœurs, et aussi paria forme du corps. G>mme elle il s'apprqche des habitations , monte sur les toits , s'établit dans les greniers à foin, dans les granges et dans les lieux peu fréquentés , d'où il ne sort que la nuit pour chercher sa proie. Il se glisse dans les basses-cours, monte aux volières, aux colombiers, où, sans faire autant de bruit que la fouine, il feit p4u5 de dégât; il coupe ou écrase la tête à toutes les volailles , ^t ensuite il les transporte une à une, et en fait magasin : si, comme il arrive souvent , il ne peut les emporter entières, parce que le trou par où il est entré se trouve trop étroit , il leur mange la cervelle et emporte les télés. Il est aussi fort avide de miel ; il attaque les ruches en hi^ ver, et forcé les abeilles à les abandonner. U ne s'éloigne guère des lieux habiles; il entre en amour au printemps : les mâles se battent siu* les toits et se disputent la femelle; ensuite ils rabandonnent et vont passer l'été à la campagne ou dans les bois : la femelle, au contraire, reste dans^son grenier jusqu'à ce qu'elle ait mis bas , et n'emmène ses petits que vers le milieu ou la fin de l'été; elle en fait trois ou quatre, et quelquefois cinq, ne les allaite pas longtemps, et les accoutume de bonne heure à wictr du sang et des œufs.

A la .ville ils virent de proie, et de chasse à la campagne ; ils s'établissent pour passer l'été dans des terriers de lapins, dans des fentes de rochers, dans des b'oncs d'arbres creux, d'où ils ne sortent gjière que la nuit pour se répandre dans les champs, dans les bois; ils cherchent les nids> des perdrix, des alouettes et des cailles; ils grimpent sur les arbres pour prendre ceux des autres oiseaux : ils épient les rats , les taupes, les mnlois, et font une guerre continuelle aux lapins, qui ne peuvent leur échapper, parce qu'ils entrent aisément dans leurs trous ; une seule famille de putois suffit pour détruire une garenne. Ce serait le moy^n le plus simple pour diminuer le nombre des lapins dans les endroits où ils deviennent trop abondans.

Le putois est un peu plus peut que la fouine ; il a la queue plus courte , le museau plus point u, le poil plus épais et plus noir; il a du blanc sur le front, aussi bien qu'aux côtés du nez et autour de la gueule. Il en diffère encore par la voix : la fouine a le cri aigu et assez éclafimt , le putob a le cri plus obscur; ils ont tous deux, aussi bien que la marte et Técureuil^ un grognement d'un ton grave et colère, qu'ils répètent souvent lorsqu'on les irrite. Enfin le putois ne ressemble point à la fouine par l'odeur, qui, loin d'être agréable, est au contraire là €^da qu'on l'a d'abord distingue et dé-

ANIMAUX CARNASSIERS

nommé par là. C'est surtout lonqu*il est échauffé y irrité, qu^il exhale et répand au loin une odeur insupportable. Les chiens ne Teulent point mander de sa diaîr; et sa peau même , quoique bonne , est à tîI prix, parce qu'elle ne perd jamais entièrement Bon odeur naturelle. Cette odeur vient de deux follicules ou Tésicules que ces animaux ont auprès de l'auns , el qui filtrent et contiennent une matière onctueuse, dont IV deur est très-désagréable dans le putois, ie furet, la belette, le blaireau, etc., et qui n'est au contraire qu'une espèce de parfum

'dans la dvette, la fouine, la marte, etc. Le putois paroit être un animal des pays temporés : on n'en trouve que peu ou point dans les pays du nord, et ils sont plus nres que la fouine dans les climats méridionaux. Le puant d'Amérique est un animal différent, et Tespèce du putois paroit être confinée en Europe, depuis Tltalie jusqu'à la Pologne. Il est sûr que ces animaux craignent le froid, puisqu'ils se retirent dans les maisons pour y passer l'hiver, et qu*on ne voit jamais de leurs traces sur la neige, dans les bois et dans les champs éloignés des maisons; et peut-être aussi craignent-ils la trop grande chaleur, puis-

' mi'on n'en trouve point dans les pays méridionaux.

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