LA GRANDE CHAUVE-SOURIS FER-DE-LAWCE DE LA GUIA.WE
: elle est usez grande ,
ayant quatre pouces
du bout du
quatre lignes. Un poil asseï serré c tout le corps, la tête el lu càtés; la brane des ailes est noirjitre et garnii petit poil ras. Elle digère des chauveoemmunes, en ce qu'elle n'a point det Les oreilles sont droites, un peu courbées en dehors, arrondies i leurs eilrémités, et sans oreillou. Au dessus de la lèvre supérieure est la membrane saillante en Forme d'uD fer de lance, dont le bord est concave ■ la partie inlérieure, et qui diffère par là de la précédenie, dont les larges rebords ressemblent à un fer de cheval ; relie brane est bru ni ire comme tes oreilles. I« poil de celte chauie-souris esl doui, couleur de musc foncé sur lout le corps, excepté sur la poitrine et sur le ventre ,011 celte couleur est un peu gri^trc; les plus longs poilisonlsurle dos, où ils ont trois lignes de longueur.
Il a'f a point de dents inciiiTes i U choire supérieure , mais il y a deiu ca en haut comme en bas- Longueur de la tèle depuis
le museau Jusqu'à l'occi-
Dislance entre le bout du
mu3eau et l'angle antè-
Distance de l'œil enti'e l'angle poslérieur el l'oreille. ■ ■
Longueur des oreilles •
Distance entre la base des deux oreilles ■ -
Longueur de lavant-bras depuis le coude jusqu'au poigne" - . ï I
Longueur depuis le poignet
jusqu'au boutdesdoigls.. • ^
Longueur de la Jambe depuis
te genou jusqu'au talon.. ■ ■ '
Longueur depuis le lalou jusqu'au bout des ongles.. ■ - ' '
Longueur lotale dèl'kile... - S "
EIRAIîIKTE C HIAimE^SroFEIS FEffi.'IDE-lLWTClE DE ILA ©lUiASlOi ûr/6-e ift\r Camas&iers. J^irmdSfe (fer Chéiroptères. Gentv Chaiive-aouris . /Ctaîti-j
^A rmATL-vS'"&orm.iiv> irais sla
Ordre </ftf CorHftssierA ia
LA CHAUVE-SOURIS DE LA GULilVB:.
largeur la plus grande du poigaetaux échancrures.
pi. po. lig.
LA CHAUVE-SOURIS DE LA GmA^^E.
Cette chauve-souris, dont la longueur, du bout du museau à l'anus , est de trois pouces quatre lignes, a été envoyée de Cayenne ar M. de La Borde. Elle est commune dans a Guiane, et généralement à peu près de la grosseur de noire noctiile. Elle a , comme toutes les chauve-souris, les yeux petits, le bout du nez saillant , les joues allongées et aplaties sur les côtés; le bout du nez est lar^e; la dislance entre les deux naseaux est d'une ligne et demie ; la longueur de la tète, du bout du museau à l'occiput, est de dix lignes. Les oreilles, qui sont aplaties sur les côtés, prennent du milieu du front en formant plusieurs plis, et s'étendent sur les {'oues en s aplatissant sur le conduit auditif; 'oreillon qui est placé au devant de ce conduit est petit , large et rond à son extrémité. Cette forme écrasée qu*ont les oreilles , et le rebord supérieur qui est saillant, donnent à cette chauve- souris un caractère qui la distingue de toutes les autres espèces. Mais
un autre caractère qui lui est propre , c'est d'avoir les ailes très-longues et fort étroites; elles ont quinze pouces deux lignes d'envergure ; chaque aile a sept pouces de longueur sur deux pouces à sa plus grande largeur. L*os du bras paroit attaché au corps, plus bas que dans d'autres chauve-souris ; ce qui balance la "grande longueur des ailes. La membrane des ailes, qui couvre les jambes et la queue , est de couleur brune et grisÂti'e. La queue , enveloppée dans la membrane , a treize lignes de longueur; elle est étroite et terminée par un petit crochet.
Le poil sur le dos a deux lignes et demie de longueur; sa couleur est d'un brun marron foncé ou noirâtre qui s'étend sur la tête ; la couleur est moins foncée sous le ventre , et cendrée sur les côtés: la face et les oreilles sont de même couleur que les ailes. Le nez , les joues et les mâchoires sont couverts d'un duvet ou poil très-court.
La mâchoire supérieure n'a point d*incisives; il y a de chaque côté une grande canine et une petite dent pointue qui l'accompagne. La mâchoire inférieure a deux très -petites incisives qui se touchent; les deux canines d'en bas finissent en pointe, et leur côté présente un sillon dans la cavité duquel s'appliquent les canines supérieures.
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L'OURS
Il n*y a aucun animal , du moins de ceux qui sont assez généralement connus, sur lequel les auteurs d'histoire naturelle aient autant varié que sur l'ours : leurs incertitudes , et même leurs contradictions sur la nature et les mœurs de cet animal , m'ont paru venir de ce qu'ils n'en ont pas distingué les espèces , et qu'ils rapportent quelquefois de l'une ce qui appartient à l'autre. D abord il ne faut pas confondre l'ours de terre avec Tours de mer, appelé communément ours liane y ours de la mer Glaciale; ce sont deux animaux très-différcns , tant pour la foime du corps que pour les habitudes naturelles; ensuite il faut distinguer deux espèces dans les ours terrestres, les bruns et les noirs <, lesquels, n'ayant pas les mêmes in-
clinations, les mêmes appétits natureb, ne peuvent pas être regardes comme des variétés d'une seule et même espèce, mais doivent être considérés comme deux espèces distinctes et séparées. De plus , il y a encore des ours de terre qui sont blancs, et qui, quoique ressemblans par la couleur aux ours de mer, en diffèrent par tout le reste autant que les autres ours. On trouve ces our^ blancs terrestres dans la grande Tartarie, en Moscovie , en Lithuanie , et dans les autres provinces du Nord. Ce n'est pas la rigueur du climat qui les fait blanchir pendant l'hiver, comme les hermines ou les lièvres ; ces ours naissent blancs et demeurent blancs en tout temps : il faudroit donc encore les regarder comme une quatrième
I. Nous comprenons ici sons la dénomination d'ours bruns ceux qui sont bruns, fauves, roux.
rougeâtres ; «t par celle d'onrs 'noirs ceux qui font noirâtres , aussi bien que tont-à-fait noirs.
uê
ANIMAUX CARNASSIERS
m^èott l'O me té troifvolt aussi des ours à • n'abandoimeroient pu les ptvs couTerts
poil mêlé de brun et de blanc, ce qui dé- « de oeige, où iU trouveroient des hommes
signe une race intermédiaire entre cel ours « et des animaux à discrétion , pour aller
bbnc terrestre et Tours brun ou noir; par « au loin chercher des fruits et des racines,
conséquent Tours blanc terrestre n*est qu'une «• nourriture que les bètes carnassières re-
Tiriété de Tune ou de Tautre de ces espèces. On trouve dans les Alpes Jours brun ftsset communément, et rarement Tours ■oir, qui se trouve au contraire en grand Dombre dans les foi^ts des pays septentrionaux de l*Europe et de TAmérique. Le brun est féroce et carnassier; le uoir n'est que farouche, et refuse consianuneni de mangnr de la chair. Nous ne pouvons pas an donner un témoignage plus net et plus réceut que celui de M. du Pratz. Yoici ce qu'il en dit dans son Histoire tie la Louiêiane : m L'ours paroit > Thiver dans la Louisiane, parce que les neiges qui couvrent les terres du Nord , Tempèrhant de trouver sa nourriture, le chassent des pays septentrionaux ; il vit de fruits , entre autres de dandis et de racines , et ses mets les plus délicieux sont le miel et le lait : lorsqu'il en rencontre , il se laisseroit plutôt tuer que de quitter prise. Malgré la prévention où Ton est que Tours est carnassier, je prétends, avec tous ceux de eette province et des pays circonvoisins , qu'il ne l'est nullement ; il n'est jamais arrivé que ces animaux aient dévoré des hommes , malgré leur multitude et la faim extrême qu'ils soufl'rent quelquefois, puisque même, dans ce cas, ils ne mangent point la viande de boucherie qu'ils rencontrent. Daus le temps que je demeurois aux Naichés, il y eut un hiver si rude dans les terres du Nord , que ces animaux descendirent en grande quantité; ils étoienl si communs, (|u'ils s'aft'amoicnt les uns les autres, et étoienl très-maigres; la grande faim les falsoit sortir des bois qui bordent le fleuve : on les voyait courir la nuit dans les habitations, et entrer dans des cours qui n eioient pas bien fermées ; ils y trouvoient des viandes exposées au frais , ils n'y louchoient point , et mangeoient seulement les grains qu'ils pouvoient rencontrer. C'étoit assurément dans une pareille occasion, et dans un besoin aussi pressant , qu'ils auroient dû manifester leur fureur carnassière , si peu qu'ils eussent été de cette nature. Ils n'ont jamais tué d'animaux pour les dévorer; et pour peu qu'ils fussent carnassiers , ils
I. ObMTVcs qu'il «'«(it ici d% l'oari aoir, «t non d« l'oorf broa.
fusent de manger. « M. du Pratz ajoute dans une note , que depuis qu'il a écri* cet article, il a appris avec certitude que dans les montagnes de Savoie il y a deux sortes d*uurs : les uns noirs, comme ceux de la Louisiane, qui ne sont point carnassiers; les autres rouges , qui sont aussi carnassiers que les loups. Le baron de La Hontan dit que les ours du Canada sont extrêmement noirs et peu dangereux ; qu'ils n'attaquent jamais les hommes, à moins qu'on ne tire dessus ou qu'on ne les blesse ; et il dit aussi que les ours rougêâtres sont méchans,
Su'ils vieimeul efl'rontément attaquer les tiasseurs, au lieu que les noirs s'eofuienL Wormius a écrit qu'on conooit trois ours en Norwège; le premier {bressdiur), trèsgrand, qui n'est |)as tout-à-fait noir, mais brun , et qui n'est pas si nubible que les autres , ne vivant que d*herbes et de feuilles d'arbres; le second {ildgiersdiur) ^ plus petit, plus noir, carnassier, et attaquant souvent les chevaux et les autres animaux, surtout en automne; le troisième {mjrebiorn)f qui est le plus petit de tous, et qui ne laisse pas d'être nuisible. Il se nourriii dit-il , de fourmis , et se plail à renverser les fourmilières. On a remarqué (ajoute-t-il sans preuve) que ces trois espèces se mêlent, et produisent ensemble des espèces intermédiaires; que ceux qui sont carnassiers attaquent les troupeaux , foulent toutes les béies comme le loup, et n'en dévorent qu'une ou deux; que, quoique carnassiers, ils mangent des fruits sauvages; et que quand il y a une grande quantité de sorbes, ils sont plus à ci'aindre que jamais, parce que ce fruit acerbe leur agace si fort les dents, qu"il n'y a que le sang et la graisse qui puissent leur ôter cet agacement qui les empêche de manger. Mais la plupart de ces faits rapportés par Wormius me paroissent fort équivoques; car il n'y a point d'exemple que des animaux dont les appétits sont constamment différens , comme dans les deux premières espèces , dont les uns ne mangent que de Theibe et des feuilles,. et les autres de la chair et du sang, se mêlent en.semble et produisent une espèce intermédiaire. D'ailleurs ce sont ici les ours ooin qui sont carnassiers , et les bruns qui sont frugivores : ce qui est absolument contrain à la vérité. De plus, le P. Riacaynskii
'./■ CaniaBaiprs, /nwKÏA- rfi-j- C, ife,r Planriorades, Genre Ouv!
Ordre dM Citriiassiers id id
PolonoU, et M. Klein, de DanUiek, qui ont parlé des ours de leur pays, n'en admettent que deux espèces , les noirs et les bruns ou roui; et parmi ces derniers, des grands et des petits. Ils disent que les ours noirs sont plus rares , que les bruns sont au contraire fort communs; que ce sont les ours noirs qui sont les plus grands et qui mangent les fourmis , et enfin que les grands ours bruns ou roux sont les plus nuisibles et les plus carnassiers. Ces témoignages, aussi bien que ceu|^ de M. du Pratz et du l)aron de La Hontan , sont / comme l'on voit, tout-à-fait opposés à celui de Wormius que je viens de citer. £n effet , il paroii certain que les ours rouges, roiui ou bruns , qui se trouvent non seulement en Savoie, mais dans les hautes montagnes , dans les vastes forets , et dans presque tous les déserts de la terre, dévorent les animaux vivans, et mangent même les voiries les plus infectes. lies ours i^oirs n'habitent guère que les pays froids ; mais on trouve des ours bruns ou roux dans les climats froids et tempérés, et même les régions du midi. lis étoient communs chez les Grecs ; les Romains en faisoient venir de Libye pour servir à leui's spectacles : il s'en trouve, à la Chine, au JapoD, en Arabie, en Egypte, et jusque dans rile de Java. Aristote parle aussi des ours blancs terrestres, et regarde cette dif» férence de couleur comme accidentelle , et provenant , dit-il , d'un défaut dans la génér ration. Il y a donc des ours dans tous les pays déserts , escarpés ou couverts ; mais on n'en trouve poiut dans les royaumes bien peuplés , ni daps les terres dérouvertes et cultivées : il n'y en a point en France, non plus qu'en Angleterre, si ce n'est peut-èlre quelques uns dans les montagnes les moins fréquentées.
L'ours est non seulement sauvage, mais solitaire; il fuit par instinct toute société; il s'éloigne des lieux où les hommes ont accès; il ne se trouve à son aise que daas les endroits qui appartiennent encore à la vieille nature : une caverne antique dans des rochers inaccessibles, une grotte formée par le temps dans le tronc d'un vieux arbre, au milieu d'une épaisse forêt, lui servent de domicile; il s'y retire seul , y passe une partie de l'hiver sans provisions , sans en sortir pendant plusieura semaines. Cependant il n'est point engourdi ni privé de sentiment, comme te loir ou la mai'motte; mais comme il est naturellement gras , et qu'il l'est exccssivenlenl sur la fin de l'automne , temps au(juel il se recèle, celte abondance de
L'OURS. 149
graisse lui fait supporter l'abstinenee, et il ne sort de sa bauge que lorsqu'il se teot «flamé. On prétend que e'est au bout d'environ quarante jours que les miles sortent de leurs retraites, mais que les femelles y restent quatre mois, parce qu'elles y font leurs petits. J'ai peine A croire qu'elles puissent non seulement subsister, mais en>core nourrir leurs petits sans prendre ellesmêmes aueune nourriture pendant un aussi long espace de temps. On convient qu'eUet sont excessivement grasses lorsqu'elles sont pleines; que d'ailleurs étant vêtues d'un poil très-épais , dormant la plus grande partie du temps, et ne se donnant aucun mouvement, elles doivent perdre très-peu par la transpiration; mais s'il est vrai que les raAIes sortent au bout de quarante jours, pressés par le besoin de prendre de ta nounUdre , il n'est pas naturel d'imaginer que les femelles ne soient pas encore plus pressées du même besoin h près qu'elles ont mis bas, et lorsque, allaitant leurs petits, elles se trouvent doublement épuisées , à moins oue l'on ne veuille supposer qu'elles en dévorent quelques uns avec les enveloppes et tout le reste du produit superflu de leur accouchement : ce qui ne me paroit pas vraisemblable, malgré l'exemple des chattes, qui mangent quelquefois leurs petits. Au reste , nous ne parlons ici que de l'espèce des ours bruns» dont les mâles dévorent en effet les oursons naiiveau-ués , lorsqu'ils les trouvent dans leurs nids ; mais les femelles , au contraire , semèkni les aimer jusqu'à la fureur; elles soul| lorsqu'elles ont mis bas, plus féroce», plus-^langereuses que les mâles; elles combattent et s'exposent à tout pour sauver leurs petits, qui ne sont point informes en naissant, comme l'ont dit les anciens, et qui, * lorsqu'ils sont nés, croissent à peu près aussi vite que les autres animaux : ils sont parfaitement formés dans le sein de leur mère; et si le fœtus ou les jeunes oursons ont paru informés au premier coup d'œil, c'est que l'ours adulte l'est lui-même par la masse, la grosseur et la disproportion du corps et des membres : le fœtus ou le petit nouveau-né est plus disproportionné que l'anin^al adulte.
Les ours se recherchent en automne 2 la femelle est , dit-on , plus ardente que le mâle; on prétend qu'elle se couche sur le dos pour le recevoir, qu'elle l'embrasse étroitement, qu'elle le retient long-temps, etc.; mais il est plus certain qu'ils s'accouplent à la manière des quadrupèdes. L'on a vu des ours captifs s'accoupler et produire :
▲MMALX CAJL^ASSŒRSu OB B*a pas olimié ambîm dore pins : fl
mV m'a Foi
le toBfê de b gatatiflo. Amtote dit qu'il n'crt que de Ireote jows. Comoie nnnimiit ]i*a eontreditce faÎL, cCqnenoos n'aroas pa le
nous ne poutous aussi ni le nier ,
; nous raDarqucroDS leuleawnt
paroit doulcox : i* paroe <pie
gros animal, et que plus les
sont gros, plus fl lÎMt de temps pour les former dans le sein de la mcre; 9* parte que les jeunes ours croisMnt assez lenicment ; ils suivent leur mère , et ont beMiia de ses seèours ppndant un an on deux ; 3* parce que Fours ne produit qu'en petit nombre, un, deux, trois, quatre, et jamais plus de cinq : fwopriété commune avec tous les gros animaux, qui ne produisent pas beaucoup de petits, et qui les portent long-temps; 4** parce que Tours rit vingt ou vingt-cinq ans, et que le temps de la eestation et celui de Taccroissemeol sont ordinairement {Hroportionnés à la dorée de la vie. A ne raiscmner que sur ces analogies, qui me paroissent assez fondées, je croirois donc que le temps de la gestation dans Tours est an moins de quelques mois. Quoi qu*il en soit, il -parait que la mère a le plus grand soin de ses petits; elle leur prépare un lit de mousse et d'herbes dans le fond de sa caverne , et les allaite jusqu'à ce qu'ils puissent sortir avec elle. Elle met bas en hiver, et ses petits commencent à la suivre au printemps. Le mâle et la femelle n'habitent point ensemble; ik ont chacun leur retraite séparée, et même fort éloignée. Lorsqu'ils ne peuvent trouver une
, on tout îndîflcrent an danger. L'oors saose dctoame pas de soo iiMJum, ne fait pas à Taspect de Hiomme : eependam on préf end <|ue par on coup de si0Kt <xi le surprend , en Télonne an point qu^ s'arrête et se lève sur les pieds de dniicie : c'est le temps qu^il 6ut prendre pour le tirer et tâcher de le tuer; car s'il n'est que blessé, fl vient de finie se jeter sm* le tireur; et , Tembrassani des panes de devant , il l'étoiiffcroît s*fl n'éloil secoorn.
- On chasse et on prend les oon de plusieurs bçons en Suède, en Norwége , en Pologne, etc. La manière, dit-on. In moins dangereuse de les prendre est de les enivrer en jetant de Feau-de-vie sur le miel cfu'ils aiment beaucoup et qu'ils cherchent dans les troncs d'arbres. A la Louisiane et en Canada , où les ours noirs scmt très-communs , et (MU ils ne nichent pas dans les cavernes, mais dans de vieux arbres morts sur pied, et dont le cœur est pourri, on les prend en mettant le feu dans leurs maiscHis. Comme ils montait très-aisément sur les arbres , Us s'établissent rarement à rez de terre ; et qudqw^ois ils sont nichés à trente et quaranie pieds de hauteur. Si c'est une mère avec ses petits, elle descend la première , on la tue avant qu'elle soit à terre ; les petits descendent oisuite , on les proid en leur passant une corde an cou , et on les emmène pour les élever ou pour les mango*, car la chair de l'ourson est délicate et bonne : celle de Fours est mangeable ; mais comme elle est mêlée d'une graisse huileuse, il n'y a
grotte pour se gîter , ils cassent et ramassent .guère que les pieds, dont la substance est
du bois pour se faire une loge, qu'ils recou- -'-" ' — ' ' '"" ~v-».«-
vrent d'herbes et de feuilles , au point de la rendre impénétrable a l'eau.
La voix de Fours est un grondemenl , un gros murmure , souvent mêlé d'un frémissement de dents qu'il fait surtout entendre lorsqu'on Firrile; il est très-susceptible de colère , et sa colère tient toujours de la fureur , et souvent du caprice : quoiqu'il paroisse doux pour son maître, et même obéissant lorsqu il est apprivoisé, il faut toujours s'en déûer, et le traiter avec circonspection, surtout ne le pas frapper au bout du nez , ni le toucher aux parties de la génération. On lui apprend à se tenir debout , à gesticuler , à danser ; il semble même écouler le son des instrumens , et suivre grossièrement la mesure; mais pour lui donner cette espèce d'éducation, il faut le prendre jeune et le contraindre pendant toute sa vie ; l'ours qui a de l'âge ne s'apprivoise ni ne se contraint
plus ferme , qu'on puisse regarder comme une viande délicate.
La chasse de Fours, sans être fort dangereuse, est très-utile lorsqu'on la fait avec Îruelque succès : la peau est de toutes les ourrures grossières celle qui a le plus de prix, et la quantité d'huile que l'on tire d'un seul oors est fort considéraîble. On met d'abord la chair et la graisse cuire ensemble dans une chaudi«%; la graisse se sépare. «Ensuite, dit M. du Pratz, on la purifie « en y jetant, lorsqu'elle est fondue et très- « chaude, du sel en bonne quantité et de « Feau par aspersion ; il se fait une détona- « tion , et il s'en élève une fumée épaisse « qui emporte avec elle la mauvaise odeur « de la graisse. La fumée étant passée , et la « graisse étant encore plus que tiède, on la « verse dans un pot , où on la laisse reposer « huit ou dix jours : au bout de ce temps on « voit nager dessus une huile clair#, qu'on
L'OURS
« enlève avec une cuiller ; celte Huile eft « aussi bonne que la meilleure huile d'olive, « et sert aux mêmes usages. Au dessous on « trouve un saindoux aussi blanc , mais un t< peu plus mou que le saindoux de porc ; il « sert aux besoins de la cuisine , et il ne lui «i*esle aucun goût désagréable ni aucune « mauvaise odeur. » M. Dumont , dans ses Mémoires sur la Louisiane, s'accorde avec M. du Pratz, et il dit de plus que d'un seul ours on lire quelquefois plus de cent viugt pois de cette huile ou graisse ; que les sauvages en traitent beaucoup a\ec les François ; qu'elle est très-belle , très-saine et trèsboune ; qu'elle ne se fige guère que par un giand froid ; que quand cela arrive , elle est toute en grumeaux, et d'une blancheur à éblouir, qu'un la mange alors sur le pain en guise de beurre. Nos épiciers-droguistes ne tiennent point d'huile d'ours ; mais ils font venir de Savoie , de Suisse ou de Canada , de la graisse ou axonge qui n'est pas purifiée. L'auteur du Dictionnaire du commerce dit même que pour que la graisse d'ours soit bonne , il faut qu'elle soit grisâtre , gluante et de mauvaise odeur, et que celle qui est trop blanche est sophistiquée et mêlée de suif. On se sert de celle graisse comme de topique pour les hernies, les rhumatismes , etc. , et beaucoup de gens assurent en avoir ressenti de bons effets.
La quantité de graisse dont l'ours est chargé le rend très-léger à la nage; aussi traverse-t-il sans fatigue des fleuves et des lacs. «« Les ours de la Louisiane, dit M. Du- «c mont , qui sont d'un très-beau noir, tra- « versent le fleuve , malgré sa grande lar- « geur : ils sont très-friands du fruit des « plaqueminiers ; ils montent sur ces arbres , « se mettent à califourchon sur ime branche, « s'y tiennent avec une de leurs pattes , et se « servent de Tau Ire pour plier les autres « branches et approcher d'eux les plaque- » mines. Ils sortent aussi très-souvent des « bois pour venir dans les habitations man- « ger les patates et le maïs. » Eu automne , lorsqu'ils se sont bien engraissés , ils n'ont presque pas la force de marcher, ou du moins ils ne peuvent courir aussi vite qu'un homme. Ils ont quelquefois plus de dix doigts d'épaisseur de graisse aux côtés et aux cuisses : le dessous de leurs pieds est gros et enflé; lorsqu'on le coupe, il eu sort un suc blanc et laiteux. Celte partie paroit composée de petites glandes qui sont comme des mamelons ; et c'est ce qui fait que pen-
L'ours a les sens de la vue , de l'ouïe et du
loucher très-bons, quoiqu'il ait l'œil Irès-
1)etit relativement au volume de son corps , es oreilles courtes, la peau épaisse et le poil fort touffu. Il a l'odorat excellent , et peutêtre plus exquis qu'aucun autre animai ; car la surface intérieure de cet organe se trouve extrêmement étendue : on y compte quatre rangs de plans de lames osseuses , séparés les uns des autres par trois plans perpendiculaires : ce qui multiplie prodigieusemei\^ les surfaces propres à recevoir les impressions des odeurs. Il a les jambes et les bras charnus comme l'homme, l'os du talon court, et formant une partie de la plante du pied , cinq orteils opposés au talon dans les pieds de derrière ;^ les os du carpe égaux dans les pieds de devant ; mais le pouce n'est pas séparé , et le plus eros doigt est en dehors de cette espèce de main , au lieu que
dant l'huer, dans leurs retraites, ils sucent contiuiAement leurs pattes.
dans celle de l'homme il est en dedans : ses doigts sont gros, courts et serrés les uns contre les autres, aux mains comme aux pieds ; les ongles sont noirs et d'une substance homogène fort dure. Il frappe avec ses poings , comme l'homme avec les siens ; mais ces ressemblances grossières avec l'homme ne le rendent que plus difforme, et ne lui donnent aucune supéiiorité sur les autres animaux.
*M. de Musly, major d'artillerie au service des États-généraux , a bien voulu me donner quelques notices sur des ours élevés en domesticité, dont voici l'extrait:
«* A Berne , où l'on nourrit de ces animaux , dit M. de Musly, on les loge dans de grandes fosses carrées, où ils peuvent se promener : ces fosses sont couvertes par dessus, et maçonnées de pierres de taille,, tant au fond qu'aux quatre côtés. Leurs loges sont maçonnées sous terre, au rez de chaussée de la fosse, et sont partagées en deux par des murailles, et on peut fermer les ouvertures tant extérieure,* qu'inlérieures, par des grilles de fer qu'on y laisse tomber comme à une porte de ville. Au milieu de ces fosses, il y a des trous dans de grosses pierres , ou l'on peut dresser debout de gi*ands arbres : il y a de plus une auge dans chaque fosse I qui est toujours pleine d'eau de fontaine.
« Il y a trente-un ans qu'on a transporté de Savoie ici deux ours bruns fort jeunes , dont 1^ femelle vit encore. Le mâle eut les reins cassés, il y a deux mois, en tombant du haut d'un arbre qui est dans la fosse. Ils ont commencé d'engendrer à l'âge de cinq
ans, et depuis ce temps ils sont entrés en
ASDIAUX CàB^ASsams.
ki«MaBaM4eJM,elh I toHoan Mi bas «■ < de JaovKr : b |V ^'im adii, cC dum b taolôldcta, lant^i Irob, «t, ks tniii dcnucfCi ^'iiB petit fob croît qo*cUe porte (17 oddbte 177 !> Ln petits, ca Tenant an flûndc, font d'une aaez jolie figare,eoiileor fiinre , avee dn bbae antoar da coa , et n*onc point Fair d'un oon : b naèie en a un mmb extrême. Ib ont ki yeux Utmh nfndawl quatre leaainei; ib n'ont d'abord coêre
fabbi
pfais de huit poue» de longueur, et trob mou apfès ib ont dé)à quaione i quinie pooees, depub fe bout du musaan jusqu'à la ruine de b queue, et du poil de pra d'un pouce* Ib font alon d'une figure presque ronde, et b moiean paroit être fort pointu à proportion du resté, de façon qu'on ne là reconnoît plus. Ensuite ib deviennent fluets pendant qu'ib sont adultes : b blanc s'efbce peu à peu , et de fauves ils deriennent bruns.
« Lorsque le mib et la femelle sont accouplés , le mile commence par des mou^emens courts, mab fort prompts, pendant environ un quart de minute; ensuite il se repose deux fois aussi long-temps sur b femelle, et sans s'en dégager ; pub il recommence de b même manière jusqu'à trob ou quatre re-
{ irises ; et raocouplement étant consommé , e mâle va se baigner dans l'auge jusqu'au cou. Les ours se battent quelquefois assez rudement avec un murmure horrible ; mais daiis le temps des amours, b femelle a ordinairement le dessus , parce qu'alors le mâb b ménage. Les fosses , qui étoient autrefob dans b ville , ont été comblées, et on en a lait d'autres entre les remparts et b vieille enceinte. Ces deux ours ayant é(é séparés pendant quelques heures, pour les transporter l'un après l'autre dans les nouvelles fosses , lorsqu'ils se sont retrouvés ensemble, iU se sont dressés debout pour s'embrasser avec transport. Après la mort du mâle , la femelle a paru fort affligée, et n'a pas voulu prendre de nourriture qu'au bout de pluf burs jours. Mab à moins que ces animaux ne soient élevés et nourris ensemble dès leur tendre jeunesse, ib ne peuvent se supporter ; et lorsqu'ils y ont été habitués, celui qui survit ne veut plus en souffrir d'autres.
« Les arbres que l'on met dans les fosses tous les ans au mou de mai sont des mélèzes verts, sur lesqueb les ours se pbisent à grimper : néanmoins ib eu casseut quelque-
du
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nhntrs On les nounit de aogfe que Toa coupe en , et que Ton trea^ âsûas de Ib mangent ansa de toutes de frnils; et quand les pavsacs en apportent an mardié qui ne soct pas ■lôrs, les archers les jettent anx oors par ordre de poiiœ. Cependant on a remarqué qa^îl y a des oors qui préfèrent les légumes anx fraits des arbresu Quand b femelle est sur le point de mettre bas, on loi donne force paille dans sa loge, dont cDe se bit un rempart, après qu*on Fa séparée du mâb, de peur qo*il ne mange les petits; et quand Jk a mb bas , on lui donne une meiilenre nourrit nre qu*a rordinaire. On ne trouve jamais rien de Fenvdoppe, ce qui bit juger qu'elle Tavab. On lui bisse les petits pendant dix semaines; et , après les avoir séparés , on les nourrit pendant quelque temps avec du bit et des biscuits.
«L'oorse en question, que Ton crojoit pleine, fnl munie de pailb, comme à rordinaire, dans b temps que Ton croyoit qu'elle alloit mettre bas; elle s'en fit un lit où elle resta pendant trois semaines sans avoir rien produit. Elle a mis bas à trente-un ans, au mois de janvier 177 1, pour la dernière fois. Âa mob de juin suivant , elle s'est encore accouplée; mab au mob de janvier 1772, à treute-deux ans, elle n'a plus rien fait. Il seroii à souhaiter qu'on la bissât vivre jusqu'au terme que la nature lui a fixé , afin de le connoître.
« Il y a des ours bruns au mont Jura, sur les frontières de notre canton, de la Franche- Comté et du pays de Gex : quand ils descendent dans la plaine, si c'est en automue, ils vont dans les bois de châtaigniers , où ils font un grand dégât. Dans ce pays-ci les ours passent pour avoir le sens de la vue foible , mais ceux de l'ouïe , du toucher et de l'odorat très-bons. »
En Pforwége, les ours sont plus communs dans les provinces de Berghen et de Drontheim que dans b reste de cette contrée. On en distingue deux races, dont b secoude est considérablement plus petite que la première. Les couleurs de tous deux varient beaucoup : les uns sont d'un brun foncé , 1rs autres d'un brun clair, et même il y en a de gris et de tout blancs. Ib se rciu^nt , aa commencement d'octobre, dans des taniiici'es ou des huttes qu'ils se préparent eux-mêmes, et où ik disposent une espèce de lit de feuilles et de mousse. Comme ces jnimaux &oat fort à craindre , surtout c^uan^Js sont
L'OURS
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blessés, les chasseufs vont ordinatrement en aomDre au moins 4e trois ou auatre ; et comme Tours tue aisément les p^ék chiens, on n*eQ mène que des petits qui lui passent aisément sous le ventre, et le saisissent par les parties de la génération. Lorsqu'il se trouve excédé, il s*appuie le dos contre un rocher ou contre un arbre, ramasse du gazon et des pierres qu'il jette à ses ennemis; et c'est orainairement dans cette situation qu'il reçoit le coup de la mort.
Nous avons vu à la ménagerie de Chantilly un ours de l'Amérique ; il étoit d'un trèsbeau noir, et le poil étoit doux, droit et long comme celui du grand sapajou , que nous avons appelé le aoaita. Nous n'avons remarqué d'autres différences dans la forme de cet ours d'Amérique, comparé à celui d'Europe, que celle de la tète, oui est un peu allongée, parce que le bout du museau est moins plat que celui de nos ours.
On trouve dans le journal de l'expédition de M. Bartram une uotice d'un ours d'Amérique , tué près de la rivière de Saint-John, à Test de la Floride.
Cet ours, dit la relation, ne pesoit que
jusque la queue. IjCS pieds D'avoient que cinq pouces de large. La graisse étoit épaisse de quatre pouces : on r% fait fondre, et on en a tiré soixante pintef de graisse i mesure de Paris.