‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 4 sur 161 · PARTIE HTPOTHÉTIQUR · texte numérisé non relu

PARTIE HTPOTHÉTIQUR

74047 ans pour date de la formation de la terre et des planètes , il s'est écoulé peutêtre plus de 35ooo.ans où la dialeur du soleil étoit de trop pour nous , puisque la surface de notre globe étoit encore si chaude au bout de 3391 1 ans qu'on n'auroit pu la toucher.

Pour évaluer l'effet total de cette compensation, qui est i/5o aujourd'hui, il faut chercher ce qu'elle a été précédemment, à commencer du premier moment lorsque la terre étoit en incandescence; ce que nous trouverons en comparant la ohaleur actuelle du globe terrestre avec celle qu'il avoil dans

95 il y a 74047 ans, et se trouvant aujourd'hui a5/a5 ou i , elle sera dans 74047 autres années i/a5 de ee qu'elle est actueUe' ment.

Mais cette compensation par' la chaleur du soleil , étant i/5o aujourd'hui , étoit vingt-cinq fois plus petite dans le temps que la chaleur du globe etoit vingt-cinq fois plus grande ; multipliant donc i/5o par i/aS , la compensation dans l'état d'incandescence n'étoit que de -rr7?> Ht comme la chaleur

{>rimitive du globe a diminué de i/a5 tous es 3962 ans , on doit en conclure que dans les derniers 296a ans la compensation étant ce temps. Or nous savons par les expénen- , z/5o, et dans les premiers 2962 ans étant ces de Newton, corrigées dans notre pre- 7737, dont la somme est—f^, la compensa-

mier mémoire, que la chaleur du fer rouge, qui est à très-peu près égale à celle du verre en incandescence , est huit fois plus grande que la chaleur de l'eau bouillante , et vingtquatre fois plus grande que celle du soleil en été. Or cette chaleur du soleil en été , à laquelle Newton a comparé les autres chaleurs , est composée de la chaleur propre de la terre et de celle qui lui vient du soleil en été dans nos climats ; et comme cette deraiière chaleur n'est que 1/29 de la première , il s'ensuit que de 3o/3o ou i , qui représente ici l'unité de la chaleur eu été , il n'en appartient au soleil que i/3o, et qu'il en appartient 29/30 à la terre. Ainsi la -chaleur du fer rouge, qui a été trouvée vingt-quatre fois plus grande que ces deux chaleurs prises ensemble , doit être augmentée de i/3o dans la même raison qu'elle est aussi diminuée, et cette augmentation est par conséquent de 24/3o ou de 4/5. Nous devons donc estimer à très-peu près 25 la chaletir du fer rouge , relativement à la chaleur propre et actuelle du globe terrestre qui nous sert d'unité. On peut dovc dire que, dans le temps de l'incandescence, il étoit vingt-cinq fois plus chaud qu'il ne l'est aujourd'hui ; car nous devons regarder la chaleur du soleil comme une quantité constante ou qui n'a que très-peu varié depuis la formation des planètes. Ainsi , la chaleur actuelle du globe étant à celle de son état d'incandescence :: I : 25, et la diminution de cette chaleur s'étant faite en même raison que la succ^sion du temps , dont l'écoulement total depuis l'incandescence est de 74047 ans, nous trouverons, en divisant 74047 par a5 . que , tous les 2962 ans^environ, cette première chaleur du globe a diminué de x/25, et qu'elle continuera de diminuer de même jusqu'à ce qu'elle soit entièrement dissipée ; en sorte qu'ayant été

tion des temps suivans et antécédens, c'està-dire pendant les 2962 ans précédant les derniers, et pendant les 2962 suivant les premiers, a toujours été égale à tH?; d'où il résulte que la compensation totale pendant les 74047 ans est -^^ multipliés par 12 1/2 , moitié de la somme de tous les termes de 2962 ans, ce qui donne -^^ ou ^.

C'est là toute la compensation que la chaleur du soleil a faite à la perte de la chaleur propre du globe terrestre ; cette perte depuis le commencement jusqu'à la fin des 74047 ans étant 25 , elle est à la compensation totale comme le temps total de la période est au temps du prolongement du refroidissement pendant cette période de 74047 ans.

On aura donc 25 : i3/5o :: 74047 ; 770 ans environ. Ainsi , au lieu de 74047 ans, on doit dire qu'il y a 74817 ans que la terre a commencé de recevoir la chaleur du soleil et de perdre la sienne.

Le feu du soleil , qui nous paroi t si considérable, n'ayant compeusé la perte de la chaleur propre de notre globe que de i3/5o sur 25, depuis le premier temps de sa formation , l'on voit évidemment que la compensation qu'a pu produire la chaleur envoyée par la lune et par les autres planètes « la terre est si petite, qu'on pourroit la négliger sans craindre de se tromper de plus de dix ans sur le prolongement des 748x7 ans qui se sont écoulés pour le refroidissement de la terre à la température actuelle.

Mais , comme dans un sujet de cette espèce on peut désirer que tout soit démontré, nous ferons la recherche de la compensation qu'a pu produire la chaleur de la lune à la perte de la chaleur du globe de la terre.

La luue se seroit refroidie au point de pouvoir en toucher la surface en 6492 ans, et au point de la température actuelle de la terre en 141 76 ans, en supposant que la

MINÉRAnK. INTRODUCTION.

terre se fàt etle-méme refroidie à ce point en 74047 ans; mais,' comme elle ne s'est réellement refroidie à la température actuelle qu'en 74817 ans environ, la lune n'a pu se refroidir de même qu'en 14 3a 3 ans environ , en supposant encore que rien n'eût compensé la perte de sa chaleur propre. Ainsi sa chaleur étoit, à la fin de cette période de 143 a 3 ans, vingt-cinq fois plus petite que dans le temps de l'incandescence ; et l'on aura, en divisant i43a3 par 25, 533 ans environ; en sorte que tous les 533 ans cette première chaleur de la lune a diminué de i/a5 , et qu'étant d'abord i5 elle s'est trouvée 25/a5 ou i au bout de i43a3 ans , et de 1/25 au bout de 14323 autres années ; d'où l'on peut conclure que la lune, après 38646 ans , auroit été aussi refroidie que la terre le sera dans 74817 ans, si rien n'eût compensé la perte de la chaleur propre de cette planète.

Mais^ la lune n'a pu envoyer à la terre une chaleur un peu considérable que pendant le temps qu'a duré son incandescence et son éiat de chaleur, jusqu'au degré de la température actuelle de la terre ; et elle seroit en effiet arrivée à ce point de refroidissement en 14323 ans, si rien n'eût compensé la perte de sa chaleur propre : mais nous démontrerons tout à l'heure que, pendant cette période de i4323 ans, la chaleur du soleil a compensé la perte de la chaleur de la lune, assez pour prolonger le temps de son refroidissement de 149 ans, et nous démontrerons de même que la chaleur envoyée par la terre à la lune, pendant cette même période de 14.323 ans , a prolongé son refroidissement de 1937 ans. Ainsi la période réelle du temps du refroidissement de la lune, depuis l'incandescence jusqu'à la température actuelle de la terre, doit être augmentée de 2086 ans , et se trouve être de 16409 ans au lieu de 143 a 3 ans.

Supposant donc la chaleur qu'elle nous envoyoit, dans le tempç de son incandescence, égale à (»Ue qui nous vient du soleil, parce que ces deux astres nous présentent chacun une surface à peu près égale, on verra que cette chaleur envoyée par la lune, étant, comme celle du soleil, i/5o de la chaleur actuelle du globe terrestre, ne faisoit compensation dans le temps de l'incandescence que de 7^ à la perte de la chaleur inlériein'e de notre globe, parce qu'il étoit lui-même eu incandescence, el qu'alors sa chaleur propi*e était vingt -cinq fois plus grande qu'elle ne l'est aujourd'hui. Or, au i>put de 16499 ans , la lune ctaut refroidie

au même point de tempéraïune ijaê Ftst actuellement la terre, la chaleur que oetle planète lui envoyoit dans ce temps n'aurott pu faire qu'une compensation vingt-cinq fois plus petiie que la première, c'est-à-dire de TTH?? si l6 sfobe terrestre eût conservé son état d'incandescence ; mais sa première chaleur ayant diminué de 1/25 tous les 896»

ans, elle n'étoit plus cpie de 19 i/a environ au bout de 16409 ans. Ainsi la compensation que faisoit alors la chaleur de la lune ,

au lieu de n'être que de i9i

, étoit de

25 . En ajoutant ces deux termes de com- 3i25o pensation du premier et du dernier tem|)s,

— 9L c'est- a -dire

avec 25 , on aura 3i25o

25 pour la somme de ces deux com- 3i25o pensations, qui étant multipliée par 12 t/2, moitié de la somme de tous les termes,

donne r — ^ pour la compensation totale

qu'a faite la chaleur envoyée par la lune |i la terre pendant les 16409 ans. Et comme la perte de la chaleur propre est à la compensation en même raison que le temps total de la période est au prolqQgement du refroidissement, on aura 25 : — ^ :; 1640Q

3ia5o -

: 62 -^ environ. Ainsi la chaleur que la lune a envoyée sur le globe terrestre pendant 16409 ans, c'est-à-dire depuis l'élat de son incandescence jusqu'à celui où elle avoit une chaleur égale à la température actuelle de la terre, n'a prolongé le refroidissement de notre globe que de 6 ans 1/2 environ , qui étant ajoutés aux 74817 ans, que nous avons trouvés précédemment , font en tout 74823 1/2 environ, qu'on doit encore augmenter de 8 ans , parce que nous n'avons compté que 74047 ans, au lieu de 748(7, pour le temps du refroidissement de la terre, et que 74047 ans : 770 ;; 770 : 8 ans enr viron ; et par conséquent on peut réellement assigner 74831 1/2 ou 74832 ans, à très-peu près , pour le temps précis qui s'est écoulé depuis l'incandescence de la terre jusqu'à son refroidissement à la température actuelle.

On voit, par cette évaluation de.la chaleur que la lune a envoyée sur la terre , com)>ie(|

Page 1