‹ Œuvres complètes de Buffon avec les supplémensChapitre 71 sur 161 · DU SCHORL · texte numérisé non relu

DU SCHORL

Lk schori est le dernier de nos cinq verres primitifs ; et comme iJ a plusieurs earaclères communs avec le feld-spath, nous verrons, en les comparant ensemble pav leurs ressemblances et par leurs différences , que tous deux ont une origine commune , et qu'ils se sont formés eu même temps et par les mêmes eiïets de nature lors de la vitrification générale.

Le schori est un verre spath iq ne, c'esl-àdire composé de lames longiiudinales comme le feldspath ; il se présente de même en petites masses cristallisées , et ses cristaux sont des prismes surmontés de pyramides , au Heu que ceux du feld-spath sont en rfaombcs : ils sont tous deux également fusibles sans addition ; seulement la fusion du feldspath s*opère sans bouillonnement, au lieu que celle du schori se fait eu bouillonnant.

Le schori blanc donne, comme le feld-spath, un verre blanc, et le schori brun ou noirâtre donne un verre noir : tous deux étincellent sous le choc de l'acier ; tous deux ne font aucune effervescence avec les acides.

La base de tous les deux fsl également quartzeuse : mais il paroil que le quartz est encore plus mélan:;é de matières étrangères dans le schori que dans le feld-spath ; car ses couleurs soni plus fortes et plus foncées, ses cristaux phis opaques, sa cassure moins nette , et sa substance moins homogène. Enfin tous deux entrent comme parties constituantes dans la composition de plusieurs matières vitreuses en grandes masses, et eu particulier dans celle des porphyres et des granités.

Je sais que quelques naturalistes récens ont voulu regarder comme un schori les grandes masses d'une matière qui se trouve en Limosin, et quMls ont indiquée sous les noms de basalte antique ou de gahro : mais cette matière , qui ne me paroit être qu'une sorte de trnpp , est très-différente du -schori primitif; elle ne se présente pas en petites masses cristallisées en prismes surmontés de pyramides , elle est au contraire en masses informes ; et personne assurément ne pourra se persuader que les cristaux du schori que nous voyons dans les porphyres et les granités soient de cette même matière de trapp ou de gabro, qui diffère du vrai schori tant par Torigine que par la figuration, et par le temps de leur formation, puisque le schori

a été formé par le feu primitif , et que ce trapp ou ce gabro n'a été produit que par le feu des volcans.

Souvent les naturalistes , et plus souvent encore les chimistes , lorsqu'ils ont obser\'é quelques rapports communs entre deux ou plusieurs substances, n'hésitent pas de les rapporter à la même dénomination : c'est là terreur majeure de tous les méthodistes; ils veulent traiter la nature par genres, même dans les minéraux , où il n'y a que des sortes et point d'espèces ; et ces sortes plus ou moins différentes entre elles ne peuvent par conséquent être indiquées par la même dénomination : aussi les méthodes ont -elles mis plus de confusion dans l'histoire de la nature que les observations n'y ont apporté de connoissances ; un seul trait de l'essemblance suffit souvent pour faire classer dans le même genre des matièl'es dont l'origine, la formation , la texture , et même la substance, sont très - dilTérentes : et pour ne parler que du schori , on verra avec surprise, chez ces créateurs de genres , que les uns ont mis ensemble te schori , le basalte , le trapp, et la zéolite; que d'autres l'ont associé non seulement à toutes ces matières, mais encore aux grenats, aux amiantes, au jade , etc. ; d'autres à la pierre d'azur , et même aux cailloux. Est-il nécessaire de peser sur l'obscurilé et la confusion qui résultent de ces assemblages mal assortis , et néaQ' moins présentés. avec confiance sous une dé* nomination commune , et comme choses de même genre .^

' C'est du schori qui se trouve incorporé dans les porphyres et les granités qu'il est ici quesiiun ; et certainement ce schori n'est ni basalte, ni trapp, ni caillou, ni grenat, et il faut même le distinguer des tourmalines , des pierres de croix , et des autres schoris de seconde formation , qui ne doivent leur origine qu'à la stillation des eaux. Ces schoris secondaires sont diflerens du schori pi'imitif, et nous en traiterons, ainsi que de la pieiTe de corne et du trapp , dans des articles particuliers; mais le \Taî, le premier schori est , comme le feld-spath , un vefre primitif qui fait partie constituante des plus anciennes matières vitreuses , et qui quel' quefois se trouve dans les produits de leui décomposition , comme dans le cristal de roche, les chrysolithes , les grenats, etc.

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Au TOSlf. îc^ rapports du feld-sjïalh et du schorl sont niêmo si plocliains, si nombreux , (in'on pourroit eii rigiu^ur \u\ regarder le scTiArl que eomme un* feld -spath uu pefimoinS pur et plus niélai^gé de matière»

MINÉRAUX

éirangères , d'autant plus que tous denx sçmt entrés en même trmps dans la conipositioii des matières vitreuses dont nous allons parier.

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