LES COLINS
Les colins sont des oiseaux du Mexique, qui ont été indiqués plutôt que décrits par Fernandès , et au sujet desquels il a échappé à ceux qui ont copié cet écrivain plus d’une méprise qu’il est à propos de rectifier avant tout.
Premièrement, Nieremberg, qui fait profession de ne parler que d’après les autres, et qui ne parle ici des colins que d’après Fernandès, ne fait aucune mention du cacacolin du chapitre cxxxiv, quoique ce soit un oiseau de même espèce que les colins.
En second lieu, Fernandès parle de deux acolins ou caille d’eau, aux chapitres x et cxxxi. Nieremberg fait mention du premier, et fort mal à propos, à la suite des colins, puisque c’est un oiseau aquatique, ainsi que celui du chapitre cxxxi , dont il ne dit rien.
Troisièmement, il ne parle point de l’ococolin du chapitre uxxxv de Fernandès , lequel est une perdrix du Mexique , et par conséquent fort approchant des colins, qui sont aussi des perdrix, suivant Fernandès, comme nous l’allons voir.
En quatrième lieu, M. Ray copiant Nieremberg , copiste de Fernandès, au sujet du coyolcozque , change son expression , et altère, à mon avis, le sens de la phrase : car Nieremberg dit que ce coyolcozque est semblable aux cailles ainsi appelées par nos Espagnols ( lesquelles sont certainement les colins) , et finit par dire qu’il est une espèce de perdrix d’Espagne; et M. Ray lui fait dire qu’il est semblable aux cailles d’Europe, et supprime ces mots, est enim species pevdicis Hispanicæ : cependant ces derniers mots sont essentiels , et renferment la véritable opinion de Fernandès sur l’espèce à laquelle ces oiseaux doivent se rapporter, puisqu’au chapitre xxxix, qui roule tout entier sur les colins , il dit que les Espagnols les appellent des cailles, parce qu’ils
ont de la ressemblance avec les cailles d’Europe, quoique cependant ils appartiennent très-certainement au genre des perdrix. Il est vrai qu’il répète encore dans ce même chapitre que tous les colins sont rapportés aux cailles ; mais il est aisé de voir, au milieu de toutes ces incertitudes, que lorsque cet auteur donne aux colins le nom de cailles , c’est d’après le vulgaire1, qui, dans l’imposition des noms , se détermine souvent par des rapports superficiels , et que son opinion rélléchie est que ce sont des espèces de perdrix. J’aurois donc pu, m’en rapportant à Fernandès, le seul observateur qui ait vu ces oiseaux, placer les colins à la suite des perdrix ; mais j’ai mieux aimé me prêter, autant qu’il étoit possible , cà l’opinion vulgaire, qui n’est pas dénuée de tout fondement , et mettre ces oiseaux à la suite des cailles, comme ayant rapport aux cailles et aux perdrix.
Suivant Fernandès, les colins sont fort communs dans la Nouvelle - Espagne ; leur chant , plus ou moins agréable , approche beaucoup de celui de nos cailles ; leur chair est un manger très-bon et très-sain, même pour les malades , lorsqu’elle est gardée quelques jours : ils se nourrissent de grains, et on les tient communément en cage ; ce qui me feroit croire qu’ils sont d’un naturel différent de nos cailles et même de nos perdrix. Nous allons donner les indications particulières de ces oiseaux dans les articles suivans.
i. Il dit toujours, en parlant de cette espèce, cotumicis Mexicanœ (cap. xxiv) , coturnicis vocalce (cap. xxxi v) , quam vocant coturnicern (cap. xxxix) ; et, quand il dit cotumicis nostrœ (cap. xxv) , il est évident qu’il veut parler de ce même oiseau appelé caille au Mexique, puisque, ayant parlé dans le chapitre précédent de cette caille mexicaine, il dit ici (cap. xxv) , coturnicis nostrœ quoique est species»