‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 169 sur 361 · LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE

elle se trouve forcée de partager son temps et de donner des soins à sa famille. Je ne citerai qu’un fait qui prouve assez combien ces oiseaux sont ardens 1 : c’est qu’en mettant ensemble dans une cage des tourterelles mâles, et dans une autre des tourterelles femelles , on les verra se joindre et s’accoupler comme s’ils étoient de sexe différent ; seulement cet excès arrive plus promptement et plus souvent aux mâles qu’aux femelles. La contrainte et la privation ne servent donc souvent qu’a mettre la nature en désordre, et non pas à l’éteindre!

Nous connoissons, dans l’espèce de la tourterelle , deux races ou variétés constantes : la première est la tourterelle commune , n° 394 ; la seconde s’appelle tourterelle à collier, n° 244, parce qu’elle porte sur le

1. «La tourterelle, m’écrit M. Leroy, diffère du « ramier et du pigeon par son libertinage et son « inconstance , malgré sa réputation. Ce ne sont « pas seulement les femelles enfermées dans les vou lières qui s’abandonnent indifféremment à tous « les mâles ; j’en ai vu de sauvages , qui n’éioieut ni « contraintes ni col-rompues par la domesticité , « faire deux heureux de suite sans sortir de la même « branche. »

cou une sorte de collier noir : toutes deux se trouvent dans notre climat ; et lorsqu’on les unit ensemble, elles produisent un métis. Cælui que Schwenckfeld décrit , et qu’il appelle turtur mixtus , provenoit d’un mâle de tourterelle commune et d’une femelle de tourlerelle à collier, et tenoit plus de la mère que du père : je ne doute pas que ces métis ne soient féconds , et qu’ils ne remontent à la race de la mère dans la suite des générations. Au reste, la tourterelle à collier est un peu plus grosse que la tourlerelle commune, et ne diffère en rien pour le naturel et les mœurs : on peut même dire qu’en général les pigeons, les ramiers et les tourterelles , se ressemblent encore plus par l’instinct et les habitudes naturelles que par la figure; ils mangent et boivent de même sans relever la tête qu’après avoir avalé toute l’eau qui leur est nécessaire ; ils volent de même en troupes: dans tous, la voix est plutôt un gros murmure, ou un gémissement plaintif, qu’un chant articulé; tous ne produisent que deux œufs, quelquefois trois * et tous peuvent produire plusieurs fois l’année dans les pays chauds ou dans les volières.

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OISEAUX ÉTRANGERS

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