OU ROLLIER DE MINDANAO
Ces deux rolliers ont entre eux des rapports si frappans , qu’il n’est pas possible de les séparer. Celui d’Angola ne se distingue du cuit ou rollier de Mindanao que par la longueur des pennes extérieures de sa queue, double de la longueur des pennes intermédiaires, et par de légers accidens de couleurs : mais on sait que de telles différences, et de plus grandes encore, sont souvent l’effet de celles du sexe , de l’àge, et même de la mue; et que cela soit ainsi à l’égard des deux rolliers dont il est question , c’est ce qui paroîtra fort probable d’après la comparaison des figures enluminées, nos gg et 285, et même d’après l’examen des descriptions faites par M. Erisson , qui ne peut être, soupçonné d’avoir'voulu favoriser mon opinion sur l’identité spécifique de ces deux oiseaux, puisqu’il en fait deux espèces distinctes et séparées. Tous deux ont à peu près la grosseur de notre rollier d’Europe, sa forme totale , son bec un peu crochu , ses narines découvertes , ses pieds courts, ses longs doigts, ses longues ailes, et même les couleurs de
lo ILA DIMM
Ordre des Passereaux Famille des Dentirostres Genre/ Merle. Cuvœr
id .
%.0 IL A ILUTOMIE o ©o JLIE MATDTIIS
Ordre des' Passereaux id
LE KOLlJËR D’ANGOLA, LE CUIT.
sou plumage, quoique distribuées un peu différemment : c’est toujours du bleu , du vert , et du brun , tantôt séparés et tranchant l’un sur l’autre, tantôt mêlés, fondus ensemble , et formant plusieurs teintes intermédiaires différemment nuancées, et donnant des reflets différons, mais de manière que le vert bleuâtre ou vert de mer est répandu sur le sommet de la tete ; le brun plus ou moins foncé, plus ou moins verdâtre , sur tout le dessus du corps et toute la partie antérieure de l’oiseau , avec quelques teintes de violet sur la gorge; le bleu, le vert, et toutes les nuances qui résultent de leur mélange , sur le croupion, la queue, les ailes, et le ventre. Seulement le rollier de Mindanao a au dessous de la poitrine une espèce de ceinture orangée cpie n’a point le rollier d’Angola.
On objectera peut-être contre cette identité d’espèce, que le royaume d’Angola est loin du Bengale, et bien plus encore des Philippines. . . Mais est-il impossible, n’est-il pas au contraire assez naturel , que ces oiseaux soient répandus en différentes parties du même continent, et dans les îles qui en ! sont peu éloignées ou qui y tiennent par une chaîne d’autres îles , surtout les climats étant j à peu près semblables ? D’ailleurs on sait qu’il ne faut pas toujours se fier sur tous les points au témoignage de ceux qui nous apportent les productions des pays éloignés , et que , même en supposant ces personnes exactes et de bonne foi , elles peuvent très-bien , vu la communication perpétuelle que les vaisseaux européens établissent entre toutes les parties clu monde, trouver en Afrique et apporter le Guinée ou d’Angola des oiseaux originaires des Indes orientales ; et c’est à quoi ne prennent point assez garde la plupart des nauralistes lorsqu’ils veulent fixer le climat naal des espèces étrangères. Quoi qu’il en soit , i l’on veut attribuer les petites dissemblan- ■es qui sont entre le rollier de Mindanao et e rollier d’Angola à la différence de l’âge, 'est le dernier qui sera le plus vieux : que i on les attribue à la différence du sexe, ce era encore lui qui sera le mâle; car l’on ait que , dans les rolliers , les belles couleurs es plumes, et sans doute les longues pênes de la queue, ne paroissent que la seconde o née, et que, dans toutes les espèces, si ; mâle diffère de la femelle, c’est toujours i plus et par la surabondance des parties, i par l’intensité plus grande des qualités mblables.
V ariélc des rolliers d’Angola et de Mindanao.
Il vient d’arriver de Goa au Cabinet du Roi un nouveau rollier qui a beaucoup de rapport avec celui de Mindanao : il en diffère seulement par sa grosseur et par une sorte de collier, couleur de lie de vin, qui n’embrasse que la partie postérieure du cou, un peu au dessous de la tète. Il n’a pas, non plus que le rollier d’Angola, la ceinture orangée du rollier de Mindanao, mais, s’il s’éloigne en cela du dernier, il se rapproche d’autant du premier, qui est certainement de la même espèce.