‹ Œuvres complètes de Buffon (volume 2)Chapitre 257 sur 361 · LE CAROUGE · texte numérisé non relu

LE CAROUGE

En général, les carouges sont moins gros et ont le bec moins fort à proportion que les troupiales. Celui de cet article, n° 535, fjg. 1 , a le plumage peint de trois couleurs distribuées par grandes masses : ces couleurs sont, i° le brun rougeâtre, qui règne sur toute la partie antérieure de 1 oiseau , c’està-dire la tète, le cou, et la poitrine; 20 le noir plus ou moins velouté, sur le dos, les pennes de la queue, celles des ailes, et sur leurs grandes couvertures, et même sur le bec. et les pieds ; 3° enfin l’orangé foncé, sur les petites couvertures des ailes, le croupion, et les couvertures de la queue. Toutes ces couleurs sont plus ternes dans la femelle.

La longueur du carouge est de sept pouces, celle du bec de dix lignes, celle de la queue de trois pouces et plus; le vol de onze pouces, et les ailes, dans leur état de repos, s’étendent jusqu’à la moitié de la queue et par delà. Cet oiseau a été envoyé de la Martinique. Celui de Cayenne, représenté planche 607 , fig. 1, en différé , parce qu’il est plus petit; que l’espèce de coqueluchon qui couvre la tète, le coti , etc., est noir, égayé par quelques taches blanches sur les cotés du cou , et par de petites mouchetures rougeâtres sur le dos; enfin, parce que les grandes couvertures et les penn. s moyennes des ailes sont bordées de bleuie ; mais ces différences 11e sont pas. à mon avis, si considérables, qu’on 11e puisse regarder le carouge de Cayenne comme une variété dans l’espece de la Martinique. On sait que celleci co istruit des nids tout-à-fait singuliers. Si l’on coupe un globe creux en quatre tranches égales, la forme de l’une de ces tranches sera celle du nid des carouges : ils savent le coudre sous une feuille de bananier, qui

lui sert d’abri , et qui fait elle-même partie du nid ; le reste est composé de petites fibres de feuilles.

11 est difficile de reconnoître dans ce qui vient d’être dit le rossignol d’Espagne de M. Sloane; car cel oiseau est plus petit que le carouge, selon toutes ses dimensions, n’ayant que six pouces anglois de longueur et neuf de vol ; il a le plumage différent, et il construit son nid sur un «ou I autre modèle ; ce sont des espèces de sacs suspendus à l’extrémité des pelites branches par un fil que ces oiseaux saveni filer eux-mêmes avec une matière qu'ils tirent d’une plante parasite, nommée barke-de- vieillard ; fil que bien des gens ont pris mal a propos pour du crin de cheval. L’oiseau de M. Sloane avoit la base du bec blanchâtre et entourée d’un filet noir; le sommet de la tête, le cou, le dos, et la queue d’un brun clair, ou plutôt d’un gris rougeâtre; les ailes d’un brun plus foncé, varié de quelques plumes blanches; la partie inférieure du cou marquée dans son milieu d’une ligue noire; les cotés du cou, la poitrine, et le ventre, de couleur feuille morte.

M. Sloane fait mention d’une variété d’âge ou de sexe, qui ne différoil de l’oiseau précédent que parce que le dos étoit plus jaune, la poitrine et le ventre d’un jaune plus vif, et qu’il y avoit plus de noir sous le bec.

Ces oiseaux habitent les bois et chantent assez agréablement. Ils se nourrissent d’insectes et de vermisseaux ; car on en a trouvé des débris dans leur estomac ou gésier, qui n’est point fort musculeux. Leur foie est partagé en un grand nombre de lobes, et de couleur noirâtre.

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