LA BUSE
La buse est un oiseau assez commun, assez connu pour n’avoir pas besoin d’une ample description. Elle n’a guère que quatre pieds et demi de vol, sur vingt ou vingt-un pouces de longueur de corps; sa queue n’a que huit pouces; et ses ailes, lorsqu’elles sont pliées, s’étendent un peu au delà de son extrémité. L’iris de ses yeux est d’un jaune pâle et presque blanchâtre ; les pieds sont jaunes , aussi bien que la membrane qui couvre la base du bec, et les ongles sont noirs.
Cet oiseau demeure pendant toute l’aimée dans nos forêts. U paroît assez stupide, soit dans l’état de domesticité, soit dans celui de liberté. Il est assez sédentaire , et même paresseux : il reste souvent plusieurs heures de suite perché sur le même arbre. Son nid est construit avec de petites branches , et , garni en dedans de laine ou d’autres petits matériaux légers et mollets. La buse pond deux ou trois œufs , qui sont blanchâtres , tachetés de jaune; elle élève et soigne ses petits plus long-temps que les autres oiseaux de proie, qui , presque tous, les chassent du
nid avant qu’ils soient en état de se pourvoir aisément; M. Ray assure même que le mâle de la buse nourrit et soigne ses petits lors > qu’on a tué la mère.
Cet oiseau de rapine ne saisit pas sa proie au vol; il reste sur un arbre, un buisson, ou une motte de terre, et de là il se jette sur tout le petit gibier qui passe à sa portée: il prend les levreaux et les jeunes lapins, aussi bien que les perdrix et les cailles ; il dévaste les nids de la plupart des oiseaux: il se nourrit aussi de grenouilles, de lézards, de serpens, de sauterelles, etc., lorsque le gibier lui manque.
Cette espèce est sujette à varier, au point que, si l’on compare cinq ou six buses ensemble , on en trouve à peine deux bien semblables: il y en a de presque entièrement blanches , d’autres qui n’ont que la tète blanche, d’autres enfin qui sont mélangées différemment les unes des autres, de brun et de blanc. Ces différences dépendent principalement de l’âge et du sexe; car on les trouve toutes dans notre climat.
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LA BONDRÉE.
Comme la bondrée diffère peu de la buse , elle n’en a été distinguée que par ceux qui les ont soigneusement comparées. Elles ont, à la vérité, beaucoup plus de caractères communs que de caractères différens; mais ces différences extérieures, jointes à celles de quelques habitudes naturelles, suffisent pour constituer deux espèces, qui, quoique voisines , sont néanmoins distinctes et séparées. La bondrée est aussi grosse que la buse , et pèse environ deux livres ; elle a vingt-deux pouces de longueur, depuis le bout du bec jusqu’à celui de la queue, et dix-huit pouces jusqu’à celui des pieds : ses ailes, lorsqu’elles sont pliées, s’étendent au delà des trois quarts de la queue : elle a quatre pieds deux pouces de vol ou d’envergure. Son bec est un peu plus long que celui de la buse : la peau nue qui en couvre la base est jaune T, épaisse et inégale: les narines sont longues et courbées : lorsqu’elle ouvre le bec, elle montre une bouche trèslarge et de couleur jaune : l’iris des yeux est d’un beau jaune; les jambes et les pieds sont de la même couleur, et les ongles, qui ne sont pas fort crochus, sont forts et noirâtres : le sommet de la tète parait large et aplati ; il est d’un gris cendré. On trouve une ample description de cet oiseau dans l’ouvrage de M. Brisson et dans celui d’ Albin. Ce dernier auteur, après avoir décrit les parties extérieures de la bondrée, dit qu’elle a les boyaux plus courts que la buse; et il ajoute qu’on a trouvé dans l’estomac d’une bondrée plusieurs chenilles vertes , comme aussi plusieurs chenilles communes et autres insectes.
Ces oiseaux, ainsi que les buses, composent leur nid avec des bûchettes, et le tapissent de laine à l’intérieur, sur laquelle ils déposent leurs œufs, qui sont d’une couleur cendrée , et marquetés de petites taches brunes. Quelquefois ils occupent des nids
i. Quelques naturalistes ont dit :que cette peau de la base du bec étoit noire; mais on peut présumer que cette différence vient de l’âge, puisque cette peau qui couvre la base du bec est blanche dans le premier âge de ces oiseaux : elle peut passer par le jaune, et devenir enfin brune et noirâtre.
étrangers ; on en a trouvé dans un vieux nid de milan. Ils nourrissent leurs peliis de chrysalides, et particulièrement de celles des guêpes : on a trouvé des têtes et des morceaux de guêpes dans un nid où il y avoit deux petites bondrées. Elles sont, dans ce premier âge, couvertes d’un duvet blanc, tacheté de noir; elles ont alors les pieds d’un jaune pâle, et la peau qui est sur la base du bec , blanche. On a aussi trouvé dans l’estomac de ces oiseaux , qui est fort large, des grenouilles et des lézards entiers. La femelle est, dans cette espèce, comme dans toutes celles des grands oiseaux de proie, plus grosse que le mâle; et tous deux piètent et courent, sans s’aider de leurs ailes, aussi vite que nos coqs de basse-cour.
Quoique Belon dise qu’il n’y a petit berger dans la Limagne d’Auvergne qui ne sache connoître la bondrée, et la prendre par engin avec des grenouilles, quelquefois aussi aux gluaux, et souvent au lacet, il est cependant très-vrai qu’elle est aujourd’hui beaucoup plus rare en France que la buse commune. Dans plus de vingt buses qu’on m’a apportées en différens temps en Bourgogne , il ne s’est pas trouvé une seule bondrée ; et je ne sais de quelle province est venue celle que nous avons au Cabinet du roi. M. Salerne dit que, dans le pays d’Orléans, c’est la buse ordinaire qu’on appelle bondrée ; mais cela n’empêche pas que ce ne soient deux oiseaux différens.
La bondrée se tient ordinairement sur les arbres en plaine , pour épier sa proie. Elle prend les mulots, les grenouilles , les lézards, les chenilles et les autres insectes. Elle ne vole guère que d’arbre en arbre et de buisson en buisson, toujours bas et sans s’élever comme le milan, auquel du reste elle ressemble assez par le naturel, mais dont on pourra toujours la distinguer de loin et de près , tant par son vol que par sa queue , qui n’est pas fourchue comme celle du milan. On tend des pièges à la bondrée, parce qu’en hiver elle est très-grasse et assez bonne à manger.
64 OISEAUX DE PROIE
lieu d’habiter, comme la buse , les forêts en montagne, il ne se lient que dans les buissons, les haies, les joncs, et à portée des étangs , des marais et des rivières poissonneuses; il niche dans les terres basses , et fait son nid à peu de hauteur de terre, dans des buissons, ou même sur des mottes couvertes d’herbes épaisses : il pond trois œufs, quelquefois quatre ; et quoiqu’il paroisse produire en plus grand nombre que la buse, qu’il soit, comme elle, oiseau sédentaire et naturel en France , et qu’il y demeure toute l’année, il est néanmoins bien plus rare et plus difficile à trouver.
On ne confondra pas le busard avec le milan noir, quoiqu’il lui ressemble à plusieurs égards, parce que le busard a, comme la buse, la bondrée, etc.... le cou gros et court , au lieu que les milans l’ont beaucoup plus long; et on distingue aisément le busard delà buse, i° par les lieux qu’il habite; 2° par le vol qu’il a plus rapide et plus ferme; 3° parce qu’il ne se perche pas sur les grands arbres, et que communément il se tient à terre ou dans les buissons ; 4° on le reconnoît à la longueur de ses jambes , qui, comme celles de l’oiseau saint-martin et de la soubuse, sont à proportion plus hautes
et plus menues que celles des autres oiseaux de rapine.
Le busard chasse de préférence les poules d’eau, les plongeons, les canards et les autres oiseaux deau; il prend les poissons vivans et les enlève dans ses serres : au défaut de gibier ou de poisson, il se nourrit de reptiles, de crapauds, de grenouilles et d’insectes aquatiques. Quoiqu’il soit plus petit que la buse, il lui faut une plus ample pâture; et c’est vraisemblablement parce qu’il est plus vif, et qu’il se donne plus de mouvement, qu’il a plus d’appétit; il est aussi bien plus vaillant. Belon assure en avoir vu qu’on avoit élevés à chasser et prendre des lapins , des perdrix et des cailles. Il vole plus pesamment que le milan; et lorsqu’on veut le faire chasser par des faucons, il ne s’élève pas comme celui-ci , mais fuit horizontalement. Un seul faucon ne suffit pas pour le prendre, il sauroit s’en débarrasser et même l’abattre; il descend au duc comme le milan, mais il se défend mieux , et il a plus de force et de courage ; en sorte qu’au lieu d’un seul faucon , il en faut lâcher deux ou trois pour en venir à bout. Les hobereaux et les crécerelles le redoutent , évitent sa rencontre , et même fuient lorsqu’il les approche.
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OISEAUX ÉTRANGERS
QUI ONT RArrORT