‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 110 sur 218 · ROUILLE DE FER ET OCRE · texte numérisé non relu

ROUILLE DE FER ET OCRE

La rouille de fer et l’ocre sont les plus simples et les premières décompositions du fer par l’impression des élémens humides; les eaux, chargées de parties ferrugineuses réduites en rouille, laissent déposer cette matière en sédiment dans les cavités de la terre , où elle prend plus ou moins de consistance, sans jamais acquérir un grand degré de dureté : elle y conserve aussi sa couleur plus ou moins jaune, qui ne s’altère ni ne change que par une seconde décomposition , soit par l’impression des élémens humides ou par celle du feu. Les ocres brunes auxquelles on donne le nom de terre d’ombre, et l’ocre légère et noire dont on se sert en Chine pour écrire et dessiner, sont des décompositions ultérieures de la rouille du fer très- atténuées, et dénuées de presque toutes ses qualités métalliques. On peut néan-

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moins leur rendre la vertu magnétique en leur faisant subir l’action du feu.

Toutes les ocres brunes , noires , jaunes ou rouges , fines ou grossières, légères ou pesantes , et plus ou moins concrètes , sont aisées à diviser et à réduire en poudre. On en connoit plusieurs espèces, tant pour la couleur que pour la consistance ; M. Romé de l’Isle les a toutes observées et très-bien indiquées. Au reste, nous ne séparons pas des ocres les mines de fer limoneuses ou terreuses qui ne sont pas en grains ; car ces mines ne sont en effet que des ocres ou rouilles de fer plus ou moins mêlées de terre limoneuse , et je dois me dispenser de parler ici des mines de fer en grains , dont j’ai expliqué la formation à l’article de la terre végétale et du fer.

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