‹ Œuvres complètes de BuffonChapitre 112 sur 218 · WWW%/* X'* V'* % V * V». V · texte numérisé non relu

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nière porte dans le commerce le nom de terre de Cologne , parce qu’elle se trouve en assez grande quantité aux environs de cette ville; mais il y en a aussi dans d’autres provinces de l’Allemagne , et M. Monnet 1 en a découvert en France qui paroît être de la même nature , et pourroit servir aux peintres comme la terre de Cologne , dont ils font grand usage.

x. Mémoires de l’Académie des Sciences, année 1768, pages 547 et 548.

ÉMERIL.

Tl y a deux sortes d’émerils , l’un attirable et l’autre insensible à l’aimant. Le premier est un quartz ou un jaspe mêlé de particules ferrugineuses et magnétiques : l’émeril rouge de Corse et l’émeril gris, qui sont

attirables à l’aimant, peuvent etre mis au nombre des mines primordiales formées par le feu primitif. La seconde sorte d’émeril , et c’est la plus commune, n’est point attirable à l’aimant, quoiqu’elle contienne peut-être

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plus de fer que la première : le fonds de sa substance est une matière quartzeuse de seconde formation ; il a tous les caractères d'un grès dur, mêlé d’une quantité de fer qui en augmente encore la dureté : mais ce métal étoit en dissolution et avoit perdu de sa vertu magnétique lorsqu’il s’est incorporé avec le grès, puisque cet émail n’est point atlirable à l’aimant; la matière quartzeuse, au contraire, n’ètoit pas dissoute, et se présente dans cette pierre d’éineril, comme dans les autres grès, en grains plus ou moins fins, mais toujours anguleux, tranchans, et très-rudes au toucher. Le fer est ici le ciment de nature qui les réunit, les pénètre, et donne à cette pierre plus de dureté qu’aux av.trts grès; et eette quantité de fer n’est pas considérable, car, de toutes les mines ou matières ferrugineuses, l’émeril est celle qui rend le moins de métal. Comme sa substance est quartzeuse, il est très-réfractaire au feu, et ne peut se fondre qu’en y ajoutant une grande quantité de matière calcaire, et lui faisant subir l’action d’un feu très-violent et long-temps soutenu. Le produit en métal est si petit, qu’on a rejeté l’émeril du nombre des mines dont on peut faire usage dans les

forges; mais son excessive dureté le rend plus cher et plus précieux que toutes les autres matières ferrugineuses; on s’en sert pour entamer et polir le verre, le fer et les autres métaux.

L’émeril est communément d'un brun plus ou moins foncé; mais, comme nous venons de le dire, il y en a du gris et du plus ou moins rougeâtre. Celui de l’île de Corse est le plus rouge, et quelques minéralogistes l’ont mis au nombre des jaspes.

On ne trouve l’émeril qu’en certains lieux de l’ancien et du nouveau continent ; on n’en connoit point en France, quoiqu’il y en ait en grande quantité dans les îles de Jersey et de Guernesey ; il se présente en masses solides d’un gris obscur. On en trouve aussi en Angleterre, en Suède, en Pologne, en Espagne, en Perse, aux Indes orientales, et en Amérique, particulièrement au Pérou. Bowles et quelques autres naturalistes assurent que, dans les émerils d’Espagne et du Pérou , il y en a qui contiennent une quantité assez considérable d’or, d’argent et de cuivre; mais je ne suis pas informé si l’on a jamais travail'é cette matière pour en tirer avec profit ces métaux.

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VOLFRAN.

La plus pesante des concrétions du fer produites par l’intermède de l’eau, est le volfran; sa pesanteur provient de l’arsenic qui s’y trouve mêlé, et surpasse de beaucoup celle de toutes les ocres , et même celle des pyrites ferrugineuses et des marcassites arsenicales. La pyrite arsenicale qui en approche le plus par la densité est le mispicke! , qui contient aussi plus d’arsenic que de fer. Au reste, le volfran est aussi dur que dense; c’est un schot 1 mêlé d’arsenic et d’une assez grande quantité de fer; et ce qui prouve que ce fer a été décomposé par l’eau , et que le volfran a été formé par l’intermède de ce même élément, c’est qu’il n’est point attira ble à l’aimant. Il se trouve en masses solides d’un noir luisant; sa texture est lamel-

leuse , et sa substance très-compacte. Cependant il y a des volfrans plus ou moins denses et plus ou moins durs les uns que les auires; et je pense, avec M. Romé de l’Isle, qu’on doit regarder comme un volfran le minéral auquel les Suédois ont donné le nom de tungstein, quoiqu’il soit blanc, jaune ou rougeâtre, et qu’il diffère du volfran noir par sa densité , c’est-à-dire par la quantité de fer ou d’arsenic qu’il contient 1.

1. La pesanteur spécifique du volfran noir est de 71195 ; celle du mispickel ou pyrite arsenicale, de 65x23; celle du tungstein blanc d’Altenberg , de 58o?.5 ; celle du tungstein de Suède, de 49088 ; et celle du volfran doux, de 4x*8o. (Tables de M. Brisson.)

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