CONCRÉTIONS DU MERCURE
Le cinabre est la mine primordiale du mercure , et l’on peut regarder le vif-argent coulant comme le premier produit de la décomposition du cinabre : il se réduit en poudre lorsqu’il se trouve mêlé de parties pyriteuses ; mais cette poudre, composée de cinabre et du fer des pyrites, ne prend point de solidité, et l’on ne connoit d'autres concrétions du mercure que celles dont M. Romé de l’isle fait mention sous le titre de mercure en mine se conduire , mine de mercure cornée 'volatile , ou mercure doux natif. « Cette mine secondaire de mercure , dit cet habile minéralogiste, a été découverte depuis peu parmi les mines de mercure en cinabre du duché de Deux- Ponts ; c’est du mercure solidifié et minéralisé par l’acide marin , avec lequel il paroît s’ètre sublimé dans les cavités et sur les parois de certaines mines de fer bruues ou hépatiques, de même que le meicure coulant dont cette mine est souvent accompagnée. »
J’ai dit , d’après !o témoignage des voyageurs , qu’on ne connoissoit en Amérique qn’une seule mine de mercure à Guancavelica ; mais M. Dombey , qui a examiné avec soin les terrains à mine du Pérou et du Chili, a trouvé des terres imprégnées de cinabre aux environs de Coquimbo , et il m’a remis
pour le Cabinet du Roi quelques échantillons de ces terres , qui sont de vraies mines de mercure. Les Espagnols les ont autrefois exploitées ; mais celles de Guancavelica s’étant trouvées plus riches, celles de Coquimbo ont été abandonnées jusqu’à ce jour, ou les éboulemens produits par des tremblemens de terre dans ces mines de Guancavelica ont obligé le gouvernement espagnol de revenir aux anciennes mines de Coquimbo avec plus d’avantage qu’auparavant , par la découverte qu’a faite M. Dombey de l’étendue de ces mines dans plusieurs terrains voisins qui n’avoient pas été fouillés. D'ailleurs ce savant naturaliste m’assure qu’indépendamment de ces mines de cinabre à Coquimbo, il s’en trouve d’autres aux environs de Lima, dans les provinces de Cacatambo et Guanuco , que le gouvernement espagnol n’a pas fait exploiter, et dont cependant il pourroit tirer avantage : il y a même toute apparence qu’il s’en trouve au Mexique; car M. Polony , médecin du roi au Cap à Saint-Domingue , fait mention d’une mine de mercure dont il m’envoie des échantillons avec plusieurs autres mines d’or et d’argent de cette contrée du Mexique l.
1. Lettre de M. Polony à M. le comte de Buffon, datée du Cap à Saint-Domingue, 20 octobre 1785.
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CONCRETIONS DE L’ANTIMOINE.
On ne connoit point de régule d’antimoine natif, et ce demi -métal est toujours minéralisé dans le sein de la terre. Il se préscute en minerai blanc lorsqu’il est imprégné d’arsenic, qui lui est si intimement uni, qu’on ne peut les séparer parfaitement. L antimoine se trouve aussi en mine grise, qui forme assez souveut des sialactites ou concrétions dont quelques-unes ressemblent à la galène de plomb. Cette mine grise d antimoine est quelquefois mêlée d’une quantité considérable d’argent, et, par sa décomposition , elle produit une autre mine à Bcffon. III.
laquelle on donne le nom de mine chargent en plumes , quoiqu’elle contienne huit ou dix fois plus d’antimoine que d’argent.
Celles qui 11e contiennent que très- peu ou point d’argent s’appellent mines d’ antimoine en plumes , et proviennent également de la décomposition des premières. Je n’ajouterai rien de plus à ce que j’ai dit au sujet de la formation des miues primitives et secondaires de ce demi-métal