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VI

SIXIÈME EXPÉRIENCE

Pour comparer le dessèchement du bois parfait , qu'on appelle le coeur, avec le dessèchement du bois imparfait , quon appelle i/aubier.

Le Ier avril 1734 j’ai fait tirer du corps du chêne abattu la veille deux parallélipi-

pcdes , l’un de cœur et l’autre d’aubier , qui pesoient tous deux 6 onces 1/4 : ils étoient de même figure ; mais le morceau d’aubier étoit d’euviron un quinzième plus gros que le morceau de cœur, parce que la densité du cœur de chêne nouvellement abattu est à très peu près d’une quinzième partie plus grande que la densité de l’aubier.

Table du dessèchement de ces morceaux de bois.

ANNÉE , MOIS

ET JOURS

rot ds

du cœur

de chêne.

POIDS

du morceau.

d’aubier.

ANNÉE, MOIS

ET JOURS

POIDS

du cœur

de ebeue.

POIDS 1

du morceau

d’aubier.

1734. Avril.

onces.

onces.

1734. Avril.

0 uces.

onces.

q midi T

6 3fS>.

6 aC/32

Mai.

Ier

5 2 8 fi?*

5 2 2 fî 2

4 ia/64

4 io/64

Juin.

j Juillet.

1 Août.

1 Septembre.

5 Mi/64

1 Octobre.

i Novembre.

| Décembre.

On voir, par celte table, que sur 6 onces 1/4 la quantité totale du dessèchement du morceau de cœur de chêne est 1 once a5/3z , et que la quantité totale du dessèchement du morceau d’aubier est de 2 onces 5/ 3a ; de sorte que ces quantités sont entre elles comme 57 est à 69 , et comme 14 */4 est à 16 i/4; ce qui n’est pas fort diltérenî de la proportion de densité du cœur et de l’aubier, qui est de i5 à t4- Cela prouve que le bois Ip plus dense est aussi celui qui se dessèche le moins. J’ai d’autres expériences qui confirment ce fait. Un morceau cylindri-

que d’alizier qui pesoit i5 onces 1/2 le ier avril 1734, ne pesoit que 10 onces 1/4 le 26 septembre suivant , et par conséquent ce morceau avoit perdu plus d’un tiers de son poids. Un morceau cylindrique de bouleau qui pesoit 7 onces 1/2 le même jour ier avril, ne pesoit plus que 4 onces 4/5 le 26 septembre suivant. Ces bois sont plus légers que le chêne , et perdent aussi un peu plus par le dessèchement ; mais la différence n’est pas grande, et on peut prendre pour règle générale de la quantité du dessèchement dans les bois de toute espèce la dimi-

SECOND MEMOIRE

nution d’un tiers de leur pesanteur , en comptant du jour que le bois a été abattu.

On voit encore, par l’expérience précédente, que l’aubier se dessèche d’abord beaucoup plus promptement que le coeur de chêne; car l’aubier étoit déjà à la moitié de son dessèchement au bout de sept jours , et il a fallu vingt-quatre jours au morceau de cœur pour se dessécher à moitié; et par une table que je ne donne pas ici , pour ne pas trop grossir ce Mémoire, je vois que l’alizier avoit eu huit jours acquis la moitié de son dessèchement , et le bouleau en sept jours : d’où l’on doit conclure que la quantité qui s'évapore par le dessèchement dans les différentes espèces de bois, est à peu près proportionnelle à leur densité; mais que le temps nécessaire pour que les bois acquièrent un certain degré de dessèchement , par exemple celui qui est nécessaire pour qu’on •es puisse travailler aisément ; que ce temps, dis-je, est bien plus long pour les bois pesans que pour les bois légers , quoiqu’ils arrivent à perdre à peu près également un tiers et plus de leur pesanteur.

SEPTIÈME EXPÉRIENCE

Le 26 février 1744 j’ai fait exposer au soleil les deux morceaux de bois qui m’ont servi aux deux premières expériences, et que j'ai gardés pendant vingt ans. Le plus ancien de ces morceaux, c’est-à-dire celui

qui a servi à la première expérience sur le dessèchement , pesoit , le 2O février 1744 , 3i livres r once 2 gros; et l’autre, c’est-àdire celui qui avoit servi à la seconde expérience, pesoii, le même jour 26 février 1744, 3i livres 4 onces : ils avoient d’abord été desséchés à l’air pendant dix ans; ensuite ayant été exposés au soleil depuis le 26 février jusqu’au 8 mars, et toujours garantis de la pluie , ils se séchèrent encore , et ne pesoient plus, le premier, que 3o livres 5 onces 4 gros , et le second , 3o livres 6 onces 2 gros. Pour les dessécher encore davantage , je les fis mettre tous deux dans un four chauffé à 47 degrés au dessus de la congélation ; il étoit neuf heures quarante minutes du matin : on les a tirés du four deux heures après , c’est-à-dire à onze heures quarante minutes ; on les a mesurés exactement, leurs dimensions n’avoient pas changé sensiblement. J’ai seulement remarqué qu’il s’étoit fait des gerçures sur les quatre faces les plus longues , qui les rendoient d’une demi-ligne ou d’une ligne plus larges ; mais la hauteur étoit absolument la même. On les a pesés en sortant du four; le morceau de la première expérience ne pesoit plus que 29 livres 6 onces 7 gros , et celui de la seconde , 29 livres 6 onces. Dans le moment même je les ai fait jeter dans un grand vaisseau rempli d’eau , et on a chargé chaque morceau d’une pierre pour les assujettir au fond du vaisseau.

EXPÉRIENCES SUR LES VÉGÉTAUX

TA BLE de l’imbibition de ces deux morceaux de bois , qui étoient entièrement desséchés lorsqu’on les a plongés dans l'eau.

ANNÉE , MOIS ET JOURS

1744 Mars. . - 8.

l'EXDAKT LEQUEL LES BOIS

ont resté

au four et à l’eau.

POIDS

DES DEUX MORCESrX DE LOIS.

Ih. 15 m

Ier 30 2e 30 I 29

Mis au four * à 9 li. 40 m. et tirés =

à 1 1 b. 40 in. ; ils pesoient I 2 29

Jetés dans l’eau à II h. 40 in. et 1 I 32

tirés à midi 40 m t 2 32

I heure

onc.

G fi

gr.

* Le thermomètre a (route à 47 degrés ; il étoit au degré de la congélation.

SLLOrsJJ MÉMOIRE.

ANNÉE, MOIS ET JOURS

TEMPS

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