‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 2)Chapitre 122 sur 124 · DÉMONSTRATIONS FAMILIERES DE LA CATARACTE · texte numérisé non relu

DÉMONSTRATIONS FAMILIERES DE LA CATARACTE

'vais les observer dans diverses branches de «es «owmisMD6«B,<*n ^choî- < tissant les, ridicules à portée de tout le monde.

DénÛÊneni matériel. On nous vante la richesse des nations, le' lustre des sciences, et pourtant les grandes capitales, Paris et Londres, «n'ont •pas même de livres élémentaires pour l'étude de la nature. 11 faudrait an ouvrage contenant cent? mille planches enluminées, comme celles du cerveau, Par Vteq d'Asvr, et représentant tous les animaux, végétaux et 'mmeraux, dans les diverses phases de leur carrière;. pins, les'explications annexées aux 100,600 planches. L'ouvrage contiendrait au moins mille volumes in-4° : il en faudrait 2 ou 3 oxempl. dans chacune des 500,000 phalanges du globe ; ce sera un des premiers travaux de l'harmonie, travail bien impossible en civilisation: elle ne pourrait pas, avec toutes ses perfectibilités, subvenir au quart des frais qu'exige un tel ouvrage. Ces frais seront une bagatelle pour l'harmonie 'Sociétaire qui aura, sur la seule branche des coloniaotions attrayantet, an èénéflee de «quatre mille milliards, somme inconcevable ; mais on .a vu (466) que, dans les estimations, je cave toujours à demi, ou tiers, ou quart en dessous de la réalité.

Dènûmeni intellectuel. On voit de bons écrivains se tourmenter toute leur vie à chercher un sujet sans le trouver; être -réduits à 4es commentaires, des travaux de compilation, etc. On badinait les défunts Auger, Aignan et autres, sur ce que leur génie ne s'élevait pas plus haut que la notice : forcés de se rabattre sur les carrières épuisées, et voulant y paraître neufs, ils tombent dans les paradoxes les plus choquants. Dernièrement un journal de Paris vantait un auteur dont je n'ai pas lu l'ouvrage; 'mais sur une citation d'une demi-page que donnait oe journal, jeTeeuettlls douse monstruosités très-applaudies des Parisiens, dont la première «tait celle-ci :

II y a xn effet mité dan* la tivilimtkmjdes divers. Hmtiée C Europe. lînlté vraiment plaisante! Chacun de ces état»diflèreen langage, en codes, en monnaies et-mesuros , en coutumes et «m tout. Bans la seuteFmace, •on compte seiietangues différentes : l'antipathie européenne pour l'unité est telle, que les Allemands, qui occupent le centre et qui sontrféputés gens de bons sens , ne veulent pas adopter l'éeritau^ mmane, générajeîneBtTépafiduc dans l'Ouest et l'Amérique; et pourtant ils se dteeni continuateurs dé l'empire romain. Ainsi l'unité, sur le seul point où elle ait kM^orhasmrd quelque progrès, ost repoussée par la nation qa?on croi- : mit tepius «sensée. Qu'est-ce donc des autres quitte -veulent pas même ;sdopier oertafees unités justes, comme celletra méridien «efâedeEer?

Je ne cite là qu'une des douze absurdités recueillies dans une page de citations; combien en trouverais-je dans l'ouvrage, que je n'ai pas lu? dette page était nourjUntjdes.metUeures, car jon journal apofet&ifue <4l)0istt ce qu'il y a deamieax.

U est puisant .de Tûirravidité des Parisiens pour cesdiscuaatew*pa-

rasttes qui ne roulent que sur des faussetés ou des riens fastueusemcnt présentés comme thèses transcendantes, quand il ne faut qu'une légère dose de sens commun pour y répondre. Jugeons-en par quelques assertions faisant suite à celle-ci.

La civilisation est un fait général, complexe, difficile à décrire. Non, rien n'est moins difficile, on vient d'en voir une description très-exacte aux neuf chap. XLI à XLIX. Supposez cette matière étendue dans 1, 2, 3 yoI urnes, ce qui serait très-facile, vous aurez une description précise de cette civilisation que je n'ai pu, faute d'espace, définir ici qu'en sommaire des sujets à traiter.

La civilisation est-elle un bien, est-elle un mal, est-elle universelle, s'élend-clle au genre humain ? Questions oiseuses, vrai sujet de facéties et non de discussions.

Uest clair qu'elle est limitée au 6e du genre humain. Les paysans russes et polonais, travaillant à coups de fouet, ne sont pas civilisés. Est-elle un bien? Oui pour quelques riches; est-elle un mal? Oui pour l'immense majorité, qui voit le bien-être dont elle est privée. La civilisation n'est un bien sur chaque globe qu'autant qu'elle y dure peu, et qu'on atteint vite au 6e échelon, Garant Isme , à l'aide des sciences et arts qu'elle crée (42C) ; mais si elle se prolonge 25 siècles de trop, elle devient un fléau terrible, par les misères croissantes du peuple (30) ; par l'industrialisme qui opère la baisse du salaire, le retour à l'esclavage en bagnes mercantiles et agricoles; par la destruction des forets, pentes, sources et climatures. Qu'on ose, après cela, mettre en problème si elle est un bien ou un mal 1

Tel est l'usage des philosophes, élever des controverses académiques sur de graves riens, et négliger toutes les études utiles; aussi n'a-t-on pas même déterminé 1' alphabet naturel, encore pleinement inconnu. Nous avons pourtant des virtuoses en grammaire générale (i).

Cette omission est un des indices les plus plaisants de la cataracte intellectuelle dont le monde savant est affligé. Que n'oubliera-t-il pas s'il oublie l'alphabet en grammaire, et l'attraction en étude de l'homme ? Veut-il donc en toute science prendre le roman par la queue, terminer par où il faudrait commencer ?

Cette cataracte, cet instinct du faux qui domine dans le monde savant, me justifie assez du reproche d'irrévérence pour lui : dois-je féliciter un aveugle sur ce qu'il marche vers un précipice et qu'il veut y entraîner avec lui d'autres aveugles P Mais il faudrait, dit-on, prendre des formes académiques ; eh ! si j'avais le bel esprit des académiciens, je ne saurais

(4) En harmonie , Tune des premières opérations sera de rassembler un congrès de grammairiens et naturalistes pour composer une langue unitaire, dont le système sera réglé sur l'analogie, avec les cris des animaux et autres documents naturels. Ce travail sera à peine fini au bout d'un siècle; et, pour l'achever, on aura vne boussole certaine qu'il n'est

DÉMONSTRATIONS FAMIufeftES DE LA CATARACTE.

r tomme eux qu'un tribut de belles paroles et non de bonnes découvertes. Obligé ds Marner toutes les classes de savants, même les géomètres sur lent toiejaaee pour tes 4 sciences trompeuses, je serais ré-

pm encore temps et faire eonnmtre. Bornons-nous ici à disserter sur le cadre de l'alphabet, base des études qui doivent concourir à la formation d*me Jaoguegénérate.

CADRE FIGURATIF DES LETTRES pour l'alphabet général A 48 SIGNES.

Forcées majeures.

Consonnes maj.

Ambiguës maj.

voyelles maj.

PIVOTALES.

voyelles min.

Ambiguës min.

Consonnes min.

Forcées mineures.

CC CCR A

VP

AA

dd AA

ÏÏDDDD

Dans ce tableau, je n'ai pas désigné les lettres, mais seulement le cadre es. Les grammairiens pourront controverser sur I'em-

rmtm. lpf.ti*M *l*&ni>Aa les rt mitas mm in ir*io Avn..:.»..»—

^ — '— — w «#v HW1DOU, J*

oes genres et espèces. Les grammairiens pourront controverser sur l'en placement de quelques lettres, d*après les doutes que je vais exprimer Pivotales, â, a, o, d sont les plus éclatants en long et en bref. *

Voyelles maj. ë, é, eu, ou. } toute autre voyelle usitée, è, ai, » min. ef, <, e, u. S rentre dans Tune de ces douze. Consonnes maj, **e,*e,o,<f,* maigre, \qve, gue, je, vt, le, me, m,

Ambiguës majeures, ach, hha, mineures ooe, an. ' ^^

^Chacune des a ambiguës comprend tons les sons qu'on peut former en son genre; ainsi ah comprend les nasales, an, en, In, on, un. Il en est de même des sens oue, eue, ie, ee, tte3 aie, etc., variétés de ooe, et des sens tels que ohe,hx>hen, qui sont variétés des ambiguës hha et ach.

Les nuit forcées en majeur et mineur comprendront les sons bicarrés, gloussements et autres que forment les sauvages, les Arabes, etc.

Les diphthongues ou voyelles combinées n'ont pas place dans l'alphabet Chacune des 12 voyelles peut former 22 diphthongues avec les 41 autres et beaucoup encore par amalgame avec les ambiguës. '

Nous n'avons pas de signe indiquant le sonblessé, |re consonne • ie rai figuré par une lettre redoublée, zze. sse. ne » Je l **

Les consonnes et voyelles doivent être doalisées, assemblées nar nain» Identiques, en son fort et faible comme b, p. ' CUUMC,<? POT P*™

Jfdésigne par 11, le 1 mouillé des mots paille, treille -JKfi&f # , 0uieu îîe smi P®8 l€8 S0IÏ8 de Montesquieu et Pértaueux mil

iC «e»niUa. «îye±le u « C5UX"C .Soient l'eu bref, comme MrïïSuW

Te est l'oyedes Russes, dans l'interjection aie, le mot rayon ^

le n'ai pas admis en paire de consonnes les tch et d« des Italiens • o* *m»t ife^SSÏ"* "*Wl»el1I,8B Pas des sons purs. D^r^pou^t «M* mm-meme i que je ne soutiens pas cet alphabet, mais seulement!*

g» voadra modtffer mon aperçu d'alphabet Les sons de lanrotegoS w* «érie mesurée de 9« degré/ et distribuée en deux gammes ^t T scïïî gmmes, comme les .32 chœurs de phalange (p. «0), efcoinme les aaï£ ■à** sur leur pivot, ou soleil. Je dis » planètes, parce qtfu^reSe fat

duit à torturer chacune de mes phrases, si je voulais user de ménagements outiés ; J'en ai gardé beaucoup, en négligeant quantité de parallèles que j'aurais pu donner sur des philosophes existants qui, en écrits,

couvrir (III, 345), et que la lune Phœbé, astre mort, n'est plus à compter, son remplaçant vesta étant déjà entré en plan, pour venir avec Mercure, Gérés, Junon et Pallas, se conjuguer sur notre globe, dès qu'il sera parvenu à l'harmonie (111, 558). Les 4 planètes inconnues sont, deux satellites d'Herschel, et les deux ambiguës de Saturne et Herschel.

Page 1