CHAPITRE XXXVII
HE Bitones 96,
2 animlques,
d, h, bimixtet 16,
1 animique, 2 sensuelles.
MI Tritones 24,
3 animlques.
Fk Tétratones 8,
4 animlques.
d, b, irimixtet 8 ,
2 animlques, 3 sensuelles,
SOL Pentatones 2,
5 animiques.
Les lettres d, b, signifient dièze et bémol, touches intermé diaires en gamme musicale et passionnelle.
Il faudrait ajouter à cette table celle des 405 caractères ambigus ; définissons seulement les pleins. On voit en première ligne #76 solitones, gens qui n'ont qu'une seule passion dominante; ils ne sont pas en égal nombre sur les 42 passions, comme seraient 48 pour chacune ; la distribution est progressive. On trouvera beaucoup plus de solitones à dominante d'ambition, ou d'amour, ou de gourmandise, qu'à dominante â'ouisme, passion des plaisirs de l'ouie ; cependant on trouve de3 oui s tes ou mélomanes qui ne vivent que pour la musique, ne font élever leurs enfants qu'à la musique, et ne prendraient pas pour gendre un homme qui ne serait pas musicien.
Bref, les solitones ont une passion dominante à laquelle ils rapportent tout : ils varient peu dans leurs goûts et ont de l'aptitude aux ouvrages de longue durée ; ils sont dans l'échelle des caractères ce que sont les simples- soldats dans un régiment. Au contraire, les 2 pentatones, homme et femme, sont l'équivalent des colonels; ils doivent, à eux deux> intervenir activement dans toutes les séries de la phalange : s'il y en a 400, il faut que chacun des pentatones en fréquente environ 200. Il faut donc pour pentatones des esprits actifs, subtils et très-étendus, comme Voltaire , Leibnitz, Fox, etc. César est d'un degré plus élevé encore, c'est un heptatone à 7 dominantes, Bonaparte et Frédéric sont deux hexatones à 6 dominantes.
Une phalange n'a pas un besoin spécial d'hexatones, 6e ; hept atones, 7e ; omnitones, 8e degré ; il suffit qu'elle s'élève aux pentatones. Les degrés plus élevés en caractère ont, de droit naturel et par convenance générale, une régie sur 3 à 4 phalanges, sur une 'douzaine, sur une quarantaine, et ainsi de suite : ils sont agents d'harmonie externe, quoique habitant une phalange.
En continuant depuis SOL , on a en litres externes d, b. létramixtes, 2 animiques 4 sensuelles. LA hexatones, 6 animlques.
342 SECTION Y. — DE h ÉQUILIBRE GÉNÉRAL DES PASSIONS.
d, b. peniamixte». 2 anîmiques 5 sensuelles. SI hep (atones. 6 anîmiques 1 sensuelle. UT omnitones. 7 anîmiques.
On peut pousser l'échelle beaucoup plus loin : toute celte 2* échelle de caractères est pour les emplois extérieurs, et pourtant elle figure avantageusement dans une phalange.
Je n'ai pas parlé des 405 ambigus qui doivent être adjoints à la 4re échelle (344), ni des variantes que subit l'assortiment de passions dans les divers degrés. Ce serait un détail immense : je veux seulement en venir à quelques études superficielles sur ses distributions les plus opposées à nos préjugés.
Remarquons d'abord que la morale déclare vicieux tous les caractères les plus distingués, les hauts litres, les officiers principaux; elle les tolère parmi les monarques ou les gens puissants; mais chez la masse des citoyens elle ne veut que des solitones, limités à une seule passion. Or la nature ne place pas les grands caractères parmi les hauts personnages, elle les sème au hasard ; Tomnitone, qui est le plus élevé de ces deux échelles, peut se rencontrer chez un pâtre. Les êtres doués de ces grands caractères sont politiquement étouffés par l'éducation, ils s'irritent contre les coutumes, et sont surnommés mauvais sujets, ennemis de la morale.
Dans Tordre sociétaire chacun d'eux, homme ou femme, trouve son rang et s'y place du consentement de tout le monde j car celui que la nature a fait solitone , n'a aucune envie de la présidence caractérielle d'une phalange, fonction qui l'obligerait à une prodigieuse variété de travaux : il n'y trouverait pas son bonheur; d'ailleurs on a toujours mauvaise grâce à sortir de son caractère. Dès lors personne n'est jaloux en voyant à la présidence caractérielle de la phalange, au poste de Roi de Passions et Reine de passions, deux êtres qui sont, par leur naissance, les plus pauvres peut-être de tout le canton. Malgré leur humble condition, ils s'élèveront sans faute au poste que la nature leur assigne, à la -présidence caractérielle de l'un des 43 degrés, depuis celle d'une phalange, qui est le plus bas degré, jusqu'à ijpmniarchat ou présidence du globe. C'est encore une très-belle loterie ppur la classe pauvre ; une femme enceinte peut se dire : Je serai peutrêtre mère de la souveraine caractérielle du globe ; elle parviendra sans effort, par abandon à son caractère, au trône du monde ou à l'un des principaux sceptres.
NOTICE X. — CHAPITRE XXXVII. 34fr
L'éducation a pour tâche de développer ces caractères et, de plus, les tempéraments qui sont en même échelle que les caractères, mais non pas en assortiment : un pentatone qui est de 5e degré en caractère, n'est point certain d'avoir un tempérament de 5e degré; il aura quelquefois le plus opposé à son rôle passionnel.
Nos sciences réduisent à 4 les tempéraments, et cependant un remède administré à vingt bilieux opérera de vingt manières différentes. Pour classer les tempéraments, il faudra les développer dès le bas âge, principalement par la voie alimentaire : on voit les enfants remplis de goûts dépravés, comme de manger le plâtre dès murs ; c'est qu'on les a laissé manquer de certains comestibles dont la nature leur fait sentir le besoin, et qu'ils ne peuvent pas définir. L'absence de ces aliments cause une contremarche de l'instinct, et pousse l'enfant à remplacer par des substances nuisibles celles que la nature lui destinait.
On présentera donc aux enfants une grande variété de comestibles, afin de discerner par leurs instincts alimentaires à quelledivision ils appartiennent ; on en jugera par la facile digestion des aliments préférés. A la suite do cette première échelle de genres et d'espèces, on cherchera à, classer les espèces en échelle de variétés et ténuités; et un des moyens qu'on emploiera sera r antienne ga&trosophique. Je désigne sous ce nom un très-petit repas, avantr-coureur de repas, et choisi de manière à exciter un violent appétit au bout d'une demi-heure. On voit des civilis^ essayer ce prélude par un verre d'absinthe ; ce n'est pas là une antienne régulière, qui doit se composer de solide et liquide, avec variantes selon les dispositions où se trouve l'estomac . On exercera chacun, homme et femme, à bien connaître ses antiennes, afin d'arriver à table avec appétit et digérer avec facilité. L'harmonie produira tant de subsistances, qu'il faudra habituer le genre humain à consommer quatre fois plus qu'en civilisation, •
Plus on avancera dans l'art de classer les caractères et les tempéraments, plus il deviendra facile d'intriguer les séries méthodiquement, comme le groupe décrit chap. suivant. Du reste, il faut observer que si les caractères sont comprimés, ils se faussent et se développent à contre-sens; l'éducation actuelle, ea leur donnant un vernis moral, les rend très-mauvais, au lieu de beaux qu'ils auraient été. Sénèque et Burrhus n'ont pas changé, mais faussé le caractère de Néron, tétratone à 4 dominantes bien distinctes, cabaliste, composite, ambition, amour. Henri IV
JU SECTION V. — DE L'kQUI LIBRE GÉNÉRAL DES PASSIONS.
était comme Néron un tétratone, mais qui n'avait pas été faussé par une édudation morale.
Les caractères tournent au mal en civilisation, dès qu'ils ont en dominante un nombre de passions mécanisantes supérieur aux affectives; une femme tritone à dominantes d'amour, de cabaliste et de papillonne, sera communément très-vicieuse.
Rien n'est plus propre que la théorie des caractères à confondre ces esprits forts qui croient que les passions sont créées au hasard, et que Dieu a besoin de recourir aux moralistes pour les harmoniser. Les passions en mécanisme domestique sont un orchestre à 4620 instruments : nos philosophes en voulant les diriger sont comparables à une légion d'enfants qui s'introduirait à l'orchestre de l'opéra, s'emparerait des instruments et ferait un charivari épouvantable ; faudrait-il en conclure que la musique est ennemie de l'homme, et qu'il faut réprimer les violons, arrêter les basses, étouffer les flûtes? Non ; il faudrait chasser ces petits oisons, et remettre les instruments à des musiciens experts. Ainsi les passions ne sont pas plus ennemies de l'homme que les instruments musicaux: l'homme n'a d'ennemis que les philosophes qui veulent diriger les passions, sans avoir la moindre connaissance du mécanisme que leur assigne la nature. Quand il sera éprouvé, on reconnaîtra que les caractères les plus ridiculisés, comme celui d'Harpagon, y sont éminemment utiles.