CHAPITRE XUH
Caractères du commerce , EN GENRES.
Quelle est la cause de cette vénération des modernes pour le commerce qui est détesté en secret par toutes les autres classes du corps social ? D'où vient ce stupide engouement pour les marchands que Jésus-Christ battait de verges ? La cause en est qu'ils ont gagné beaucoup d'argent, et qu'une puissance insulaire exerce sur le monde industriel, une tyrannie de monopole mercantile.
Ces extorsions, cette tyrannie, ne proviendraient-elles pas de quelque erreur commise par la politique moderne? Cette science rampante n'a pas osé faire l'analyse du commerce, de ses caractères qu'il faut distinguer en genres et espèces; de sorte que le inonde social ne sait pas ce qu'est le commerce. Quelques flagorneurs de l'agiotage dépeignent les marchands comme une légion de demi-dieux ; chacun reconnaît au contraire qu'ils sont une légion de fourbes; mais à tort ou à raison ils ont envahi l'influence; tous les philosophes sont pour eux, le ministère même et la cour fléchissent devant les vautours mercantiles, tout suit l'impulsion donnée par la science dite économisme, et par suite le corps social tout entier se soumet aux rapines mercantiles , de même que l'oiseau fasciné par le serpent, va se rendre dans la gueule du reptile qui l'a charmé.
Une politique honorable aurait dû mettre au concours les moyens de résistance, et s'enquérir des bévues qui donnent le sceptre du monde industriel à une classe improductive, mensongère et malfaisante.
; On est si neuf sur l'analyse du commerce, que chacun le confond avec les manufactures qu'il s'occupe à entraver et rançonner. Les principaux négociants, nommés marchands de matières premières, ne sont occupés qu'à machiner la spoliation des manufacturiers et des consommateurs, s'informer des raretés qui surviennent sur chaque denrée, pour l'accaparer, l'enchérir, la raréfier, et par suite pressurer le fabricant et le citoyen.
La science dite économiste suppose un profond génie à ces accapareurs et agioteurs qui ne sont que des barbouillons, des joueurs aventureux, des malfaiteurs tolérés. On en a vu en 4826 une preuve des plus frappantes, lorsqu'on pleine paix, après dix
ans de calme, il survint tout-à-coup une stagnation et un engorgement d'autant plus imprévus, que tous les journaux triomphaient des nouvelles chances ouvertes au commerce par l'émancipation des deux Amériques. Quelle était la cause de cette crise qui lut si mal jugée? Elle provenait du jeu compliqué de deux carac tèrescommerciaux :
Le refoulement pléthorique , le contre-coup éCavorlement.
Le refoulement est un effet périodique de l'aveugle cupidité des marchands qui, lorsqu'un débouché leur est ouvert, y envoient d'abord quatre fois plus de denrées que n'en composte la consommation. Les deux Amériques renferment à peine 40 millions d'habitants, en déduisant les sauvages, les nègres et la populace espagnole du pays chaud qui est presque nue, il ne reste pas vingt millions d'individus à vêtir ; si on y porte des étoffes pour cent millions, il y aura engorgement et refoulement. C'est ce qu'ont fait en 1825 nos marchands de culottes et ceux d'Angleterre; ils ont encombré l'Amérique de leurs drogues, à tet point qu'elle en avait pour une consommation de 3 à 4 ans : il en est résulté mé? vente, stagnation, avilissement des étoffes, et banqueroute des vendeurs , effet nécessaire de cette pléthore toujours causée par les imprudences du commerce, qui se fait illusion sur les doses de consommation possible. Comment une cohue de vendeurs jaloux, aveuglés par l'avidité, pourrait-elle juger des bornes à établir en exportation ?
Il suffisait déjà de cette maladresse pour causer tes banqueroutes et le bouleversement des marchés et des fabriques , lorsqu'un autre caractère est intervenu au même instant pour aggraver le mal. Des accapareurs de New-Yorck, Philadelphie, Baltimore, Charleston, etc., avaient prétendu s'emparer de tous les cotons, d'accord avec leurs affidés de Liverpool, Londres, Amsterdam, le Havre et Paris; mais l'Egypte et autres marchés ayant fourni une récolte copieuse, l'accaparement a échoué, la hausse n'a été qu'un feu de paille, les vautours d'Amérique ont été engorgés ainsi que leurs coopérateurs d'Europe ; la mévente causée par la crise de refoulements pléthoriques a dû arrêter les fabriques, et faire sauter les accapareurs de coton qui, ayant compté sur la hausse, ne pouvaient pas même vendre à la baisse. La machination avortée en Amérique a causé par contre-coup mêmes banqueroutes en Europe.
9M SECTION >I. — - AMALTOB Dfi U C*YI|4ftiTION.
'Au réa»mé, oette crise, sur IpqueUe on alitant (}e:W £&#r&, étoH'reffetdes d*u* «cotera cpïnôideftfc;
fîefoulemevj pléthorique fit contre-coup tfavortemeni.
Ise journaux et mw&ges $ui #a parlaient tombaient tous dans la même erreur ; ils rapportaient à une seule .cw»e (#uje)<juefpis très-mal définie), le désordre qui provenait de deux causes opérant combinément. Aucune des deux if'étaii *veué» e*ee froM- ^Mtf parj^^iysjns; ils ne fr'étodWfttqu^WQPçnlerlçs àm* oi^e^^ui *v,aipn^au&é le «aal par dei*x menées contradictoires, l'use ^n , j^sjra#nl tes marchés d'un superflu gigantesque., TjM^j9;#n44{WiU9n|/2^ uaar&hés d'un aj^oyisionnement nécçssw^e ;«$tyyM>HM4fé profiAsipn folle, et de l'ftirtrp sou$.tr$ctfû£ ve^rtok^.i #w#s #n tous genres, # pQnfusjon ej&n^afemp, voilà le . GQtsmFty «ft*ote des #>js.
Soyveut on trouve 3 et 4 c#ractèr$s Muent combinèrent d*u# î#ie n^p^iftâtion mprc^nUle ; comment ppvftoir A la cuce^Ju m^j, quand.aos^epoomistes, loin de vouloir analyse* petteçprçpïipafiQn de*ea#wrts, stétudient à tes déguiser, tester de sagesse ?
Je Nie«*& 4àfi»jr .deux caractères du,ppinrçerc£.aj^ch}pg npwroé libre mwrrjnfifii m rféttgront d'éyènem#nte r&pnj$ cpr y $&% pn p^}e^uft^,4çmQniref fp^r flpliça&m # 4<£
CQffibien d'*utr^ psfACjè^ dans une stricte analyse du système commercial actuejl J'pA A* «W fàte <M2, dont 36 éngn.c£s m tw$ (H, 3MQ. .
Çbaçuj^de W^wra^è^emjilQi^ajt, mimepn 4éfin^t|pij^r cjflÇ^» w^*^«h«ptop (toWi 7» cb^pitr^), jRpur <lMnpr dq*
«HPPta»-vmfc-(H tirés.ffa ^fe np^ir^,,pftmm^ p^urgui vien*
UB wU)e, nffftû* peir^tpré» Jeté fpe TftÇW^, te fcanper fO^ fWFKMfllt employer chacun upe dûftinp 4Q Pi^P1^» &* W'flP défait te§ e»fces *t*#p4tégf
JSI fi<HW:WJP conw^er^ nfet gu'u^hr^niih^4^.fll^épawm^ <&i|isé :^WT#tt>^^^ua^jâu^i,n^ WffifAi^iJW§ 9 IV ^^4^ÇJWtè^<^»m^^ 4^Mto
<te.P*#*PÇi tekflMçfes feu/teries f)e PÈtfpfriniJlter, &PtBfWo* WWteit ^'oft.dWrtt <fc§ .^toH^^M'CÇ^t^np^^^ aurait bien |
ge plus énorme que l'Encyclopédie, tant le ï^feç^W^fl^nf 4»,
« raffiné et multiplié les fourberies. Je ne propose ici que le tableau des caractères, que l'analyse des ressorts prin* cipaafc ; Ressaie d'en citer seulement une douzaine des plus saillants, pour signaler la perfidie de la science qui garde le silence, et sanctionne un régime d'où naissent de telles infamies.
Àgtofôge. Safeteftécrettsâfit.
Accaparement, Disettes factices,
^Banqueroute. Lésion sanitaire,
tourte. Estimation arbitraire.
Parasitisme. Fausseté légalisée.
InsoUdarité. Monnaie individuelle.
Sur ces douze, quelques-uns peuvent paraître peu intelligibles jusqu'à l'explication ; mais il en est au moins six qui seront trèsbien compris, et dont chacun pourra dire : comment se fait-il que la science dite égonowshe, qui traite du commerce, n'ait pas donné des ehtirpitn» d'analyse sur ces caractère*, et sur tant d'autres?
loi, comme au cbap. 13, remarquons les caractères engrenés qpi mriseettt rtœ de l'autre ; tels sont :
La distraction de capitaux, f abondant tfépmèftx.
On voit les capitaux affluer chez la classe improductive : le banquiers et marchands se plaignent fréquemment de ne savoir que faire de leurs fonds ; il en ont à 3 %, quand le cultivateur ne peut pas en avoir à 6 %; il est réduit à traiter avec des gens «Maines qui, prêtant à 5 % nominalement, perçoivent réellement 46 et 47 °/»par les chargea accessoires et indireotefl. tout l'argent est concentré dans le commerce, vampire qui pompe le sang du corps industriel, et réduit la classe productive à -se livrer à l'usurier. Par suite les années d'abondance deviennent un fléau pour l'agriculture ; une diaUte emmenée â obérer le laboureur* (Corinne en Ta vu en 4846; l'abondance de 4SI 7 vient consommer sa ruine, en le forçant à vendre les grains subitement,, et au-dessous de la valeur réelle, pour satisfaire ses créanciers. Ainsi le mécanisme qui distrait iousles capitaux pour les concentrer dans le commerce, réduit par contre-coup l'agriculture à gémir de t^ûéttc^âedejv^daat allé n'a-ai vante , ni consommation, parce que la consommation étant inverse (33) , la dusse qui produit ae participe pa& à eatte-ooneoBimatioa- lÀussi tea proprtétoiras *t cultivateur» 4on*»ilg réduits à désiaer les âéawt,,gttèieà»èt.geèée6;«n a vu eroiftâS Fépouvaitta dans loua les
pays vignobles, en juin où ils craignaient une bonne récolte, et une abondance dépressive.
Ne suffirait-il pas de ces monstruosités politiques, pour prouver que le système actuel du commerce est un monde a rebours, comme tout le mécanisme civilisé ? Mais tant qu'on ne voudra pas analyser les caractères, comment parviendra-t-on -à se diriger dans ce labyrinthe ? Nous avons à profusion des faiseurs de systèmes commerciaux, dontle talentest d'encenser tous les vices de de l'hydre mercantile : on sera fort étonné, quand on verra la franche analyse du système commercial mensonger, d'avoir été si long-temps dupes d'un désordre que l'instinct nous dénonce en secret, car le commerce est haï de toutes les autres classes.
Il suffirait de l'extrême fausseté où il est parvenu, pour dessiller les yeux; la fourberie, l'altération de toutes les matières est à tel point, qu'on doit désirer le monopole général comme préservatif contre le commerce. Une régie serait bien moins fausse, elle donnerait au moins des denrées naturelles à qui y mettrait le prix, tandis qu'il est impossible aujourd'hui d'obtenir <Ju commerce rien de naturel : on ne trouverait pas dans Paris un pain de sucre qui ne fût mélangé de betterave, pas une tasse de lait pur, pas un verre d'eau-de-vie pure, chez tous les crémiers et cafetiers de Paris. Le désordre, la vexation sont au comble, et le commerce ne pouvait pas tarder long-temps à subir une punition éclatante, qu'auraient amenée la pénurie fiscale et la vindicte publique. Bientôt l'anarchie de fourberie aurait été remplacée par le monopole préservatif ; c'est un pis-aller auquel tendait secrètement Bonaparte, et auquel on eût été forcé d'en venir à défaut d'invention du vrai correctif. Du reste, tous les peuples, fatigués des extorsions commerciales, auraient applaudi avec transport au châtiment des sangsues qu'on appelle marchands, 'dont là chute aurait constitué l'entrée en 4e phase de civilisation, «a féodalité industrielle (386).