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comme les chenilles, il en restera à peine pour la subsistance des oiseaux, et l'on pourra, dans cette hypothèse, réduire le nombre des moineaux, qu'il serait dangereux de trop diminuer aujourd'hui par épargne du blé.
Tous ces calculs sont subordonnés à l'emploi des Séries pass. (II, 19), qui ont la propriété de régulariser toutesles fonctions industrielles , chasse , pêche ou autres , et en limiter l'essor au degré suffisant à l'utilité générale.
Ceux qui auraient spéculé sur l'Association avant d'en connaître le ressort , la Série pass. , n'auraient pas pu raffiner ainsi sur l'équilibre de fonctions et de besoin»; mais & défaut. dent revoir tant d'avantages, on aurait entrevu les principaux , comme ceux de caves et gtoniers* combinés.
De toutes les voies de bénéfice que présente l'Association , il n'en est pas déplus colossale que celle du puissanciel , ou multiple de ressorts qui ne sont pas de même catégorie, comme la manutention , la qualité et la quantité.
Je viens d'analyser une amélioration produisant le quintuple net , sur la seule chance de manutention et raffinage. Si, avec cette chance , on peut en faire intervenir deux autres, qualité et quantité, dont chacune donne seulement le double net, deux pour un, l'on aura le vingtuple net en les multipliant les unes par les autres ;
savoir : Bénéfice. Produit.
de manutention , S p. 1. ) \
de qualité, 2.
Produit, 10.
de quantité , 2.
Démontrons la thèse, en continuant l'application au produit de la vigne , bien plus compromise que le blé par les intempéries et les vices de gestion.
1°. Sur la qualité. Les températures actuelles sont si viciées, si variables, si outrées, quelles fatiguent la végétation au lieu de la seconder. L'été , appelé belle saison , n'offre qu'une succession de tous les excès qui peuvent contrarier le régne végétal, et chaque plante peut à peine, sur trois années, en rencontrer une favorable aux développements de qualité. C'est même trop espérer que de se promettre sur trois années de vin une récolte de garde et de bon aloi : on aura plutôt deux années de détérioration , comme il arriva de 1816 , qui ne donna que des raisins verts, et gâta les ceps à tel point qu'ils ne se rétablirent qu'en 1819. On en vit beaucoup , en 1817 et 1818, dont le bois fatigué ne pouvait pas élever son fruit au degré de maturité, malgré la suffisance de chaleur.
Si , au lieu de ces excès d'intempéries , l'on obtenait des climatures favorables, comme celles indiquées dans la note À sur la culture intégrale composée , l'on pourrait compter sur un produit double en qualité , espérer trois bonnes années sur quatre ; et à n'en supposer que <leu* sur trois, le bénéfice de qualité serait déjà double. En le combinant avec celui de manutention , estimé cinq (26) , on aurait en résultat un produit décuple , comparativement à l'état actuel des récolles.
"2°. Il reste à combiner le bénéfice de quantité avec les deux chances précédentes. Les données sont ici les mêmes que sur la qualité : tout est contrarié par les désordres climatériques. On a vu récemment et depuis l'an 1800 la vallée de Namur à Liège privée pendant sept années consécutives de sa récolte de vins. On a vu presque en même temps les vignes de Maçonnais et Beaujolais criblées pendant six ans , soit par la pyrale (vermisseau), soit par
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les gelées , et ne donnant même dans les bonnes années que des quarts et des huitièmes de récolle, comme 1811, année de la belle comète.
Cette lésion, vraiment énorme sur les quantités qu'elle réduit au tiers , cesserait du moment où la restauration climatérique serait opérée selon les détails donnés note A ( culture intégrale composée ).
A supposer qu'on n'obtînt, année commune, que moitié en sus , le produit serait vingtuple , selon le tableau puissanciel (26), multiple de manutention, qualité et quantité.
La Civilisation contrariée en tous sens par les vices climatériques et le défaut des moyens de gestion , n'ose pas envisager ces calculs d'amélioration sociétaire ; elle frémit lorsqu'on les lui présente : ils sont pour elle ce qu'est la lumière du soleil pour un œil malade. Elle préfère les consolations du Messager Boiteux (almanach populaire), qui , lorsqu'on a été ravagé par les gelées , grêles, inondations et sécheresses , nous dit trés-poétiquement :
Louons Dieu pour sa grande bonté , Dont il nous gratifie cette année.
D'autres se croient plus sensés que le Messager Boiteux, en nous disant: « Aide -toi, le Ciel t'aidera, • Conseil d'EscobarsJ Le Ciel n'aide pas toujours celui qui s'est aidé à force de travail. On a pu en juger par la misère de tant de cultivateurs qui , après s'être bien aidés en 1816, étaient réduits, en 1817, A vendre leurs champs pour acheter du pain.
Le Ciel exige de nous une aide composée et non pas simple. Il veut que nous nous aidions de bras et de génie, et qu'aux efforts de travail nous ajoutions les efforts d'in-
vention pour découvrir notre destinée sociétaire , dont je viens de démontrer les bénéfices en générique et en puissance], et dont nos aides scientifiques esquivent l'étude, en disant : Ça serait trop beau. Restons-en au morcellement industriel, aux 7 fléaux lymbiques (II, 420), pour épargner aux philosophes la peine de découvrir le mécanisme d'Association agricole.
J'ai prouvé qu'elle peut, tout en nous délivrant de X intempérie et du travail morcelé , élever , année commune , la richesse au vingtuple effectif, sur certaines récoltes!
Au lieu de ces calculs sur l'enrichissement réel, sur le vrai libéralisme, qui consiste à augmenter le bien-être des grands et des petits à la fois , on ne s'est exercé que sur des chimères de fausse liberté et de richesse imaginaire des nations, dont les villes jonchées d'indigents démentent si bien lès belles théories d'éeonomisme et de perfectionnement.
Loin que l'ordre actueT tende à l'économie , les fonctions improductives y augmentent journellement , et la masse des agents parasites peut être évaluée aux deux tiers de la population; tout travail étant relativement' improductif, quand il peut être épargné par le régime sociétaire. Je donnerai plus loin un tableau de ces nombreuses classes improductives : résumons sur la richesse réelle ; classons -en les genres en positif, négatifs relatif, dont se formera la richesse effective de l'Association.
1°. La richesse positive se composera du produit obtenu par industrie active. Nous avons en Civilisation une assez grande masse de richesse positive, mais dont on pourrait tirer un effectif double et triple ; tels sont les bois qui s'étouffent sans culture , tandis que chaque tigr
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de taillis, chaque baliveau serait cultivé, en Harmonie, comme nos fleurs de luxe.
Nous avons en certaines branches trop de richesse positive ; on pourrait , selon la quantité de vin recueillie , réduire des deux tiers la masse de futailles , si on n'employait que de grandes cuves et des foudres. Ainsi la richesse effective se composera en divers sens d'une diminution de produit positif. Elle saura tirer d'un bateau de merrein , plus que nous de deux bateaux ; et d'une forêt de mille pieds d'arbres, plus que nous ne tirons de deux mille non cultivés.
2°. La richesse négative se composera des germes non développés, et dont on peut sans travail décupler le produit, comme celui du poisson de rivière; il sera produit négatif dans les eaux fluviales et les lacs ; produit positif dans les bassins artificiels destinés à l'engrais. Une des branches les plus considérables du produit négatif sera celle des travaux évités, comme clôtures, fortifications , attirails de guerre.
3°. La richesse relative sera celle des emplois judicieux sans transformation. Si L'opéra, au lieu de coûter 3 fr.r ne coûte que 3 sous, il y aura un bénéfice relatif du yingtuple. Un grenier pourra être le même qu'aujourd'hui; mais si on sait le garantir de rats et de charançons, d'humidité, fermentation et gelée, quelle augmentation de produit relatif!
Nous n'ayons rien de mieux à faire que de négliger provisoirement toutes ces distinctions de positif, négatif et relatif, sur lesquelles je reviendrai quand il en sera temps. Je n'ai mentionné ces détails que pour prévenir les arguties de gens captieux qui voudront contester sur mes évaluations générales. Ils s'élayeront de ces dis-
tinctions de positif, négatif et autres, pour exiger les détails minutieux dont j'ai démontré l'inconvénient (II , 190). En confondant ainsi les espèces, ils croiront infirmer les estimations du bénéfice que je vais porter au décuple en système général , et au milluple sur divers points, par les combinaisons d'effectif, puissanciel et relatif.
Dans ces aperçus de richesse, je n'ai pas mentionné le principal, qui est la santé de l'homme et de? animaux, le perfectionnement des races et la longévité des individus , principalement de l'homme et du cheval, qui sont les êtres les frius coûteux à élever, et dont pourtant la politique sacrifie des légions comme on sacrifierait des moucherons.
Si l'Association élève tout produit à sa plus haute perfection, celle de l'homme devra atteindre au moins au triple effectif eu force, eh longévité, en intelligence.il faut sur ce point se borner à des annonces, et réserver les preuves pour lé traité, où l'on verra, qu'entre autres bienfaits relatifs à la sauté , l'Association opère en moins de six ans l'extirpation des venins accidentels , psorique , pestilentiel, siphyllilique , et prévient les maladies essentielles , goutte , fièvre , épilepsie , rhumatismes et autres qui naissent du régime vicieux des civilisés, et qui seront presque inconnues en Harmonie, par suite d'une vie active et de plaisirs variés sans excès.
On concevra plus aisément l'amélioration éventuelle des races d'animaux , par exemple du cheval. Quand on le voit prospérer en Arabie, dans quel pays ne prospérera-t-il pas , moyennant les soins convenables? Tel canton qui ne contient aujourd'hui que des Rossinantes, comme les Ardennois, valant à peine 100 francs, les aura remplacées sous 20 ans par des chevaux de 3,000 francs, prix actuel ; et toute Phalange saura, même en terrain aride, se pour-
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voir de bonnes races et de bons pâturages. En conséquence, l'Ardenne, sur la seule amélioration des chevaux, atteindra sous 20 ans à la trentuple valeur du produit positif; et ainsi des moutons, bœufs et autres animaux» dont le perfectionnement produira partout d'énormes bénéfices positifs.
L'Association jouit de la propriété d'apprivoiser plusieurs espèces encore indisciplinées, comme castor et zèbre, [perdrix, etc.]; aussi les laines de castor et de vigogne y seront-elles abondantes, comme aujourd'hui celles de mérinos» Les eastors y construiront en sûreté leur édifice dans des vallons palissades. Les zèbres séduits et non pas domptés, par des méthodes impraticables aujourd'hui, serviront docilement de monture aux escadrons de petite cavalerie (enfants de 10 à 12 ans). Le zèbre et le quagga, deux porteurs magnifiques, supérieurs au eheval en vélocité, égaux à l'âne en vigueur , sont une conquête impossible à la Civilisation : lors même qu'elle connaîtrait le procédé nécessaire à les apprivoiser, elle n'en pourrait pas faire usage, parce qu'elle manque de tout ee qui peut se prêter aux convenances instinctuelles de ces quadrupèdes»
Sans prévoir tous ces brillants résultats, il suffisait bien des accroissements de richesse que promet l'Association, pour stimuler un siècle tout mercantile à en chercher le procédé. Divers modernes ont entrevu ee produit eolossal qu'on en obtiendrait ; mai» au lieu d'en faire l'objet d'un calcul, ils ont reculé d'éblouissement ; chacun s'est écrié : Çâ serait trop beau; tant de perfection n'est pas faite pour les hommes. Ainsi l'Association a été pour nos esprits ce qu'est pour nos yeux l'éclat du soleil que nous ne pouvons pas fixer. Eh ! de ce que le soleil fatigue nos
faibles yeux, s'ensuit-il que cet astre n'existe pas? C'est ainsi qu'ont raisonné ceux qui ont prétendu que l'Association était impossible , parce qu'elle présentait des résultats trop immenses pour leur étroite imagination.
Mais les passions! mais les inégalités! mais les conflits d'intérêt! mais les caractères antipathiques! mais!: mais!!! etc. Objections dignes des sophistes , qui s'exagèrent les difficultés d'un problème, pour se dispenser de le résoudre.
Les passions qu'on croit ennemies de la concorde ne tendent qu'à cette unité dont nous les jugeons si éloignées. Mais hors du mécanisme appelé Séries c exaltées, » riva- Usées, engrenées, elles ne sont que des tigres déchaînés, des énigmes incompréhensibles. C'est ee qui a (ait dire aux Philosophes qu'il faudrait tes réprimer; opinion doublement absurde r en ce qu'on ne peut pas réprimer les passions autrement que par la violence ou la substitution absorbante, substitution qui n'est plus répression. D'autre part, si on les réprimait efficacement, l'ordre civilisé déclinerait avec rapidité et retomberait à l'état nomade, où les passions seraient encore malfaisantes comme parmi nous. Les yertus des bergers son* aussi douteuses que celles de leurs apologistes , et nos faiseurs d'utopies r eu supposant ainsi des yertus chez des peuples imaginaires,, n'aboutissent qu'à prouver l'impossibilité d'introduire la. vertu, eu civilisation^
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