CHAPITRE II
Distinction des bénéfices en génériques et puissanciels.
Pour mieux discerner et apprécier les bénéfices de l'Association, classons-les en divisions générales; en effectifs et relatifs , en positifs et négatifs : je reproduirai souvent ces distinctions; il faut s'étudier à les connaître.
H est entendu que nous supposons la découverte du procédé sociétaire et son efficacité. C'est une hardiesse *qui n'a rien de neuf, car en algèbre on n'opère pas autrement qu'en supposant une solution de toutes les conditions du problème. J'ai marché aux découvertes par la même voie.
Tout autre pouvait me devancer : la plupart de mes analyses de produit sociétaire pouvaient être calculées avant même qu'on ne connût la découverte du procédé ; il suffisait seulement de spéculer sur les travaux d'une grande réunion, opérant en agriculture comme les so~
ciétôs de commerce , où tout le monde veille strictement aux intérêts de la masse dont il est co-intéressé , sans pouvoir la friponner.
Procédons au classement, objet de ce chapitre : distinguons d'abord le bénéfice négatif qui consiste à produire sans rien faire, plus qu'un civilisé qui, en travaillant à force de bras , fait souvent moins que rien ; jugeonsen par les murs de clôture : si le vol n'existait pas , si les troupeaux étaient, comme en Harmonie, si bien gardés et escortés de chiens, qu'il n'y eût besoin que de faibles haies pour la démarcation, ou même d'un c cordeau » gardé par le chien , Ton se passerait de murs de clôture ; on épargnerait les frais de construction et d'entretien de ces barricades. Elles sont donc travail superflu, comparativement à l'ordre sociétaire qui n'en a aucun besoin.
Ainsi, un mur tout neuf et très-coûteux équivaut relativement a rien, quant au produit présent; et il est moins que rien, quant au produit futur, puisqu'il coûtera des frais d'entretien, [et causera des dommages d'ombre et d'entraves diverses.]
La plupart des travaux le» plus vantés en civilisation sont ou rien, ou moins que rien, notamment tous ceux de la guerre et de la fortification , envisagés indépendamment des ravages : les empires n'auront que faire de forteresses, d'arsenaux et d'armes inertes, quand il y aura paix universelle. Cette paix procurera un bénéfice négatif de l'épargne des dommages de guerre , et des constructions que nécessitent la guerre militaire et la guerre domestique ou larcin.
Le bénéfice négatif ou épargne d'un travail improductif par lui-même est facile à distinguer du bénéfice positif, tel que celui d'une extension de culture cjui
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vingtuplerait la masse du fruit, dans le» cas d'accomplissement des quatre conditions indiquées 43.
Le bénéfice négatif étant le moins apprécié dans l'état actuel , ajoutons-en un indice tiré du poisson et du gibier.
4°. Le poisson de rivière? ce comestible est d'autant plus précieux, qu'il n'exige aucun son», et que sa multiplication extrême n'est pas, comme celle du gibier, préjudiciable aux récoltes. Quelle serait l'abondance du poisson dans le cas de concert général sur l'intermittence de la pêche et les doses à laisser dans chaque rivière ! cet accord est une des propriétés de Tordre sociétaire. J'ai oui dire à des experts dignes de foi, qu'on prendrait, année commune , vingt fois plus de poisson dans toutes les petites rivières , si on pouvait se concerter pour ne faire la pèche qu'en temps opportun, en quantité mesurée sur les convenances de reproduction , et si on donnait à la chasse aux loutres le quart du temps qu'on emploie à ruiner la rivière. C'est ainsi qu'opère l'Association, qui ajoute au produit des rivières celui des viviers à courant, servant à conserver et engraisser dans une série de réservoirs les sortes distinctes.
Les naturalistes admirent la munificence de la nature dans la colonne de harengs qu'elle .nous envoie chaque année, grâce à la barrière des glaces polaires qui les garantit de nos poursuites pendant le temps où ils multiplient. Supposons que cette barrière n'existât plus , et que le pôle fut parcouru et péché en tout temps par nos vaisseaux, il est certain que l'avidité et la jalousie des pêcheurs priveraient le nord de cette manne céleste. On tirerait à peine du hareng, le 20e. du produit que nous garantit sa paisible multiplication sous ces glaciers, gages de vingtuple récolle.
L'accord sociétaire nous assurera pareil bénéfice en poisson de rivière , dont nous sommes presque dépourvus comparativement à la masse vingtuple qu'on en pourrait obtenir, soit en rivière, soit en viviers latéraux. L'ensemble de toutes ces richesses négatives , dont je donne un aperçu , fournira en terme moyen un produit décuple effectif dans toutes les branches d'industrie avortées aujourd'hui; comme celle du poisson de rivière dont l'état sociétaire produira une si énorme quantité, en négatif par l'aménagement des eaux, et en positif par l'entretien de viviers latéraux, et la chasse aux loutres, qui détruisent en divers lieux plus de poisson que l'homme n'en consomme.
2°. Le gibier : il est à la fois l'ornement des campagnes, la richesse de l'homme et le destructeur des insectes malfaisants. S'il faut éviter l'excessive pullulalion tfe quelques espèces, il faut prévenir de même leur destruction. Les cultivateurs se plaignent que l'affluence de chasseurs encombre de chenilles toutes les cultures , en détruisant les oiseaux qui mangent les vermisseaux : le chasseur ne tue pas le moineau qui consomme beaucoup de blé, mais il tue tous les oiseaux qui mangent les insectes et font l'ornement des campagnes.
En spéculant sur un ordre de choses où le travail agricole deviendrait plus attrayant que la chasse, qui par suite serait négligée et réduite au nécessaire, on trouvera les résultats suivants :
Bénéfice négatif, ou augmentation du gibier sans aucun soin , les 9/106. en sus.
Bénéfice positif, ou destruction des insectes. Il est inutile de l'évaluer, parce que l'industrie des Harmoniens devant réduire à fort peu de chose les insectes nuisibles, m. 2
comme les chenilles, il en restera à peine pour la su6~ sistance des oiseaux, et Ton pourra» dans cette hypothèse, réduire le nombre des moineaux, qu'il serait dangereux de trop diminuer aujourd'hui par épargne du blé.
Tous ces calculs sont subordonnés â l'emploi des Séries pass. (II, 49), qui ont la propriété de régulariser toutes* les fonctions industrielles, chasse, pêche ou autres, et en limiter l'essor au degré suffisant â l'utilité générale.
Ceux qui auraient spéculé sur l'Association avant d'en connaître le ressort , la Série pass. , Sauraient pas pu raffiner ainsi sur l'équilibre de fonctions et de hefsoins : mais à défaut d'entrevoir tant d'avantages, on aurait entrevu les principaux , comme ceux de caves et grenier» combinés.
De toutes les voies de bénéfice que présente l'Association , il n'en est pas de plus colossale que celle du puissanciel , ou multiple de ressorts qui ne sont pas de même catégorie, comme la manutention , la qualité et la quantité.
Je viens d'analyser une amélioration produisant le quintuple net, sur la seule chance de manutention et raffinage. Si, avec cette chance, on peut en faire intervenir deux autres, qualité et quantité, dont chacune donne seulement le double net, deux pour un, Ton aura le vingtuple net en les multipliant les unes par les autres; savoir : Bénéfice. Produit .
de manutention , 5 p. 1. de qualité, 2.
Produit, 10.
de quantité , 2.
Démontrons la thèse, en continuant l'application au produit de la vigne, bien plus compromise que le blé par les intempéries et les vices de gestion.
1°. Sur la qualité. Les températures actuelles sont si viciées, si variables, si outrées, quelles fatiguent la végétation au lieu de la seconder. L'été , appelé belle saison, n'offre qu'une succession de tous les excès qui peuvent contrarier le régne végétal, et chaque plante peut à peine, sur trois années, en rencontrer une favorable aux développements de qualité. C'est même trop espérer que de se promettre sur trois années de vin une récoite de garde et de bon aloi : on aura plutôt deux années de détérioration, comme il arriva de 1816, qui ne donna que des raisins verts, et gâta les ceps à tel point qu'ils ne se rétablirent qu'en 1819. On en vit beaucoup, en 1817 et 1818, dont le bois fatigué ne pouvait pas élever son fruit au degré de maturité, malgré la suffisance de chaleur.
Si, au lieu de ces excès d'intempéries, l'on obtenait des climatures favorables, comme celles indiquées dans la note A sur la culture intégrale composée, l'on pourrait compter sur un produit double en qualité, espérer trois bonnes années sur quatre; et à n'en supposer que deux sur trois, le bénéfice de qualité serait déjà double. En le combinant avec celui de manutention , estimé cinq (26), on aurait en résultat un produit décuple, comparativement à l'état actuel des récoltes.
2°. Il reste à combiner le bénéfice de quantité avec les deux chances précédentes. Les données sont ici les mêmes que sur la qualité : tout est contrarié par les désordres climatériques. On a vu récemment et depuis l'an 1800 la vallée de Namur à Liège privée pendant sept année* consécutives de sa récolte de vins. On a vu presque en même temps les vignes de Maçonnais et Beaujolais criblées pendant six ans , soit par la pyrale (vermisseau), soit par
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les gelées , et ne donnant même dans les bonnes années que des quarts et des huitièmes de récolte» comme i81 1 , année de la belle comète.
Cette lésion, vraiment énorme sur les quantités qu'elle réduit au tiers , cesserait du moment où la restauration climatérique serait opérée selon les détails donnés note A (culture intégrale composée).
À supposer qu'on n'obtint, année commune, que moitié en sus , le produit serait vingtuple , selon le tableau puissanciel (26), multiple de manutention, qualité et quantité.
La Civilisation contrariée en tous sens par les vices climatériques et le défaut des moyens de gestion , n'ose pas envisager ces calculs d'amélioration sociétaire ; elle frémit lorsqu'on les lui présente : ils sont pour elle ce* qu'est la lumière du soleil pour un œil malade. Elle préfère les consolations du Messager Boiteux (almanach populaire), qui , lorsqu'on a été ravagé par les gelées , grêles, inondations et sécheresses , nous dit très-poétiquement :
Louons Dieu pour sa grande bonté , Dont il nous gratifie cette année.
D'autres se croient plus sensés que le Messager BoU teux, en nous disant: c Aide -toi, le Ciel t'aidera. » Conseil d'Eseobars! Le Ciel n'aide pas toujours celui qui s'est aidé à force de travail. On a pu en juger par la misère de tant de cultivateurs qui, après s'être bien aidés en 1816, étaient réduits, en 1817, à vendre leurs champs pour acheter du pain.
Le Ciel exige de nous une aide composée $t non pas simple. Il veut que nous nous aidions de bras et de génie, et qu'aux efforts de travail nous ajoutions les efforts d'in*
vention pour découvrir notre destinée sociétaire, dont je viens de démontrer les bénéfices en générique et en puissanciei , et dont nos aides scientifiques esquivent l'étude, en disant : Ça serait trop beau. Restons-en au morcellement industriel y aux 7 fléaux lymUques (II, 120), pour épargner aux philosophes la peine de découvrir le mécanisme d'Association agricole.
J'ai prouvé qu elle peut, tout en nous délivrant de Y intempérie el du travail morcelé , élever, année commune, la richesse au vingtuple effectif r sur certaines récoltes.
Au lieu de ces calculs sur l'enrichissement réel , sur le vrai libéralisme, qui consiste à augmenter le bien-être des grands et des petits à la fois , on ne s'est exercé que sur des chimères de fausse liberté et de richesse imaginaire des nations, dont les villes jonchées d'indigents démentent si bien les belles théories d'économisme et de perfectionnement.
Loin que l'ordre actuel tende â l'économie, les fonctions improductives y augmentent journellement , et la masse des agents parasites peut être évaluée aux deux tiers de la population; tout travail étant relativement improductif , quand il peut être épargné par le régime sociétaire. Je donnerai plus loin un tableau de ces nombreuses classes improductives résumons sur la richesse réelle ; classons -en les genres en positif ', négatif el relatif, dont se formera fa richesse effective de l'Association.
1°. La richesse positive se composera du produit obtenu par industrie active. Nous avons en Civilisationune assez grande masse de richesse positive , mais dont on pourrait tirer un effectif double et triple ; tels sont les bois qui s'étouffent sans culture , tandis que chaque tigtf
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de taillis , chaque baliveau serait cultivé , en Harmonie , comme nos fleurs de luxe.
Nous avons en certaines» branches trop de richesse positive; on pourrait, selon la quantité de vin recueillie, réduire des deux tiers la masse de futailles r si on n'employait que de grandes cuves et des foudres. Ainsi la richesse effective se composera en divers sens d'une diminution de produit positif. Elle saura tirer d'un bateau de merrein , plus que nous de deux bateaux ; et d'une forêt de mille pieds d'arbres, plus que nous ne tirons de deux mille bob cultivés»
2°. La richesse négative se composera des germes non développés, et dont on peut sans travail décupler. le produit, comme celui du poisson de rivière; il sera produit négatif dans les eaux fluviales et les lacs; produit positif d&m tes bassins artificiels destinés à l'engrais. Une des branches les plus considérables du produit négatif sera celle des travaux évités > comme clôtures» fortifications , attirails de guerre.
3°. La richesse relative sera celle des emplois judicieux sans transformation. Si l'opéra, au lieu de coûter 3 fr., ne coûte que 3 sous, il y aura un bénéfice relatif dut vingtuple. Un grenier pourra être le même qu'aujourd'hui; mais si on sait le garantir de rats et de charançons, d'humidité», fermentation et gelée , quelle augmentation de produit relatif!
Nous n'avons rien de mieux à faire que de négliger provisoirement toutes ces distinctions de positif, négatif et relatif, sur lesquelles je reviendrai quand il en sera temps. Je n'ai mentionné ces détails que pour prévenir les arguties de gens captieux qui voudront contester sur mes évaluations générales. Ils s'étayeront de ces dis-
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Imctions de positif, négatif et autres, pour exiger les détails minutieux dont j'ai démontré l'inconvénient (Il » 190). En confondant ainsi les espèces, ils croiront infirmer les estimations du bénéfice que je vais porter au décuple on système général , et au milluple sur divers points, par les combinaisons d'effectif -, puissanciçl et relatif.
Dans ces aperçus de richesse, je n'ai pas mentionné le principal, qui est la santé de l'homme et des animaux, le perfectionnement des races et la longévité des individus > principalement de l'homme et du cheval, qui sont les êtres les plus coûteux à élever, et dont pourtant la politique sacrifie des légions comme on sacrifierait des moucherons.
Si l'Association élève tout produit à sa plus haute perfection, celle de l'homme devra atteindre au moins au triple effectif en force, en longévité, en intelligence. II faut sur ce point se borner à des annonces, et réserver les preuves pour le traité , où l'on verra, qu'entre autres bienfaits relatifs à la santé , l'Association opère en moins de six ans l'extirpation des venins accidentels , psorique , pestilentiel, siphyllitique , et prévient les maladies essentielles, goutte, fièvre, épilepsie , rhumatismes et autres qui naissent du régime vicieux des civilisés, et qui seront presque inconnues en Harmonie, par suite d'une vie active et de plaisirs variés sans excès.
On concevra plus aisément l'amélioration éventuelle des races d'animaux , par exemple du cheval» Quand on le voit prospérer en Arabie, dans quel pays ne prospèrera-t-il pas , moyennant les soins convenables? Tel canton qui ne contient aujourd'hui que des Rossinantes, comme les Ardennois, valant à peine 100 francs, les aura remplacées sous 20 ans par des chevaux de 3,000 francs, prix actuel ; et toute Phalange saura, même en terrain aride, se pour-
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voir de bonnes races et de bons pâturages. En consé-' quence, FArdenne, sur la seule amélioration des chevaux, atteindra sous 20 ans à la trentuple valeur du produit positif; et ainsi des moutons, bœufs et autres animaux, dont le perfectionnement produira partout d'énormes bénéfices positifs.
L'Association jouit de la propriété d'apprivoiser plusieurs espèces encore indisciplinées , comme castor et zèbre , [ perdrix , etc. ] ; aussi les laines de castor et de vigogne y seront-elles abondantes, comme aujourd'hui celtes de mérinos. Les castors y construiront en sûreté leur édifice dans des vallons palissades. Les zèbres séduits et non pas domptés, par des méthodes impraticables ^aujourd'hui, serviront docilement de monture aux escadrons de petite cavalerie (enfants de 40 à 42 ans). Le zèbre et le quagga, deux porteurs magnifiques, supérieurs au cheval en vélocité, égaux à l'âne en vigueur, sont une conquête impossible à la Civilisation : lors même qu'elle connaîtrait le procédé nécessaire â les apprivoiser, elle «en pourrait pas faire usage, parce qu'elle manque de tout ce qui peut se prêter aux convenances instinctuelles de ces quadrupèdes.
Sans prévoir tous ces brillants résultats, il suffisait bien des accroissements de richesse que promet l'Association, pour stimuler un siècle tout mercantile à en chercher le procédé. Divers modernes ont entrevu ce produit colossal qu'on en obtiendrait ; mais au lieu d'en faire l'objet d'un calcul, ils ont reculé d*éMoutssemenl ; chacun s'est écrié : Ça serait trop beau; tant de perfection n'est pas faite pour les hommes. Ainsi l'Association a été pour nos esprits ce qu'est pour nos yeux l'éclat du soleil que nous ne pouvons pas fixer. Eh ! de ce que le soleil fatigue nos
faibles yeux, s'ensuit-il que cet astre n'existe pas? C'est ainsi qu'ont raisonné ceux qui ont prétendu que l'Association était impossible , parce qu'elle présentait des résultais trop immenses pour leur étroite imagination.
Mais les passions t mais les inégalités! mais les conflits d'intérêt! mais les caractères antipathiques! maist mais!!! etc. Objections dignes des sophistes, qui s'exagèrent les difficultés d'un problème, pour se dispenser de le résoudre.
Les passions qu'on croit ennemies de Ta concorde ne tendent qu'à cette unité dont nous les jugeons si éloignées. Mais hors du mécanisme appelé Séries c exaltées, * riva- Usées, engrenées, elles ne sont que des tigres déchaînés, des énigmes incompréhensibles. C'est ce qui a (ait dire aux Philosophes qu'il faudrait lèa réprimer; opinion doublement absurde, en ce qu'on ne peut pas réprimer les passions autrement que par la violence ou la substitution absorbante, substitution qui n'est plus répression. D'autre part, si on les réprimait efficacement, l'ordre civilisé déclinerait avec rapidité et retomberait à l'état nomade , où les passions seraient encore malfaisantes comme parmi nous. Les vertus des bergers sont aussi douteuses que celles de leurs apologistes, et nos faiseurs d'utopies , en supposant ainsi des vertus chez des peuples imaginaires, n'aboutissent qu'à prouver l'impossibilité d'introduire I* vertu en civilisation.
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