DISGRACES DES INDUSTRIEUX
Nota. Cette échelle n'est qu'un aperçu très-incomplet; je le livre à dé plus exercés; ils pourront aisément doubler la série des malheurs du pauvre , après quoi on la classera plus méthodiquement.
Mal pressant. 1. Charges d'impôts : poursuites des agents fiscaux qui viennent lui arracher les deniers amassés avec tant de peine pour le soutien de sa malheureuse famille.
2. Nécessité d'exposer, dans des travaux outrés, insalubres, sa santé d'où dépend la subsistance de ses enfants et la sienne.
Mal direct. 3. Contre-coup de misère, souffrance communiquée , ou faculté de ressentir les maux de sa famille, dont les privations ajoutent aux siennes.
4. Nouveaux malheurs qui viennent redoubler sa peine, quand il croyait avoir épuisé les rigueurs de la fortune.
5. Flétrissure injuste; opprobre et diffamation qui s'attachent à l'homme pauvre, en raison de son dénûment, et l'exposent d'autant plus au mépris qu'il est plus pressé de besoin.
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Mal indirect. 6. Aspect des favoris de la fortune, que le hasard» l'intrigue ou le crime élèvent chaque jour au bien-être, comme pour désespérer l'honnête industrieux que la probité engouffre de plus en plus dans l'indigence.
7. Déchéance relative par la progression du luxe, qui, créant chaque jour aux riches de nouveaux moyens de jouissance, accroît en même rapport les souffrances de la multitude privée du nécessaire , et stimulée par l'étalage de cet accroissement de luxe que ne voit pas le sauvage.
8. Frustration des voies de salut que la loi lui accorde, comme réclamations juridiques et autres , qu'il ne peut tenter, par défaut de fortune, par impossibilité d'avances.
Mal accessoire. 9. Piège social, ou danger d'être à chaque pas trompé par ses concitoyens, de ne rencontrer dans le monde social qu'un essaim de fripons ou d'ennemis déguisés.
10. Pauvreté anticipée au présent, ou crainte de manquer du travail , dont l'exercice est libre au sauvage et à l'animal.
11. Dérision scientifique, ou secours illusoire des charlatans littéraires qui, en promettant au peuple un adoucissement de maux, l'accablent de nouvelles calamités.
12. Trébuchet moral , ou persécution que lui attire l'exercice de la vertu qui, portant ombrage à des rivaux pervers , les excite à la calomnie , toujours accueillie en civilisation.
PIVOTS. Y Répugnance industrielle et privation de la prérogative des animaux, castors, abeilles, etc., qui, éprouvant attraction pour le travail, trouvent leur bonheur dans celte industrie qui fait le supplice du civilisé.
A Trahison de la nature, ou martyre d'attraction; aiguillon de nombreux désirs que le èiyilisé ne peut satisfaire, et qui le conduisent à sa perte, tandis que la nature ne donne À l'animal que les passions propres à le diriger, et lui donne en même temps plein droit de les satisfaire.
Transitions. 3 Retour fâcheux sur le passé, souvenir de nombreuses misères déjà endurées et encore à craindre.
K Souffrance anticipée au futur, ou faculté d'entrevoir pour sa vieillesse, dans un avenir lointain, un accroissement de misères sans aucun moyen d'y échapper.
Tel est le sort de ce peuple à qui les sophistes vantent ses progrès croissants vers la perfectibilité [de la civilisation, ] tandis que sa condition est au-dessous de celle des bêtes féroces, du lion bien vêtu, bien armé, et prenant sa subsistance où il la trouve; plus heureux cent fois que le peuple civilisé qui est traîné au gibet , s'il réclame quelqu'un des droits naturels (II, 164), et le droit primordial de société, qui est le minimum.
Objectera-t-on que le peuple est abruti et n'a pas l'esprit de sentir Tènormité de ses maux : en ce cas que signiGe la prétention de nos sages à répandre partout les lumières, nous donner des sens délicats, des esprits radines sur les perceptions de sensations? L'on serait tenté ici de louer les obscurants qui veulent abrutir les peuples : tout étant cercle vicieux en civilisation, il est douteux si les obscurants n'ont pas raison dans plus d'une circonstance (1). (Voyez aussi note D, Pivot inverse.)
(1) Les lumières ne peuvent être utiles au peuple que par combinaison avec le minimum, et garantie de ce droit primordial. Quant a présent, il serait bien fâcheux que le peuple fût en état de raisonner et mesurer l'abîme de maux oh il est plongé. On ne III. 9
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Après ces définitions , chaque lecteur peut juger des degrés de bonheur et de malheur ; il suffira , pour débrouiller toute controverse à cet égard , de classer le nombre de plaisirs que présente une séance : en réunitelle
2, Elle est composée.
3, Elle est sur-composée.
4, Elle est bi-composée.
5, 6, 7, Elle 'devient parcours ultra-composé. Elle est parcours omni-composê ou pivotai X , quand 7 jouissances étayées d'une pivotale et réunies dans une séance font voltiger l'âme et les sens de plaisir en plaisir.
Cette division est une pierre de touche pour les analystes et les sybarites; ils pourront juger à quel degré de bonheur ils parviennent dans chaque séance de leur journée , et combien il est de lacunes de bonheur dans le cours de leur vie.
Là finissent les 278 opinions sur le vrai bonheur. Il n'en restera qu'une seule, quand on saura analyser régulièrement les degrés de jouissance. Le bonheur est plein quand on parvient à une variété de plaisirs contrastés et gra-
trouve que trop de gens aptes à faire l'analyse de leurs maux : si le peuple s'élevait à cette dignité, à cette raison, à cette perspicacité idéologique, à cette fierté d'homme libre, que les philosophes lui veulent inoculer , il aurait constamment à souffrir les 12 maux que je viens de citer et qui pèsent communément sur le pauvre. Tout individu de la classe ouvrière a toujours 2,3, 4 et 5 de ces misères en fardeau habituel , en souffrance composée et bi-composée, en parcours de privations ; ce qui confirme le principe émis plus haut ( 185 ), que si l'homme eivilisé n'atteint pas au bonheur bi-composé , il tombe en malheur bi- composé, la destinée du monde social ne pouvant être simple. Abyssus abys- $nm invocat.
dues, avec variantes d'heure en heure, de jour en jour, de semaine en semaine, de mois en mois, de saison en saison , d'année en année , de lustre en lustre et d'âge en âge, selon les lois de la papillonne ou 11e. passion, et des deux autres distributivcs dont l'essor exige cette variété. Pour table de comparaison, l'homme heureux doit goûter chaque jour, au moins , l'assortiment suivant de plaisirs, qui est le minipium du pauvre en Harmonie.
Journée de FHarmonien pauvre* Degrés.
Y 1. Parcours eu [matinée], mode majeur fou ambition]. . 8.