‹ Œuvres complètes de Ch. Fourier (volume 4)Chapitre 41 sur 86 · III. ENTR1VE3 COSUOGONIQUBS DB NOTBB QNIVKRS · texte numérisé non relu

III. ENTR1VE3 COSUOGONIQUBS DB NOTBB QNIVKRS

C'est sans doute l'annonce la plus surprenante que celle des nouvelles créations qui pourront commencer prochainement à

époque fixe, dès <iu'il plaira à l'homme d'en donner le signal. !N'est~ce pas attribuer à l'homme plus de pouvoir que les préjuges n'en attribuent a Dieu mente? car ils supposent que l'être qui a feit ies créations actuelles n'on saura pas faire d'autres et de moins désastreuses.

On s'est étrangement trompé sur le rang assigné à l'homme, quand on l'a traité èe chétive créature , ver de terre , etc. : c'est au contraire un être de grand poids dans la balance des destinées universelles; et l'on. va reconnaître qu'une erreur scientifique de notre globe, un retard d'intervention, -peut compromettre l'univers entier, la masse des planètes et soleils de la voûte céleste , qui depuis plusieurs mille ans essuient ce dommage de la part de notre planète.

Pour expliquer ce problème, observons que le tourbillon dcaios planètes est central dans l'univers ; il est donc tourbillon foyer ou pivotai pour tous ceux de voûte : il est en mécanique aromale ce qu'est le général dans une armée ; de sorte que si notre tourbillon est en retard, toute la vente céleste se trouve en retard d'opérations. ( L'on verra plus loin que cet univers n'est parvenu qu'à la distribution de 5*. degré , et ne peut pas, depuis 5000 ans , s'élever au 4\, bien que lout soit prêt pour cette transition. )

Le soleil , quoique fort actif en fonctions lumineuses, est entravé en fonctions aromales par défaut de versements deuotre globe, qui ne peut fournir que des arômes de faux titre , tant qu'il n'est pas organisé en Harmonie. Le soleil réduit aux versements de Saturne , Jupiter et Uerscbel, et obligé de refuser ceux de la terre qui sont méphitiques , se trouve dans l'état d'un char privé d'une de ses quatre roues ; il manque de son quadrille d'arômes cardinaux , levier sans lequel un soleil ne peut pas fonctionner en haute mécanique sidérale : il en résulte pour l'univers nne foule de lésions en interne et externe»

Lésion interne bornée au tooiibillon. La première est l'impossibilité de fixer àes comètes ; retard bien préjudiciable aux planètes , car bon nombre de nos comètes sont très- mûres et aptes à entrer en plan. Le tourbillon en a besoin ; s'il «st vrai qu*Herscbel n'ait que six satellites , il est bien urgent de lui en procurer deux autres , pour élever son clavier au complet. Elles sont assez

abondantes; il n'est pas (Tannée où on n'en voie passer : mais le soleil se trouve dans l'embarras d'un chasseur sans poudre , qui verrait passer force lièvres et perdrix sans pouvoir abattre la moindre pièce. Tant que le quadrille d'arômes cardinaux est faussé, le soleil est hors d'état d'opérer sur les comètes.

Cependant j'ai dit qu'il en a fixé une depuis le déluge ; la petite lune Vesta ou Phœbina , récemment implanée pour occuper la place de Phœbé qui sera déplanée dès que notre globe aura passé à l'Harmonie. Il peut en avoir fixé d'autres encore ; et peut-être les deux premiers satellites de Saturne , récemment découverts , n'étaient-ils pas en plan il y a 2000 ans. Mais , ce qu'il y a de certain , c'est que notre soleil a usé le peu d'arôme tetra- cardinal qui lui restait.

D où vient que notre planète n'en fournit plus ? Ce n'est pas effet d'impuissance ni de vieillesse , car elle est fort jeune et infrapubère. C'est une suspension d'exercice aromal, causée par la chute de l'astre en subversion ascendante v ou il tomba environ 50 ans avant le déluge. Cette crise est inévitable sur tous les globes , excepté le soleil ; ils en souffrent tous du plus au moins , comme les enfants souffrent de la dentition.

La terre en a si prodigieusement souffert qu'une fièvre putride , résultant de cet incident, s'est communiquée au satellite Phœbé qui en est mort. Notre planète n'est pas moins un petit astre des plus vigoureux. On ne confierait pas à un astre faible et douteux le poste important de cardinale miniature d'un foyer d'univers.

Tel est le rôle de la terre pourvue des facultés nécessaires. Pendant trois siècles antérieurs au déluge ( Eden , II, 55), elle versa en bon titre , et le soleil put s'approvisionner d'une petite masse d'arôme tetra-cardinal dont il a fait usage pour fixer et implaner Vesta. Mais la provision était déjà épuisée au temps de César, ou le soleil fut affecté d'une forte maladie dont il a ressenti en 1785 une nouvelle atteinte. Il est faux qu'il ait été malade en 18i6r comme on l'en soupçonna : c'était la terre seule qui était affectée, et qui l'est de plus en plus , ainsi qu'il appert par la dégradation climatérique et les dérangements des saisons. Le soleil périclite de même; car tout astre pivotai est en souffrance dès qu'il. est faussé en arôme tetra-cardinal.

Une autre lésion interne est celle qui frappe sur notre globe exclus de commerce aromal , hors d'état de se conjuguer ses cinq lunes vivantes , et réduit à un astre mort , a la lune Phœbè, pour son service d'absorption et résorption aromate.

Une planète , quoique morte et inhabitable , lait encore un service matériel de momie , d'aimant aromal ; mais en tenant le poste trop longtemps , elle se putréfie et nuit \ celle sur qui elle est conjuguée. Tel est l'effet que Pbœbé produit sur notre globle frappé de double disgrâce , vicié par la corruption de son arôme typique, et de celui de Pbœbé dont il est obligé pourtant de faire usage; une cardinale ne pouvant pas exister sans avoir au moins un satellite absorbant et résorbant pour élaborer les effusions de pôles nord et sud.

Les cardinales n'ont jamais qu'un satellite avant d'être parvenues à l'Harmonie composé; jusque-là, leurs autres lunes se tiennent en orbite simple , comme Junon , Gérés, Pallas, Phœbina et Mercure : ils ne viendront pas se conjuguer tant que notre globe ne sera pas pourvu d'arôme de bon titre qui peut seul les attirer. Mais dès que nous serons parvenus à l'Harmonie , notre globe régénéré d'arôme reproduira son auréole lumineux ou couronne boréale , qu'il portait avant le déluge , et qui est attribut de cardinale hypo-majeure ( l'hyper-majeure porte la couronne en équateur ) ; aussitôt nos cinq satellites desorbiteront de leurs entreciels, se mettront en marche et viendront se conjuguer sur nous, à peu près aux distances qui suivent :

Phœbina , environ 20000 lieues,

Junon 40000 »

Cérès 60000 »

Pallas 80000 »

Mercure 200000 »

Alors s'effectuera la fusion des glaces polaires arctiques et antarctiques simultanément (*).

(*) Simultanément 1 1 ! A cela on répond : en supposant que le pôlenord doive recevoir cette couronne qui fondrait les glaces, comment pourrait-elle influer sur celles du- pôle-sud? L'objection parait plausible ; mais je demanderai aux opposants , comment il se fait que les

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Gcst surtout en télescope que la nouvelle création nous servira merveilleuicment , car elle doit commencer en dominance de règne minéral , qui nous donnera les pâtes de verres harmoniques, aussi supérieurs aux nôtres que les nôtres le sont à la vue simple; c'est-à-dire que si le télescope de l'astronome Herschel grossit 40,000 fois, nous obtiendrons des nouveaux verres un grossissement 40,000 fois supérieur à celui que donne le télescope d'Herschel , selon la proportion , 1 : 40,000 :: 40,000 : 1,600,000,000, et peut-être bien davantage; car en thèse d'unité sidérale, il faut que la qualité des pâtes et des verres soit de nature a établir la correspondance sidérale télégraphique entre planètes.

J'ai dit ailleurs que ces verres seront composés de deux nou-

extrémités soient partout en correspondance» et que tel exercice , comme k patin, qui devrait n'échauffer que les pieds, seuls agissants, échauffe en même temps les mains» à tel point qu'au bout de dix minutes on ressent une démangeaison brûlante au bout des doigts tant de mains que de pieds, quoique les mains soient restées très-oisives et qne les pieds seuls aient forcé de travail.

Le contact des «extrêmes est une des lois les plus connues : ici eUe devient palpable par la correspondance de la colonne magnétique, rentrant an pôle-nord pour ressortir au pôle-sud; c'est cette colonne, ce sang du globe, qui communiquera au pôle -sud la température qu'aura obtenue le pôle-nord, où l'on verra, comme avant le déluge, les orangers en plein champ aux rivages maritimes de Sibérie , et les éléphants habiter la nouvelle Zemble et les terres polaires.

Leurs ossements amoncelés dans ces régions témoignent qu'ils y habitaient avant le cataclysme causé par la mort de Phœbé, à l'époque où ce pôle était revêtu de son anneau. Le facile rétablissement nous en est garanti par la fréquence des aurores boréales, ou pollutions du fluide séminal qui devra former la matière de l'anneau, comme il forme la barbe dans le corps de l'homme.

Alors commenceront les nouvelles créations, et le soleil recevant de notre globe un versement de bon titre pourra reformer son quadrille d'arômes cardinaux et opérer sur les comètes, dont 102 doivent entrer en ligne, non compris le nécessaire de notre complet actuel, entre antres les deux touches qui manquent, dit-on, au clavier d'Herschel. ( Lacune douteuse ; car s'il existe à ee clavier deux lunes aussi petites que Phœbina, nos télescopes ne les découvriront pas.)

veaux minéraux , diamant fusible et mercure fise à la chaleur de 5î°., par opposition au mercure actuel qui n'est fixe qu'au froid de 33*.

Dès que nous serons pourvus de «es précieux minéraux, on entrera en correspondance télégraphique; et Mercure, notre plus précieux satellite, nous apprendra A LIRE. Il nous transmettra l'alphabet , les déclinaisons, enfin toute la grammaire de la langue harmonique unitaire, parlée dans le seleil et les planètes harmonisées, et dans tous les soleils et tourbillons de la toute céleste.

Nous ne pourrions pas espérer pareille notion des quatre petits satellites, qui sont étoiles simples , non pivotantes et de bas degré comme les quatre de Jupiter. Il est probable que Vesta est encore en lymbe sociale , et n'en saura pas plus que nous en langage unitaire. Ses habitants , Lilliputiens ûe taille, le sont peut-être aussi de génie social, comme nous qui sommes Lilliputiens de génie , sinon de taille.

Quant a Junon , Gérés et Pallas , on peut présumer que ces trois astres sont déjà parvenus à l'Harmonie; je l'augure dé ce que leurs orbites sont engrenées. Au reste , ils ne se seront élèves qu'à l'Harmonie divergente (période S\ table, p. 25) ; aucun satellite simple ne s'élevantà la composée convergente , période 9*.

Il n'en est pas ainsi de Mercure qui est , quoique satellite , une étoile pivotante et d'ordre composé, assimilée aux cardinales et ambiguës, a titre de Tune favorite et rectrice aromaledu tourbillon ( Flore n'étant pas rectrice active et ne pouvant le devenir qu'en vibration descendante du tourbillon , tu qu'elle est d'octave mineure).

Mercure par sa pivotation nous sera infiniment précieux en correspondance, et nous donnera à chaque instant, sauf réciprocité, des nouvelles de nos antipodes à intervalle de 90 ou 90 heures au plus. J'ai déjà fait mention de cet avantage vraiment inappréciable. Tel vaisseau parti de Londres arrive aujourd'hui en Bengale, en€hine, en Japon; demain, Mercure avisé des arrivages et mouvements par les astronomes d'Asie, en transmettra la liste aux astronomes de Londres , qui alors seront dégagés de leur brumeuse atmosphère; ils auront, avec le ciel de Pro-

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vence, l'olivier sur les rive» de la Tamise, -et souvent des nuits bien plus belles que nos plus beaux jours, quand par un temps serein elles seront éclairées de 5 ou 4, et quelquefois des 5 flambeaux lunaires, a cristallin vif et lustré, comme le sont ceux des astres viyants.

La momie Pbœbé qui , a raison de sa mort, est privée d'atmosphère ne peut avoir que le cristallin terne et mat. Il faut tout le mauvais goût des civilisés pour admirer ce cadavre blafard , bien plus odieux eucore par ses résorptions délétères et par le fléau de lune rousse ou 2*. hiver qui vient chaque année déshonorer le printemps, nous enlever non la dîme ni le quint, mais souvent moitié de nos récoltes; enfin nous entraver dans le cours de l'année par des températures toujours outrées en durée , et pernicieuses à l'homme, a l'animal, au. végétal, dont les besoins exigent la fréquente variété , telle que nous l'obtiendrons de Fin* fluence alternative de nos cinq satellites , combinée avec celle de l'anneau boréal.

2°. Lésion externe étendue a notre univers. Sujet effrayant pour les pygméesî II faut considérer notre univers comme une pomme sidérale, jouant son rôle parmi des millions d'autres univers , et sujet aux phases d'accroissement et décaissement.

. Un homme est plus petit dans l'enfance que dans l'adolescence : une planète est d'égale grosseur dans l'un et l'autre âge ; un univers est plus gros dans l'enfance que dans la maturité. Ce n'est point une bizarrerie ni un contre-sens ; l'effet tient a ce que les planètes et les univers ne croissent qu'en titre d'arômes et non en dimention matérielle.

Dès qu'un univers est raffiné , parvenu au degré pubère , il se concentre; ses tourbillons se resserrent et sont d'autant plus illuminés, plus riches et plus heureux. Les univers impubères sont aux pubères , ce qu'est la courge au melon : l'un des fruits est une masse informe , fade et sans sucs ; l'autre plus petit est régulier, orné , succulent et plein , sans désert intérieur, conwie en ont les jeunes univers, et la courge leur emblème.

Ainsi dès que notre univers entrera en puberté, les astres de voûte se rapprocheront, formeront des chaînes de tourbillons entre

notre soleil et la masse des étoiles fixes. Nos planètes se concentreront; Herschel dans ses oppositions ne sera pas plus éloigné de nous que ne Test aujourd'hui Jupiter, qui dans ce cas serait parfois assez voisin de la terre pour lui former une 6*. lune, Venus et Mars une 7*., une 8*.

Lorsque les 102 comètes seront implanées, trempées et aptes à la manœuvre, le tourbillon s'élèvera de 5*. en 4\ puissance , formant quatre tourbillons secondaires , dont chacun sera groupé sur une prosolaire à cristallin nuancé et anneau igné , en titres majeurs. Alors le soleil, en place de la souillure fumeuse nommée lumière zodiacale , aura une auréole nuancée moirée. Saturne , Jupiter et Herschel seront promus en grade et élevés au prosolariat.

Notre globe y aurait les mêmes droits, car sur quatre prosolaires il en faudra une miniature pour pivot du 1". tourbillon (titre d'amitié); mais notre planète est si affaiblie par la catastrophe dilu vielle et la longue durée des lymbes sociales , que je doute fort qu'elle soit jugée apte aux fonctions de prosolaire miniature. .

Après cette réorganisation, notre tourbillon sera le 2*. en rang , tenant le titre d'ambition. Nos ambiguës Mars , Vénus , Protée et Sapho , seront élevées au poste de sur-ambiguës , liant le soleil aux quatre prosolaires,, en gravitation sur double foyer.

Depuis plus de 5000 ans notre univers se dispose à passer en 4*. puissance : les préparatifs sont fort activés depuis quelque temps; on en voit l'indice dans les dissolutions considérables de voie lactée qu'a observée M. Herschel. C'est une preuve qu'H se fait dans le ciel de fortes levées de recrues sidérales , et qu'on prépare les opérations dont les principales seront^

1°. D'élever les nèbuteuget de 2*. en 5*. puissance. Elles sont soleils simples à douze touches en octave simple sans cardinales ni ambiguës. On leur donnera un cortège en binoctave à trentedeux touches , comme le nôtre, et a deux claviers , le majeur et le mineur.

2°. D'élever le tourbillon foyer en 4\ puissance, a 154 touches et le pivot : je n'en donne pas le détail.

5V D'élever de même en 4e. puissance les soleils de forte espèce ; je ne dis pas les plus gros comme Àrcturus , Aldébaran , et

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ceux de la Grande Ourse , mais les plus forts en titre aromal ; ils ne peuvent pas être élevés en 4*. degré, avant que le soleil foyer n'y soit parvenu.

4°. De meubler le désert céleste ou intervalle vide qui s'étend de notre tourbillon aux étoiles fixes , dont le rapprochement formera les chaînes de correspondance aroinale entre, la voûte et le tourbillon de foyer qu'habite notre globe- Toutes ces opérations sont entravées par l'influence d'un pygraée sidéral ( pygmée en dimension seulement), nommé la Terre, et qui pis est, par l'influence d'un être bien moindre, c'est I'Homme, dernier chaînon d'harmonie , et inférieur d'un degré a la planète. Quelle énorme puissance accordée a {'infiniment petit! N'est-ce point une monstruosité en régime d'univers?

Cette discussion nous engagerait dans un débat fort abstrus sur les attributs de ^infiniment petit en harmonie universelle. C'est un sujet sur lequel je prélude, tom. suiv., sect. 6e. J'avais préparé un article justificatif de cette concession , monstrueuse en apparence , que Dieu a faite à la sottise humaine ; je le supprime pour éviter les longueurs, et je me borne au S*, moyen apologétique , les précautions supplémentaires contre le délai outré.

Dieu prévoyant que cette complication de: retards pourrait se rencontrer dans quelque univers ; qu'un. globule encroûté de philosophie et rebelle aux impulsions de la nature pourrait a lui seul paralyser le mouvement , le progrès social d'un million de tourbillons a dû pourvoir au remède , qui est une opération exigeant 20 à 21 siècles de préparatifs. On n y a recours que dans le cas où un univers périclite par quelque fâcheux incident , comme le désordre du tourbillon foyer : ce vice ayant été constaté à l'époque de la mort de César,. soit en matériel par la maladie que subit alors le soleil , soit en politique par le crétinisme avéré de la civilisation.

Elle avait déjà dévié en Grèce , et échouait une seconde fois à Rome dans l'étude de la nature , par influence des mêmes sophismes qui avaient égaré la Grèce. Il devint évident qu'on ne pouvait faire aucun fonds sur notre globe , que son organisation harmonique était retardée indéfiniment , et que le soleil allait être privé indéfiniment de son quadrille d'arômes cardinaux , hors

d'état d'implancr ses comètes , et de commencer l'opération da passagf en 4*. puissance dont il doit prendre l'initiative. Alors on dut sans délai pourvoir à soutenir le tourbillon foyer par une colonne de secours dont la formation a pu employer un siècle, et qui, étant en marche depuis 1700 ans, doit avoir franchi plus des trois quarts du désert téleste, et n'est guère qu'a 500 ans des confins de la grande aire planétaire.

Entretemps : la hiérarchie sidérale de voûte n'a pas moins fait ses dispositions , qu'elle continue visiblement par les dissolutions de voie lactée : mais grâce a l'invention qui va tout réparer, il n'y aura eu que 1800 ans de perdus ; et dans tous les cas il n'y aurait pas eu plus de 2100 ans de délai ; car en supposant le prolongement du désordre , la restauration n'aurait pas moins eu lieu sous trois siècles a peu près , par suite des mesures arrêtées depuis 18 siècles en conseil sidéral , et dont il est inutile de rendre un compte détaillé.

APPENDICE. — J'avais résolu de ne point parler de ces harmonies transcendantes; les lecteurs civilisés étant, il faut le redire , dans l'état d'un homme qu'on opère de la cataracte , et qui ne doit être exposé que par degrés à l'éclat du soleil.

Cependant j'ai entrevu un avantage dans ces communications prématurées ; elles renforceront le soupçon d'erreur générale dans les sciences qui traitent de la destinée sociale et matérielle, sciences déjà suspectes a leurs coryphées mêmes ( II, 110, 111). Plus ce doute acquerra de force , plus on apportera d'attention à l'étude du mécanisme sociétaire, seule théorie qui nous ait initiés à la connaissance des CAUSES de création et des destinées générales ; étude dont les écrivains ou personnages en crédit semblaient d'accord a nous détourner, comme on en peut juger par quelques citations , quatre seulement en deux parallèles :

Buffon et Chateaubriand, le Roi Alphonse et B. de SU-Pierre.

Buffon , dans un article sur l'Unau , nous habitue à penser que la nature se trompe ; qu'elle a commis une erreur en ne donnant a l'Unau que 46 côtes ; d'où il suivrait qu'elle a commis des milliers d'autres erreurs. Vraiment 48 eut été un nombre plus rond , formant quatre douzaines : mais quand l'étoile Mars a moulé l'Aï III. 12

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et l'Unau, hiéroglyphes de la pauvreté en simple et en composé , Mars a suivi les instructions mathématiques du Créateur. 1^ reste donc à savoir si c'est le Créateur qui s'est trompé, ou si c'est Buffon. Nos civilises se hâteront de donner tort a Dieu, parce que, disent-ils, Buffon écrit bien. Les charmes du style, voyez-vous, il n'y a que fa. Que l'esprit humain est loin des routes de la vérité, quand il ne s'attache qu'à la rhétorique.

Elle est persuasive : un sophisme bien écrit a plus d'empire qu'un volume de raisonnements. L'auteur des Martyrs nous dit que les élus étudient l'harmonie des sphères célestes; c'est insinuer que cette étude est hors de notre portée ; prévention qui suffit à empêcher }es recherches. Sans doute l'écrivain n'a, pas eu cette intention , et je me borne à analyser la fatalité qui , sur ce point, dirige tous les esprits à contre-sens. Buffon , qui condamne Dieu sans l'entendre et sur de faibles indices , abuse de la raison : Chateaubriand en abuse par la voie opposée , en assignant à la raison des limites qu'elle ne doit pas connaître en pareille étude , ou Newton a pris avec succès l'initiative.

Le roi Alphonse de Castille aurait , dit -il , donné de bons conseils à Dieu sur la création. C'est fort bien juger de la création scissionnaire et contre-moulée presqu'en entier, ouvrage odieux, à la Divinité même , qui a dû opérer ainsi selon l'unité analogique; mais c'est exciter à des critiques passives , au lieu de provoquer des recherches actives sur lé destin ultérieur du monde, sur les autres créations que pourra faire l'auteur de la première, et sur les moyens d'en obtenir une meilleure.

B. de St. -Pierre, par un système opposé à celui du roi Alphonse, veut nous habituer servilement à admirer les horreurs de la création , en multipler les disgrâces , et entourer nos lits d'araignées dans l'espoir d'en chasser les punaises. Il veut élever le mal du simple au composé ; car assurément les punaises ne céderont pas à un te) ennemi ; elles abondent chez le pauvre ou abondent les araignées.

Si l'on parcourt les écrits de cent beaux esprits, ou y trouvera à. chaque page cette aberration, cette fatalité qui entraîne toutes les opinions civilisées à contre-sens du système de la nature, dont pourtant 16 branches d'étude pouvaient nous ouvrir la voie

(II y 240). Mais nos- philosophes, en se/battant les flancs pour découvrir quelque moyen d'initiation au système de l'univers , ont oublie de discuter sur quels points on: pouvait trouve* accès, i Ils ont agi daii&feur investigation, comme unaveugle qui* voulant pénétrer dans, us vaste temple a. 16 postes , irait se heurter sans méthode contre les pilastres et les pans de mur > et en conclurait que le temple est impénétrable y au lieu de recourir a l'exploration générale ( II , 129 ) , ou visite de circonférence, qui lui ferait découvrir successivement toutes les portes.

Tel a été le tort de la; philosophie* Eh lui reprochant ses erreurs , n'oublions pas de séparer le bon or du faux ; répétons que ses doctrines offrent d'excellents principes qu'elle refuse obstinément de suivre. J'en ai cité (II, 129) douze auxquels je rends hommage , entre autres celui de se soumettre aux oracles de l'expérience. Puisse la corporation des philosophes accepter le défi , et après une expérience de 5000 ans , qui a suffisamment décelé tous les yices de la civilisation, opiner à la facile expérience de l'état sociétaire dont les bienfaits (II , 552 ) se répandraient par torrents sur cette classe de savants qui , avant de le connaître, s'en déclarent antagonistes. N'est-ce pas le cas de leur répliquer par ces paroles de Jésus-Christ : Mon Dieu , par donnez-leur , car ils ne savent ce qu'ils font.

Là finissent leurs jérémiades sur les rigueurs et les mystères de la nature. Il devient évident que ses prétendus voiles d'airain n'étaient qu'une excuse de l'indolence, et que le système des CAUSES en mouvement et en créations va nous être dévoilé en plein, du moment où nous voudrons substituer l'étude de l'attraction et de l'analogie aux prestiges d'impénétrabilité déjà démentis par la découverte de Newton, dont la mienne est la continuation.

En rendant a ce grand géomètre l'hommage d'initiative en théorie de l'Attraction , n'oublions pas de remarquer que , dans la partie matérielle , seul objet de ses études , il n'a rempli que moitié de la tache , négligeant toute recherche sur l'équilibre ÀROMAL, ressort des conjugaisons et distributions sidérales. Privés de théorie sur cette branche de la gravitation, nous ne saurions dire pourquoi la très-minime Vesta , assez petite pour

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servir de lune k Mars, n'est pas même attirée par l'énorme Jupiter (l'affinité de Vesta étant bornée aux arômes bypo-majeurs). Ces notions élémentaires en astronomie nous sont encore étrangères : quelle honteuse lacune , quel sceau d'imperfection pour nos méthodes , et quel sujet de bénir la découverte qui nous dévoile en plein le système de la nature, et qui , du parvis de son temple ou nous étions relégués , nous transporte au sanctuaire !

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