‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 40 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE* CiS-MÉDIAKTE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE* CiS-MÉDIAKTE

cis-mêdiante:.

Aux Amis de l^ Utile.

Pà&ui les bienfaits du rt'gime sociétaire , il eo est de si précieux , quUl convient de les dëtacber du corps de Touvrage , et de les présenter par forme d^entr^acle, pour récréer le lecteur et soutenir l'attention. J^en indiquerai de cette espèce dans les médiantes ; celle-ci sera pour Tutile , une autre pour Tagréable.

Dans la classe de T utile je choisis trois sujets, la Quarantaine, les Routes et le Cadastre.

1**. Là Quàrantaise : elle devient universelle dès que Tordre sociétaire est organisé. Elle s^exécute combinément et simultanément dans tous les cantons du globe , et en deux ou trois ans elle extirpe toutes les maladies accidenlelles, comme virus pestilentiel , psorique, syphilitique, variolique, etc. Ces fléaux une fois bannis ne renaîtront plus, parce que ^Association joindra aux correctifs les préservatifs , entre autres Taisance et la propreté générale du peuple et des animaux domestiques.

a Et les médecins, réplique- t-on, comment accueilleront- ils ce n fâcheux augure ? quoi, plus de maladies syphilitiques, psoriques, ti varioliques ! vous ailes liguer contre vous toute la Faculté, d Au contraire ^ la salubrité sera pour eux gage de fortune : on verra , au traité, qu^en Harmonie, moins il y a de maladies, plus les médecins s"* enrichissent; et cette extirpation de maladies sera tout aussi agréable è la Faculté qVà la belle jeunesse , entravée si fâcheusement dans ses plaisirs, par T impossibilité de quarantaine universelle dans Télat actuel du globe.

a*. Les Routes, aujourd'hui fécond sujet de disputes et de jalousies entre les communes! Tout canton en Harmonie a ses grandes et petites routes , ornées comme nos allées de parterre , garnies de trottoirs, avec ombrages continus, bassins, et massifs de fleurs*, colonnes dMndicalion , etc. : ce luxe de grands chemins ne coûtera pas «me obole d*impôt. Chaque phalange les construit elle-même par Attraction industrielle^ et met son orgueil à les embellir autant que ses salons. Chacune veut briller par les chevaux de poste autant que parles chemins. Cest là un des mille agréments que les riches mêmei ne peaveiH se procurer à aucun prix en- Civilisation. Quoi de plus détestable que les routes des environs de Paris, dont les pavés sont pour Torcille et le corps un double supplice j

3°. Le CADiSTaE : c^esl ici que la Civilisation se monlre en pygmee. La France, après yingi-^cinq ans de travaux el de fiais énormes, n*a que des ébauches et lambeaux de cadastre. IL faudrait y travailler trente années encore , à 3 millions par an ; et au bout de ce temps, Touvrage serait à peu prés inutile en finance ^ à cause des mutations. Que de travaux et de dépenses pour obtenir un. fatras inutile ! voilà bien la Civilisation ; pàrturient montes.

Comparons celte entreprise avortée, avec le travail du cadastre soeiétaîre. Au lieu de soixanteans, il n^exigera qu^un an, ne coûtera pas une obole d^impôt; il donnera très-exactement, très-magnifiquement, te plan de toutes les terres et les mers du globe , en cent vingt mille tomes de 3o pouces de hauteur^ contenant chacun 5o eaites, avec colonnes explicatives eigra\ures au revers, indication de la nature de chaque sol, conslatée par des fouilles de ao et 3o pieds.

Sur les 130,000 tomes, il j en aura environ 8o,ooo pour les terres, 4o,ooo pour les mers littorales et les bas-fonds.

Les exemplaires du cadastre intégral du globe se trouveront dans

chaque chef-lieu de Peutarchie (province de i5o à 300 Phalanges}.

Les divisions moindres,

Tétrarchie , 36 à 48 \

Triarchie, la à i6 ( ni,,i»„„„.

T^ T a ' / r Pl^alaoges,

Duarchie, 3 a 4 I

Unarchie, i '

n'auront qu'une subdivision de Touvrage, proportioqnée à leur

clenduc.-

Le cadastre des mtrs ne pourra s^achevcr ni en un an, ni même en dix \ mais celui des terres n^exigera que le laps d\in an : chaque canton y emploiera ses groupes de géomètres , minéralogistes , graveurs, etc. , qui représenteront au revers de carte les beaux édifices et beaux points de vue du canton.

A ces prodiges d^industrie sociétaire, à ces perspectives si dignes d^ëlectriser les amis du beau et de Tutile, je pourrais ajouter une kyrielle de cent autres merveilles colossales : chacun les pressentira, et en conclura à sortir au plus tôt de la lymbe civilisée. Les impatients m^accuseront de lenteur, et voudront que sans délai je leur expose la théorie de l'Association* Ne précipitons rien; préparons bien les esprits : imitons le médecin qui, par un régime préalable , dispose le malade à un traitement. Procédons d'abord à n refaire ^entendement humain^ n le soumettre au régime qu^ordonneut Condillac et Bacon, n lui faire oublier tout ce qu''il a appris des doctrines philosophiques^ v où nous allons examiner (2". notice) des erreurs aussi plaisantes que funestes.

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