PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II. Wf
quelle toute la horde se confédéré pour Yoler qui il appartiendra, soit les autres sauvages, soit les caravanes, soit les civilisés voisins, etc. Ainsi l'exercice des droits 5 et 7, fédération intérieure et vol extérieur, est en pleine activité chez le Sauvage (voire même chez tant d'honnêtes civilisés qui , lorsqu'ils sont les plus forts , s'en-> tendent si bien pour vivre aux dépens des plus faibles).
7^. Insouciance, bonheur des animaux : on ne jouit de ce droit en Civilisation qu'à force de trésors : mais les 9/1 0*"' des civilisés, loin de pouvoir être insouciants du lendemain , ont le souci du jour même , puisqu'ils sont obligés de vaquer à un travail répugnant et forcé. Aussi vont-ils le dimanche dans les guinguettes et lieux de plaisir, y goûter quelques instants cette insouciance vainement cherchée par tant de riches que poursuit l'inquiétude, c Post equitem sedet atra cura. »
Des ergoteurs diront que Tinsouciance est un caractère et non pas un droit; mais elle devient un droit, en ce qu'elle est proscrite dans l'état de Civilisation, où l'incurie est déshonorée, condamnée hautement. Qu'un père de famille peu fortuné essaie de &' adonner au plaisir, sans s'occuper de son atelier, sans rien amasser pour les impôts , les loy^s et les besoins futurs ; l'opinion par ses critiques , et le percepteur par ses garnisaires, l'avertiront qu^il n'a pas le droit d'être insouciant, de jouir du bonheur des sauvages et des animaux, et que malgré son penchant à l'insouciance, il doit s'en priver. D'ailleurs l'éducation civilisée intervient systématiquement pour combattre en nous ce goût de l'insouciance , plaisir dont rien n'entravera Tessor en Harmonie.
Quant au Sauvage , il est évident qu'il jouit de l'insour ciance et ne veut pas s'inquiéter de l'avenir : s'il en était
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autrement , il craindrait que ses enfants , sa horde , ne souffrissent de la famine ; il accepterait les offres que lui font les gouvernements civilisés, d'instruments aratoires et objets nécessaires à Ja culture : mais il ne veut céder aucun de ses sept droits ; en quoi il a raison , car s'il en cédait un, l'insouciance, il les perdrait successivement tous. Il ne fait sans doute pas ce calcul , mais la nature le fait pour lui ; l'Attraction le dirige dans la bonne voie ; on en verra la preuve au chapitre c Echelle parallèle des » attractions sociales. »
La seule objection plausible qu'on puisse élever contre ce bonheur du Sauvage, c'est que les femmes n'en jouissent pas : cependant les femmes composent moitié du genre humain, et leur condition chez le Sauvage est trés-servile> très-malheureuse.
Rien n'est plus vrai, et si je ne citais pas cette vexation, les philosophes n'en feraient pas mention; car ils sont dans l'usage de compter les femmes pour rien. Sur trois sexes passionnels dont se compose l'espèce hu-*
maine ,
Le majeur, les.bommes,
Le mineur, les femmes ,
Le mixte ou neutre, les enfants (i),
(i) On objectera que les enfants étant hommes ou femmes , ne composent pas un sexe "k part, comme seraient des hermaphrodites. C'est une objection louche et qui pèche dëj^ sous le rapport matériel, en ce que les enfants n*exercent pas la faculté qui distingue les sexes. En passionnel la différence est bien plus forte , car les enfants sont privés des deux liens sexueb quUls ne connaissent pas ; ce sont Taffection d*amour et celle de paternité : ils sont doue sexe neutre en passionnel et en matériel : on en verra la preuve, quand je traiterai de leurs emplois en harmonie passionnelle.