‹ Œuvres complètes de Ch. FourierChapitre 53 sur 115 · PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. NOTICE II

sort de la 5^. classe est lié à celui de la première. Si on annonce que le buffet des tables de première classe ou tables des riches , va être porté de trente mets à trentetôt» le peuple s'en réjouira, parce que sa table sera améliorée en proportion. Si les assortiments habituels des trois buffets , riche , moyen et pauvre , sont de trente , tingt et dix mets, on ne saurait porter l'un à trente-six, sans élever les deux autres en méîne rapport^ trente-six, ▼ingt-quatre et douze, tout étant lié dans l'Association.

Qu'un canton sociétaire de 1500 personnes (8®. période), consomme chaque jour un bcsuf, la table riche ou i^. classe, et la commande ou table accidentelle • auront de plein droit les morceaux de choix ; mais il faut bien que la masse du bceuf aille aux tables moyenne et pauvre : et comme l'Association élève les produits au degré surabondant , et ne laisse par toute la terre d'autre inquiétude que celle d'arriver à la pleine consommation dé cette masse de prodhiits , il est force d'en abandonner beaucoup à la classe populaire , après les prélèvements faits pour les riches et la commandé. En outre, la 5^. classe jouit du service des restes de l^*^., dont on compose uiie chère très-délicate et très-présentable , qui est livrée à demi- valeur à cette classe peu fortunée.

Moyennant ces gradations d'intérêts sociétaires , Finférieur est intéressé au bien-être du supérieur ; et leur unton étant cimentée par la rencontra habituelle dans les travaux attraTBOts et les intrigues de série industrielle, on n'a plus rien à redouter de la pleine liberté du peuple , qui, dans soRétat actuel de misère et de jalousie, n'userait de son indépendance que pour spolier et égorger ses supérieurs.

n résulte de cel aperçu , que la concession du minù

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nmm dépendait exclusivement de la découverte du régime sociétaire et du travail attrayant. Jusque-là, comment oser parler de donner la liberté au peuple , quand on ne peut pas même lui garantir le travail répugnant d'où dépend sa subsistance! Toute liberté, dans un tel état de choses, ne serait qu'un germe de sédition: les agitateurs le sentent bien, et dés qu'ils ont envahi le pouvoir, leur premier soin est de museler le peuple et comprimer les verbiages des philosophes , que Bonaparte bâillonna , et que Robespierre envoyait en masse à l'échafaud.

Récapitulons maintenant sur le sens et les conditions de la liberté. On a vu que, pour être intégrale ou surcomposée, il faut qu elle soit soutenue du minimum^ et que ce minimum exige trois conditions, dont chacune e&t incompatible avec Tordre civilisé.

II ne peut donc pas exister de liberté en Civilisation : fit il n' existe en Sauvagerie qu'une liberté incomplète , périlleuse, puisqu'elle expose la horde à la famine, à la guerre , à la peste , et qu'elle ne s'étend pas aux femmes, ni aux vieillards qu'on sacrifie quand ils sont invalides. .

Cette liberté des Sauvages mâle», quoique préférable au sort de nos salariés et de nos mendiants, est encore un bonheor grossier et indigne de la raison, puisqu'il lient à l'absence d'industrie. D'autre part , l'état d'oppression et de misère oû^ gémissent nos salariés,, n'est point fruit de génie social , mais, absence de génie social et opprobre de la science. Loin d'avoir su nous élever à la liberté, elie n'a su ni la définir, ni en indiquer les caractères on mode simple, en composé et sur-composé ^ et ii ne lui reste que la honte d'avoir excité , depuis l'origine des sociétés policées, mille tourmentes politiques, sousr prétexte de nous donner un bien dont elle n'a pas même

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