‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 14 sur 219 · XVIII ÉTUDE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XVIII ÉTUDE BIOGRAPHIQUE

que Baudelaire écrivit la première strophe des Correspondances, ce sonnet fameux dont le symbolisme devait faire son Credo:

La nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l’observent avec des regards familiers.

— de Maiïstre avait dit, paraphrasant d’ailleurs saint Paul: « Tout se rapporte dans ce monde que nous voyons à un autre monde que nous ne voyons pas. Nous vivons. au milieu d’un système de choses invisibles manifestées visiblement. »

Baudelaire fit aussi l'apprentissage de Ia vie. Nous avons noté tout à l'heure que s’il était souvent en proie à de cruelles mélancolies, ïf avait par contre un goût très vif du plaisir. I goûta aux fruits si divers de Ia grande ville qui, au plem des transformations dont elle devait tirer un lustre nouveau, offrait alors, par surcroît, le spectacle d’une mcessante activité. Il prit des « bains de multitude». I] connut des filles au quartier latm. Il fit de longues séances dans les bibliothèques et les musées, y puisant une érudition qui, plus tard, étonnera bien des critiques. Il trouva des camarades dans Levavasseur et ses amis: Prarond, Buisson, Dozon, Chennevières... Il entra aussi en relations avec quelques notoriétés du milieu romantique : Ourliac, Delatouche, Balzac, auquel 1l se présenta tout seul, conte-t-on, et qui, PAL CUe TR d’un gros rire, le «reconnut».

Cependant il arrivait que les curiosités dont son âme et son Inexpérience étaient pleines, ainsi que son penchant déterminé pour tout ce qui présentait un caractère d’intensité exceptionnelle, l’amenassent à des fréquentations peu recommandables comme à des écarts de langage ou de

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