‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 27 sur 219 · XXXII ÉTUDE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXXII ÉTUDE BIOGRAPHIQUE

inachevés. Puis encore l'exécution matérielle d’un ouvrage ne lui en tenait guère moins à cœur que [a composition : on l'a vu aller se fixer en province afin de surveiller le tirage d’un livre, et il ne s'agissait alors que de ses traductions de Poe!... Enfin son genre «bizarre et absurde» — ce jugement appartient à M"° Aupick qui ne s’y faisait d’ailleurs que lécho de ses contemporains — rebutait les éditeurs avecle gros public. Qu’on nous passe ici, en faveur de son éloquence, la brutalité d’un chiffre, emprunté aussi bien à Catulle Mendès : au cours de toute sa période de production, et y compris tous les articles de critique qui, réunis après sa mort, ont constitué les Curiosités esthétiques et l'Art romantique, Baudelaire n’a pas gagné dix mille francs!

«Que nous importe la justice? s’est écrié superbement Villiers de Flsle- Adam. Celui qui, en naissant, ne porte pas dans sa poitrine sa propre gloire, ne connaîtra jamais la signification de ce mot.» Baudelaire portait sa propre gloire dans sa poitrine. I] avait une pleme conscience de sa valeur. Dans ses lettres, il parle de «son admirable faculté poétique» et prévoit que la postérité, qui commencera de le comprendre seulement «dans trente ans», le rangera auprès de Byron et de Victor Hugo. Il savait aussi qu’une récompense immortelle est promise au poète qui sera convié

. à l’éternelle fête Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

Mais 1l a cruellement souffert de n’entendre pas sonner

l'heure de ; justice. On ne peut IN ÉPIEEN totalement ce dont

on à un Impérieux besom. Des consécrations officielles, —

la croix qu 1l espéra au lendemain de linique procès des

FLEURS Du MAL, en compensation de l'arrêt qui l'avait flétri, e e q ; f e 4 e f

et son admission à l’Académie où 1l se présenta en 1861

Page 1