‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 93 sur 219 · LES HIBOUX · texte numérisé non relu

LES HIBOUX

Sous les ifs noirs qui les abritent

Les hiboux se tiennent rangés,

Ainsi que des dieux étrangers, Dardant leur œil rouge. Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront Jusqu'à heure mélancolique Où, poussant le soleil oblique, Les ténèbres s’établiront.

Leur attitude au sage enseigne Qu'il faut en ce monde qu'il craigne Le tumulte et le mouvement ;

L'homme ivre d’une ombre qui passe Porte toujours le châtiment D'’avoir voulu changer de place.

L'AUPIPE,

Je suis [a pipe d’un auteur ;

On voit, à contempler ma mine D’Abyssinienne ou de Cafrine,

Que mon maître est un grand fumeur.

Quand il est comblé de douleur, Je fume comme la chaumine Où se prépare Îa cuisine

Pour le retour du laboureur.

J'enlace et je berce son âme Dans Île réseau mobile et bleu Qui monte de ma bouche en feu,

Et je roule un puissant dictame Qui charme son cœur et guérit De ses fatigues son esprit.

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