‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 95 sur 219 · SÉPULTURE D'UN POËTE MAUDIT · texte numérisé non relu

SÉPULTURE D'UN POËTE MAUDIT

Si par une nuit lourde et sombre Un bon chrétien, par charité, Derrière quelque vieux décombre Enterre votre corps vanté,

À lheure où les chastes étoiles Ferment leurs yeux appesantis, L’araignée y fera ses toiles,

Et la vipère ses petits ;

Vous entendrez toute l’année Sur votre tête condamnée Les cris lamentables des loups

Et des sorcières faméliques, Les ébats des vieillards lubriques Et les complots des noirs flous.

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