‹ Œuvres complètes de Charles BaudelaireChapitre 97 sur 219 · LE MORT JOYEUX · texte numérisé non relu

LE MORT JOYEUX

Dans une terre grasse et pleme d’escargots

Je veux creuser moi-même une fosse profonde,

Où je puisse à loisir étaler mes vieux os

Et dormir dans l’oubli comme un requin dans l’onde.

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ; Plutôt que d’implorer une larme du monde, Vivant, J'aimerais mieux mviter les corbeaux

À saïgner tous les bouts de ma carcasse immonde.

O vers! noirs compagnons sans oreille et sans yeux, Voyez venir à vous un mort libre et joyeux !

Philosophes viveurs, fils de [a pourriture,

À travers ma ruine allez donc sans remords, Et dites-moi s’ïl est encor quelque torture Pour ce vieux corps sans Âme et mort parmi les morts!

LE

He LES FLEURS DU MAL.

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