‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 3)Chapitre 130 sur 176 · M. DE MIREMONT, EDMOND, GÉSARINE · texte numérisé non relu

M. DE MIREMONT, EDMOND, GÉSARINE

EDMOND, entrant Tirement.

Âh ! madame ! que ne vous dois-je pas ? vous êtes ma fée protectrice, mon ange gardien ! De tous les côtés il m'arrive des amis... et ces amis, ce sont les vôtres.

GÉSARINE, A part.

Les sots! ils se sont tous donné le mot! il n'y a rien d'insupportable comme les cabales et les coteries!... et Bernardet qui ne vient pas. . qui n'^st pas là pour les prévenir !

EDMOND

Ce que je ne conçois pas, c'est qu'ils ont abandonné Oscar, que j'ai rencontré et qui est furieux... il paraît qu*il a essuyé un échec au second collège.

CÉSARINE, à -part.

Le malheureux ! il a parlé !

EDMOND

Et moi, des gens que je n'ai point sollicités... à qui je nai rien demandé, m'offrent leurs services !

J'allais écrire pour vous aux principaux électeurs.

EDMOND

Est-il possible ! Ah l c'est trop de bontés, c'est trop de bonheurs; ils m'arrivent tous à la fois... sans que je les aie mérités ni que je puisse les comprendre... et si cela continue ainsi, je vais presque croire au succès.

CÉSARINE

i^as encore ! c'est l'appui du ministère qui peut tout décider... et si le ministère porte un autre candidat, la lutte est incertaine.

EDMOND, effrayé.

Ah! mon Dieu!

M. DE MIREMONT

Avez-vous quelque protection de ce côté- là?

EDMOND

Eh ! mon Dieu ! non ; mais madame m'avait promis de par 1er au ministre.

CÉSARINE

Oui... mais par malheur je n'ai pu le voir; sans cela!...

EDMOND

Alors rien à espérer, car je ne connais personne dans les bureaux.

LA CAMAnADERIE 361

SCEiNE IV. M. DE MIREMONT, BERNARDET, EDMOND, CÉSARINE.

BERNARDET

L'affaire a été chaude; j'arrive de la Chambre.

CESAR INE

Eh bien?

BERNARDET

La loi a passé à trente-cinq voix de majorité.

CÉSARINE, A part.

Trenlc-cijnq voix !

M. DE MIREMONT, d'un air capable.

Cela vous étonne î je l'avais toujours prévu, et je l'annonçais encore hier à mes collègues... j'avais là-dessus des données certaines ! Mais ce n'est pas cela dont il s'agit. Vous (fui savez tout, mon cher ami, savez-vous (juel candidat le ministère porte aux élections?

BERNARDET

Edmond de Varennes.

TOUS

Est-il possible!

BERNARDET, passant pn's de Cé»arine.

Vous en verrez probablement la preuve dans ce billet que le ministre vous envoie,

GÉSARINE.

. Donnez donc! (Lisant ù voix basse.) « Vous avcz tenu vos promesses... et j'ai tenu les miennes. » (a part.) Ah! c'est comme un fait exprés ; on voudrait l'arrêter maintenant qu'on ne pourrait plus ! (Haut, à Bernardet.) Qui a apporté ce billet ?

Scribe. — Œuvres romplètes^. l«eSJrie. — 3^ Vol. 91

BERNARDET

Un valet de pied du ministre, qui est encore là et qui attend votre réponse.

GÉSARINE.

Je vais récrire, (a pan.) Celle-là du moins lui parviendra!

[Elle sort par la porte à gauche.)

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