SCÈNE XI
ALBERTINE, DESROSOIRS, VICTOR, DULISTEL, toujour.
assis à droite.
VICTOR
Monsieur !... monsieur!... un agent de change !
DULISTEL.
Le mien ?
VICTOR, de même.
Non, encore un autre, qui est là dans votre antichambre... M. Defrène.
ALBERTINE, à part.
Defrène I plus d'espoir !
DESROSOIRS, de même.
C'est lui.
VICTOR
Il demande à voir monsieur.
DULISTEL.
Defrène... à cette heure-ci, nous n'avons pas d'affaires ensemble ! d'ailleurs il est invité à ma soirée ; nous nous verrons tantôt.
VICTOR
Il dit que c'est très-pressé ! qu'il faut qu'il parle à Tinstant même à monsieur.
DULISTEL, arec impatience.
Priez-le d'attendre dans le salon, et qu'on ne me dérange plus!
VICTOR
J'y vais, monsieur ; et pour qu'il ne s'ennuie pas, je lui ferai la conversation.
(il sort.) ALBERTINE, à part.
Encore un instant... quelques minutes, et tout est fini, je suis perdue !... (Montrant Desrosoirs.) Demain, et grâce à lui, j'aurai trouvé les moyens d'emprunter... de me procurer
cette somme; mais d'ici là... (courant au secrétaire.) Ah! (y prenant des papiers qu'elle donne à Desrosoirs.) TcnCZ... teUCZ, mOn
ami... portez-lui vite...
DESROSOIRS.
Qu'est-ce donc?
ALBERTINE
Tout ce que j'ai là, quarante-deux mille francs... Allez, tâchez qu'il se contente de cette somme, et surtout qu'il parte !
DESROSOIRS.
Soyez tranquille... je m'en charge!...
(Desrosoirs sort.) ALBERTINE.
Je respire... Dieu !.., Léopôld!