SCENE VIL HENRI, GEORGE
GEORGE
Voilà votre oncle libre enfin, et bien heureux à ce que je vois.
HENRI, qui pendant toute la fin de la scène précédente est resté plongé
dans ses réflexions.
Pardon, sire, Votre Majesté a daigné m'adresser la parole...
GEORGE, souriant.
Je vois que mon nouveau ministre est sujet aux distractions... il n'y a pas de mal... cela passe souvent, dans les affaires, pour de la gravité ou de la profondeur... Je disais que Walpole est enchanté de vous... car il craignait d*abord un refus. . . il me l'avait formellement annoncé !
HENRI
C'est vrai, sire, j'y étais décidé, je me Tétais bien promis.
GEORGE
Quoi 1 sincèrement vous aviez l'intention de résister aux désirs de votre oncle... aux volontés de votre roi!... Ce projet se rattachait-il à des considérations d'État î
HENRI
Non, sirel...
GEORGE
A quelque système que depuis vous avez abandonné ?
HENRI
Non, sire... et je demanderai à Votre Majesté la permission de ne pas lui faire connaître les motifs qui m'ont déterminé I
GEORGE
Et pourquoi donc ?
ScRDB. — ŒuTres complètes. Ire Série. ~ S^e Vol. a
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GEORSI.
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nvTfn?. je voolàs iTiborf^K.- [iiiF-t «nvoif sur moi 1 ■î'fflili! ^ ns nbilion el de ^ F * B- .uni 'iécidéiaxKtH'.
cœnr, il ne déare pis "
l'ambitieux 183
HENRI
Que dites-vous?
GEORGE, soupirant.
Que moi aussi... mon cher Henri, j'aurais peut-être là,
(Montrant son cœur.) pluS d'un chagrin... (Avec bonté.) Màis il
s'agit de vous! je vois que vous aimez... que vous êtes amoureux...
HENRI
A en perdre la tête...
GEORGE, gaiement.
Je conçois cela, et vous êtes heureux?...
HENRI
Hélas! non... elle m'aime... elle me le dit... et elle refuse ma main.
GEORGE, de même.
Ce n'est pas possible.
HENRI
Elle refuse d'être à moi 1
GEORGE, arec abandon.
Eh bien ! moi, c'est tout le contraire.
HENRI
En vérité!...
GEORGE, vivement.
'ist comme je vous le dis I... Et voyez donc désormais ie existence, quel bonheur sera le nôtre!... Nous nous userons des affaires publiques en parlant de nos chagrins, cra délicieux... Moi qui redoutais l'heure du conseil, je verrai arriver maintenant avec plaisir.
HENRI
Et moi qui tremblais d'être ministre !
GEORGE
Vous voyez bien que ce n'est rien !... le tout est de s'en-
tendre. (Lui prenant la main.) Et nous nous enlcndons déjà... nous nous comprenons à merveille ! (a demi-voix.) Dites-moi,
C'«st mon oncle I...
GEORGE, à part.
Quel ennui !... (Bas à Henri.) Silence devant lui!