‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 134 sur 150 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

mashâm, la duchesse.

MASHAM.

(Test la redoutable duchesse, dont Abigaïl m-a tant recommandé de me défier... J'ignore pourquoi?... N'importe., , ayons-en toujours peur... de confiance I (n la salue respectueu-

sement.)

LA DUCHESSE

N'est-ce pas monsieur Masham, le dernier officier aux gardes nommé par le duc de Marlborough?

BIASHA^.

Oui, milady. (a part.) Ahl mon Dieu! elle va me faire destituer.

LA DUCHESSE

Quels titres aviez-vous à cette nomination ?

MASHAM.

Fort peu, si l'on considère mon mérite ; autant que qui que ce soit, si l'on compte le zèle et le courage.

LA DUCHESSE

C'est bien I... j'aime cette réponse, et je vois que milord a eu raison de vous nommer...

MASHAM.

Je voudrais seulement qu'à cette faveur il en ajoutât une autre.

LA DUCHESSE

Il VOUS l'accordera ; parlez.

MASHAM.

Est-il possible?

LA DUCHESSE

Quelle est cette faveur?

MASHAM.

C'est de m'offrir roccasion de justifier son choix en m'appelant près de lui sous nos drapeaux.

LA DUCHESSE

n le fera... croyez-en ma parole...

MASHAM.

Ah! madame... tant de bontés!... vous qu'on m'avait représentée... comme une ennemie...

LA DUCHESSE

Eh ! qui donc ?

MASHAM.

Des personnes qui ne vous connaissaient pas, et qui désormais partageront pour vous mon dévouement.

LA DUCHESSE

Ce dévouement, puis-je y compter... pms-je le réclamer?

MASHAM.

Daignez me donner vos ordres.

LA DUCHESSE, le regardant avec bienTeîUanee.

C'est bien ! Masham, je suis contente de vous. (Lm lâmi

signe d'araneer.) Approchez.

MASHAM, Â part.

Quels regards pleins de bonté I je n'en reviens pas.

LA DUCHESSE

Vous m'écoutez, n'est-ce pas ?

MASHAM.

Oui, milady. (a part.) Que peut-elle me vouloir ?

LA DUCHESSE

Il s'agit d'une mission importante dont la reine m'a chargée

LE VERRE d'eau 4ûâ

et pour laquelle j'ai jeté les yeux sur vous. Vous viendrez ma rendre compte chaque jour du résultat de vos démarches, vous entendre avec moi et prendre mes ordres pour arriver à la découverte du coupable.

Un coupable ?

LA DUCHESSE

Oui, un crime audacieux et qui ne mérite point de grâce, a été conmûs dans le palais même de Saint- James. Un membre de l'opposition, que du reste j'estimais fort peu, Richard Bolingbroke...

laSHAM, à part.

O ciel I

tk DUCHESSE.

A été assassiné I

UASHAM, aTeo indignation»

Non, madame, il a été tué loyalement et Tépée à la main, par un gentilhomme, insulté dans son honneur.

LA DUCHESSE

Eh bieni si vous connaissez son meurtrier... il faut nous le livrer, vous me l'avez promis, et nous avons juré de le poursuivre.

.. HASQÂM. .

Ne poursuivez personne, madame, car c'est moil.*«

LA DUCHESSE

Vous, Masham I

MASHAlf.

Moi-mém^.

LA DUCHESSE, Tirementet loi mettant la main bot la bouche.

Taisez-vous !... taisez-vous I... que tout le monde Tignorel Quelles clameurs ne s'élèveraient pas contre vous, attaché à la cour et à la maison de la reine I... (virement.) H n'y arien à vous reprocher... rien, j'en suis sûre... Tout s'est passé

loyalement... vous me l'avez dit; et qui vons voit, Masham, ne peut en douter... Mais la haine de nos ennemis et votre nomination d'officier aux gardes le jour même de ce combat... dont elle semble la récompense...

C'est vrai I

LA DUCHBSSB.

Nous ne pourrions plus vous défendre.

MASHAM.

Est-il possible!... un pareil intérêt!...

LA DUCHESSE

Il n'y a qu'un moyen de vous sauver... Ce que vous désiriez tout à l'heure si ardemment : il faut partir pour l'armée.

MASHAM.

Ah I que je vous remercie !

LA DUCHESSE, aTee émotion.

Pour peu de jours, Itfasham... le temps que cette affaire s'apaise et s'oublie... Vous partirez dès demain, et je vons donnerai pour le maréchal des dépêches que vous viendrez prendre chez moi.

MASHAM.

A quelle heure ?

LA DUCHESSE

Après le cercle de la reine... ce soir !... Et de peur qu'on ne soupçonne votre départ, prenez garde que personne ne vous voie I

MASHAM.

Je vous le jure I Mais je ne puis en revenir encore... vous qne je craignais... vous que je redoutais... Ah I dans ma reconnaissance. . . je dois vous ouvrir mon âme tout entière...

Ce soir vous me direz cela... Du silence I on vient.

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