‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 4)Chapitre 64 sur 150 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

Mme DE CHAVANNES, seale et le regardant sorUr.

Quel dommage!... H ne faut plus y penser! il ne peut épouser Adine! pauvre enfant!... Mais si ce n'est pour elle, c'est pour lui-même qu'il faut le sauver... ou l'amitié n'est qu'un vain mot, ou je ne peux le laisser ainsi courir à sa perte... car je devine «aisément quelle espèce d'attachement a pu le subjuguer. Jeune, sans expérience, avec un caractère aussi prompt à se passionner, il s'est persuadé qu'il était amoureux et que par honneur, par délicatesse, il devait continuer à l'être . . . mais il ne l'est pas ! c'est évident ! D'abord, et grâce au ciel, il est son mattre ; point de grands parents, point d'obstacles qui s'opposent à cette inclination... elle ne saurait durer; aussi, je me garderai bien de la combattre ou de lui en parler... il vaut mieux, peu à peu et sans qu'il s'en doute, lui offrir des comparaisons, qui bientôt tourneront à notre avantage ; car, après tout, j'en suis sûre, Adine, ma petite-fille est plus jeune, plus aimable, plus jolie... Ah! ce n'est pas une raisop... à son âge on manque de tact et d'adresse... Eh bien! ne suis-je pas là pour la guider, pour la conseiller ; le motif est si louable ! être coquette pour une bonne action... on l'est si souvent pour rien!... Oui, oui, ne perdons pas courage... veillons sur elle et surtout sur lui !... je le dois I Pendant qu'il était là, je l'ai promis à son père... que je croyais revoir et entendre... mais quelle différence; son père était mieux! bien mieux... d'abord, il plaçait mieux ses inclinations, et ensuite...

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