SCÈNE XI
LOUISE, seule ; êllê ra fermer la porte, et poassê le rerrou.
Fermons cette porte. Je suis toute tremblante. (Eiie t'assied.) £n vérité, tant d*audace commence à me faire peur. Et ce monsieur de Malzen! mais qu'est-ce qu'il a? qu'est-ce qui lui prend maintenant? un caprice, Tesprit de contradiction. Grâce au ciel, tout est fini, et nous en voilà débarrassées. (Elle se 1ère.) Il faut tâcher surtout que ma tante ne se doute point de cette dernière extravagance. (Regardant à terre.) Et les morceaux de cette lettre que Ton pourrait trouver ! (Elle les ramasse et les regarde.) Quatre pages I M. Saisbach a dit vrai, les voilà. Comment m'a-t-il écrit quatre pages?... qu'est-ce qu'il a pu me dire? à moi! (Elle ut.) « Louise... » C'est sans façon ! comment ! m' appeler Louise tout uniment I (Usant arec émotion.) « Louise, VOUS dcvez me haïr, et t je ne puis vous dire à quel point je me déleste moi-même! « Avoir méconnu tant de charmes, tant de vertus I Ma vie « entière suffira-t-elle pour expier mes injustices ! » (s'interrompaot.) Oh! non, sans doute. (Usant.) « J'ai vu notre « enfant. Avec quelle émotion, quel bonheur j'ai retrouvé « dans ses jeunes traits ceux d'un coupable! » (Arec un air de satisfaction.) C'est vrai, il lui ressemble. (Eiie ut.) « Les « miens finiront, j'espère, par vous paraître moins odieux, « en regardant souvent votre fiis. Je ne puis exprimer < ce que j'éprouve depuis une heure; j'ai mille choses à « vous dire, il faut absolument que je vous parle. Je sais « qu'il y va de ma vie, mais je brave tout; et dusse je pé-
« rir sous vos yeux... » (On entend un coup de fusil dans le jardin.)
Qu'entends-je! Ah ! le malheureux ! il aura été aperçu!
(Elle court è la fenêtre è gauche» l'ourre précipita aiment pour Yoir ce qui se passe, et aperçoit Malzen sur le balcon)