‹ Œuvres complètes de Eugène Scribe (volume 5)Chapitre 68 sur 115 · CAROLINE, EDMOND · texte numérisé non relu

CAROLINE, EDMOND

EDMOND, i pirt.

Il s'éloigne, les moments sont précieux! (h«hi t guoIIh».) Daignez, madame, m'écouter un instant.

CABOLIKE.

Je ne le peux.

BOyOND.

n le faut. Je ne vous parlerai point ici d'un amour qui vous déplaît, qui vous est odieux ; mais je tiens à voire estime, à voire amitié: je liens à me justifier...

CAnOLINB.

Vous n'en avez pas besoîu.

EDMOND

Si, madame; votre accueil me l'a prouvé, Qu'ai-je feit? quel ûst mon crime?

CAROLINE

Vous me le demandez? je n'ai pas voulu hier soir, devant mon mari, devant tout le monde, vous rendre ce billet, cpie vous aviez eu l'audace...

BOMOND.

Madame...

Scun. — OBuTKi eompltlei. n-* Sirit, —30— Val. ||

tâS COHÉDIES'VAUDEVILLSS

CAROLINE

Maiâ je vous dois une réponse, et la ferai en peu de mots. Vous êtes fort aimable; mais c'est à mes yeux un mérite perdu, et je n'augmenterai point le nombre de vos con-

■ EDMOND

De mes c.onquèlesl qui a pu vous direî...

Des gens qui vous connaissent très-bien, des amis intimes.

BDHOND.

Votre mari peut-élre 1

CAROLINE

Je ne nomme personne, mais quand il serait vrai?... C'est en Tui, monsieur, que j'ai toute confiance; et je ne pouiTais mieux faire, je crois, que de le prendre pour guide, et de suivre ses avis.

Certainement... il y a tant de gens très-forts sur les conseils, et qui sei'aient peut-fitre bien embarrassés pour les metti'e en pratique.

Que voulez-vous dire?

Bien, madame. Mais il me semble qu'entre amis, on devrait avoir, plus d'indulgence. Il me semble du moins qu'il faut éire soi-mSme bien irréprochable pour accuser les autres.

Ce qui signiSe que la personne dont vous parlez ue i'a pas toujours été?

KDnaiiD.

Je ne dis pas cela.

LA 8EC0NDK ANNSB 183

CAROLINE

Et moi, je le sais, car mon mari m'a tout confié, tout avoué. S

EimOND, à part. .

ciel !

CAROLINE

Et loiu de lui en vouloir, depuis ce momenl-là je l'aime plus que jamais.

EDMOND, à part.

C'est fini! plus d*espoirI (naùt.) Quoil madame, il vous a tout raconté?

vCAROLINE.

' Oui, monsieur.

EDMOND

Son rendez-vous ? son souper d'aujourd'hui ?

Un souper ! un rendez-vous !

l< EDHOND, vivement.

Dieu! vous ne saviez pas?...

CAROLINE

Non, monsieur.

EDMOND, ¥ivement.

Ne mo croyez point, je ne sais rien.

CAROLINE

N'espérez pas me donner le change; vous achèverez celte confidence, ou je penserai, monsieur, que vous avez voulu perdre Denneville, le calomnier à mes yeux.

r EDMOND.

Vous pourriez supposer?

CAROLINE

Je crois tout, et ne vous revois de ma vie, si vous ne -parlez à riustant.

184 GOHÉDIES-VAUDEVILLKS

EDMOND

moQ Dieu t que faire î

Écoulez, niODsiour Edmond, j'aimais mon mari, je l'aime plus que tout au monde; mais s'il est vrai qu'il m'ait trahie, si vous pouvez m'en donner la preuve évidente...

Vous ne me bannirez plus de votre prëseace, vous me permettrez de vous revoir?

C&ROLINB, >TM InpuLlBiio.

Celte preuve...

EDHOND.

Elle est entre mes mains, je l'ai U; mais c'est si mal à

CAROLINE

Cette preuve?

EDMOND

Vous me promettez que ce soir, i ce bal, moi seul serai votre cavalier î

Cela dépend de vous.

EDMOND

Ah! je suis trop heureux 1 mais vous me Jurez que le plus grand secret?...

CAROLINE, Ji'j Unant pLai.

Celte lettre, monsieur, celte lettre !

EDMOND, 1> lui doauiit.

La voici, madame, la voici ; elle m'était adressée, et vous saurez d'aboi'd...

CAROLINE

C'est bon, c'est bon I je verrai bien. <Li«int d'un* toîi imn.) 'Mon cher Edmond... «C'est daté de ce matin.» Si tu veux

LA 8BG0NDB ANNéB 185

« mon cheval anglais pour quatre mille francs, il est à toi; « car j'ai aujourd'hui besoin d'argent. J'ai à payer des « diamants destinés à une jolie femme, qui veut bien ce soir « me donner à souper... » Ah I je me sens mourir!

EDMOND, ipxi est allé prèi de la porte.

C'est lui.

CAROLINE

Silence I

(Elle reate auprèadela table, Edmond eat aa milieu da théâtre.)

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