ZOÉ, PIERRE
ZOE, les regardant sortir.
A qui en ont-ils donc ? dites-le-moi. Eh bien ! il pleure. Qu'est-ce que vous avez donc, monsieur Pierre? et qu'estce qui vous fait du chagrin ?
PIERRE
Vous me le demandez! C'est vous qui en êtes cause, vous, (ount son chapeau et pleurant.) madame la comtesse.
(il se 1ère.) ZOÉ.
Madame la comtesse !... A qui eu a-t-il?
PIERRE
Puisque monsieur Alphonse vous aime, puisquMl vous prend pour femme.
ZOE, avec joie.
>foi, sa femme! il serait vrai! qu'est-ce que tu me dis là?
Vous ne le saviez peut-être pas?
ZOE.
Du tout.
PIERRE, arec dépit.
Et c'est moi qui le lui apprends ! Qu'est-ce qu'il vous avait donc dit tout à l'heure ?
ZOÉ
AIR : Amis, voici la riante semaine. {Le Carnarat.)
Il m'a bien dit qu' j'allais ètr* mariée, Mais j'ignorais qu'il dût ètr' mon époux.
Au bal ce soir pourtant il m'a priée.
ZOÉ ou l'amant prêté 261
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En me disant de choisir, des bijoux, Des beaux atours, des Voucrs d'oreille, un' chaîne, . Et qu' pour l'hymen où j'allais m'engager Il s* charg'rait du reste.
PIERRE, se désolant.
Je r crois sans peine...
C'est justement c' dont j' voulais me charger.
A qui la faute? à toi, Pierre Rousselet, à toi imbécile qui n'oses pas parler; car, c'est vrai, je n'en connais pas de plus béte que moi !
ZOÉ
Eh bien! eh bien! console-toi, si je suis grande dama, je n'oublierai pas mes amis, et te voilà sûr d'avoir la ferme d'Auberive que tu désirais tant.
Je m'en moque bien ! Je donnerais toutes les fermes du monde pour rompre ce maudit mariage.
ZOK.
Pourquoi donc?
PIERRE
Parce que je ne veux pas que tu sois grande dame.
ZOÉ
Vous êtes gentil !
PIERRE
Parce que... ma foi, en arrivera ce qui pourra... parce que je t'aime trop pour cela.
ZOE, avec joie.
Vous m'aimez?
PIERRE, hors de lui.
Comme un fou, comme un imbécile. Je ne m'en étais pas aperçu ; mais depuis qu'il a expliqué pourquoi il te préférait, je vois que tu es celle qui me convient le plus, c'està-dire que tu es peut-être la seule qui me convienne.
C0MSD1E8-V*
Il &Ilail donc le dire I
Est-ce que je m'en doutais!' Hais dès que les autres s'y sont mis, ça m'a pris comme un coup de foudre.
V'ià le grand mot lâché 1 et tu parles quand il n'est plus lemps!
PIBRRB.
11 n'est plus temps ?
Écoute donc, Rousselet, tu es un brave garçon ; mais ta ne peux pas exiger que je refuse mon bonheur, puisqu'il m'aimo, cet homme-là, puisqu'il me veut !
PIERRE
Et moi aussi, je te voulais, et prenez-y garde, Zoé, je ferai un malheur, je vous on avertis.
Comment, monsieur?
PIERRE
Je ne m'y mets pas souvent ; maïs si je m'abandonna à mon naturel fougueux, je suis capable de me détruire.
ciell former un tel projet!
PIERRE
Oui, mam'zelle, el ai la rivièrt N'hait psi si loin.,, on verrait
Ahl grand Dieu! que Toulaz-vona faire?
Ca senh ne désespérer.
KOB 9U L*AlfANT PRÊTÉ fM
PIEftAfi.
Ce mot m' décide, et quoiqu* j^enrage, De me périr j'aurai ï courage...
Exprès pour vous faire pleurer Le jour de votre mariage.
ZOÉ, le retonant.
Monsieur, monsieur, je vous prie de m'écouter.