‹ Œuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 145 sur 186 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CANARD, VICTOR, eatrant en courant.

VICTOR

Ahl mon Dieu, mon Dieu ! je suis sûr quii ne sera plus temps.

CANARD

Hein! qu'est-ce qui vient là, et quel est ce petit bonhomme ?

VICTOR

Ah! monsieur... par grâce... y a-t-il un peu de temps que vous êtes ici?...

CANARD

Dn peu de temps... je m'en vante... je peux me flatter dans ce moment-ci d'être le doyen... trois bonnes heures!... sans compter le courant... et si je n'avais pas payé mon cachet, je jure bien que...

VICTOR

Ah ! que c'est heureux... vous me rendez la vie... N'avezvous pas vu une dame en vitchoura vert ?

CANARD

Allons, encore !...

VICTOR

Une femme jeune... jolie... une charmante tournure...

CANARD

Ah! elle est jeune... elle est jolie... j'en suis parbleu bien aise... Eh bien! mon jeune ami, puisque vous avez l'honneur de la connaître, je vous prie de lui dire de ma part qu'il m'est impossible de me rendre à l'invitation qu'elle a eu la bonté de me faire tout à l'heure...

264 COMÉDIES — VAUDBVILLEà

VICTOR

Elle est donc ici ?...

CANARD

Assurément ! car elle vient de se permettre de changer ma carte d*une manière quç je trouve un peu leste...

VICTOR

Elle est ici... c'est tout ce que je demande... dites-moi vite où elle est...

CANARD

Hein?...

VICTOR

Oui... menez-moi vite vers elle.

CANARD

J*en suis désolé, mon jeune ami, mais cela m^est impossible..

VICTOR

Comment I monsieur, vous me refusez?

CANARD

Très-positivement.

Prenez-y garde 1 vous ne me connaissez pas, et vous me direz à l'instant même où elle est, sinon...

Page 1