‹ Œuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 45 sur 186 · M. BE R0STAN6B · texte numérisé non relu

M. BE R0STAN6B

C'est à merveille...

l|m« DE CHINCHILLA.

J'ai môme aussi engagé deux ou trois dames de la Chausséed'Antin.

M. DE ROSTANGE

Mais elles ne se lèveront jamais assez matin, songez donc que Féclipse commence à une heure !

LÉVENTÉ.

Laissez donc, quand on dit une heure... c*est toujours pour deux... ça n'est jamais prêt...

lf"*« DE CHINCHILLA.

Ah! mon Dieu, oui!... l'on fait toujours attendre le public... il est vrai que, cette fois, nous en serons dédommagés^ car on dit que ce sera superbe...

^' GOMÉOIfiS — VAUOBVrLLBS

LBV8NTB.

Laissez donc, on dit toujours cela.

AIR de La GavotlMê,

Oui, d'honneur, on devrait mettre fin

A cet abus. qui me choque ; On prend le public pour un faquin.

Et de lui chacun se moque.

Tivoli promet un feu d'artifice,

Des Incas c'est le temple sans pareil ;

Moi, je cherche et, sans un quinquet propice,

Je n'aurais pu distinguer U soleil.

On promet des scandales nouveaux:

En vain le public espère ; On n'en aurait pas sans les journaux

Qui nous viennent d'Angleterre!

On a mis l'Opéra dans une cage, Et pendant qu'incognito l'on bâtit.

Les talents se mettent tous en voyage, Ceux qui restent se mettent dans leur lit.

Sur sa porte Feydeau va sous peu

Afficher Maison à vendre!

Car il nous promet du Boiëldieu

Et donne des Corisandre !

Aujourd'hui c'est une éclipse nouvelle Qu'à grand bruit on vient de nous annoncer, Je veux bien d'avance la croire belle, Sur parole ici je viens m'amuser.

Mais si l'on nous trompait?

Si le bouquet Manquait?

Moi d'abord, c'est un fait.

Je me fâche tout net Et j'entends les forcer A recommencer.

l'ÉGLIPSE TOfALE 9^

Car vraiment il faut mettre une un

A cet abus qui me choque ; On prend le public pour un faquin,

Et de lui chacun se moque.

M. DE ROSTANGB, à H"^® de Ghinehilla.

Mais prenez donc garde, madame! monsieur va abîmer TOtre éventail.

M"*« DB CHINCHILLA

Comment ! mon éventail? c'est bien le sien.

LÉVENTÉ.

Oui, c*est un Corisandre, et sans cette invention-là, je crois que cette année le calorique eût absorbé mon existence...

M. DE R0STAN6E

Des Corisandres, dites- vous?...

LÉVENTÉ.

AIR da vaudeville de L'Opéra^Comique

Tel est le bon ton en effet; Il faut, pour être sans reproche, Avoir ses yeux dans son goussel Et son zéphyre dans sa poche ; An boulevard on fait un tour, A Tortoni l'on se présente.

On ne fait rien le long du jour.

Et le soir on s'évente.

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