SCENE II
COURTOIS, sortant de l'auberge A ganohe.
ÂdieUf messieurs, adieu, mes braves ; là, c*est ça, embrassez-vous encore 1 Les voilà les meilleurs amis du monde ; il faut avouer que j'ai mené cela chaudement. Le café, le dessert, la liqueur ; plus je réfléchis, et plus je m*applaudis de Tétat philanthropique que j'ai embrassé 1 J'étais confondu
dans la classe nombreuse des oisifs de la capitale : badaud ordinaire; le matin, aux Tuileries; le soir, au Palais-Royal ; j*ai passé quinze ans de ma vie à aller méthodiquement du ^café de la Rotonde à la terrasse du bord de Teau. Que diable ! j'ai senti à la fin que cela ne pouvait me mener à rien, et j*ai donné à mes promenades quotidiennes et stériles un but d'utilité publique : je me suis établi en permanence à la porte Maillot, près le bois de Boulogne, et je puis dire que, depuis que j'exerce, il ne s'est pas donné un seul rendez-vous où je n'aie été pour quelque chose. Faut-il un témoin ? voilà, voilà : M. Courtois, rue de la Paix. Il est tant de gens qui brouillent les affaires ; moi, je les arrange, je ne me bats avec personne* mais je .déjeune avec tout le monde.
AIR : J'ai vu partout dans mes voyages. (le Jaloux malgré lui,)
Par mol de jeunes téméraires Rentrent au sentier du devoir.
Et je conserve ainsi des pères Aux enfants qu'ils doivent avoir.
Cette mutuelle assurance.
Certes, nous fait à tous gagner ; Moi j'assure leur existence...
Pour qu'ils m'assurent à dîner.
Qu'est-ce que je demande? des duels, des duels, et encore des duels! il faut que tout le monde vive! D'ailleurs, il est possible que d'un moment à l'autre je me retire des affaires ! que ma lettre de change soit seulement payée; dix mille francs ! excellente opération que j'ai faîte là en déjeunant ! je Tai eue pour moitié ; ils ont beau dire, c'est une bonne signa-» ture. (u lit.) « Victor de Sérigny, » (parlant.) un jeune homme, «n mineur, il est vrai, mais le neveu du général de Vermeuil; je connais cette famille-là de réputation. En attendant^ il faudrait songer à mon diner et à mon souper, et je ne yoîs pas qu'il en soit question, car tout ici est d'une tranquillité... (on entend du brait.) Hein 1 qu'cst-cc que c'est ? n'est-ce pas un embarras de voitures ?