‹ Œuvres complètes de Eugène ScribeChapitre 92 sur 186 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

LOLOTTE, puis TOMY.

LOLOTTE

Au fait... il a raison... je suis trop bonne...

TOMY

Goddam !... je étais... beaucoup fort en colère...

LOLOTTE

Eh bien! monsieur... qu'y a-t-il donc... où croyez-vous être?...

TOMT.

Ce que j'ai, je étais depuis une heure à la porte de votre théâtre... j'ai donné un demi-guinée... à le portier... qui faisait attendre moi, comme un amant gratis...

LOLOTTE

it

Le grand malheur quand vous soupireriez un peu !

TOMT.

C'est que, depuis que je con naissais vous, ce était toujours nsi.

4IR : J'ai TU partout dans mes voyages. {Le Jaloux malgré lui.)

J'ai, dans ma tendresse indiscrète^ Soupiré près votre portier,

wr-

LE DÉLUGE n3 '

Soupiré près votre soubrette, Soupiré près tout le quartier.

Pour soupirer près d'une belle, Dieu I quel budget, que de chagrins !

Oui, vous m'avez coûté, cruelle, Plus de mille soupirs sterlings I

LOLOTTE

I Pauvre garçon!... aussi, dès que j'ai su que c'était vous...

I j'ai donné l'ordre de vous laisser passer.

! TOMY

Oui, après que vous avez donné audience à quelque rival.

Un rival !... Monsieur^ pour qui me prenez- vous?... sàvez-vous que c'est fort insolent ce que vous dites?... Un rival!... comme si j'étais femme à vous en donner un...

TOMY

Mais cette grande homme maigre en habit noir ?

LOLOTTE

Itf. Belleprose n'est pas un rival, c'est un auteur.

TOMY

n est toujours ici, et moi j'ai eu toutes les peines du monde à y entrer, et cependant...

lolotte:

Du tout, monsieur, il me fait des rôles, et je lui dois des égards, de la reconnaissance... je suis obligée par état à le bien accueillir ; mais c'est inconcevable, il vous convient bien d'être jaloux d'un auteur !

TOMY, vivement.

Vous êtes assez...

LOLOTTE

Que voulez-vous dire?...

TOMY. '

Assez jolie, pour que je sois jaloux de tout le monde et

même de ce vieux gros homme qui a le figure toute rubi-, coude...

LOLOTTE

M. Duhocquetl... c'est admirable; allez-vous aussi m'empêcher de parler à mou directeur?

TOMY

Oui... et ce petite trompette que vous regardez toujours dans l'orchestre... .

LOLOTTE

Il me fait répéter mes airs d'opéra... et je ne peux pas être malhonnête avec lui...

TOMT.

Eh bien! je trouvai que vous étiez... que vois étiez... trop honnête... Dieu sait où Ton va à force d'honnêteté*!...

LOLOTTE

Ah ! par exemple, voilà un reproche auquel je ne m'attendais pas.

AIR da vaudeville de Voltaire ekex Ninon.

Apprenez que dans ce pays On doit, quoique cola déplaise.

Traiter tout le monde en amîè ; C'est la politesse française...

TOMY

Oui, mais qu'ils n'y reviennent point, Car à tous je serais fort aise D'allonger un bon coup de poing; C'était le politesse anglaise.

Ohl le petit jaloux!... Eh! bien, monsieur, pour être plps sûr de moi, de ma fidélité, de mon amour, soyez des nôtres ; engagez- vous dans la troupe, vous aurez vos eniré69 au théâtre.

TOIIY.

Comment! vous voulez me faire jouer le comédie?...

JLB DÉLUGB i75

LOLOTTE

Je la joue bien moi 1 je ne fais que ça.

TOMT.

Oui, mais un Anglais... le neveu de sir Reding'ott... si mon oncle... il apprenait...

LOLOTTE

N'importe... c'est une preuve d'amour que je veux que vous me donniez... vous débuterez.^;

TOMY

Vous avez fàft faire déjà à moi assez de folies, et le argent de mon oncle... que j'ai mangé.. •

LOLOTTE

Ah 1 vous le prenez sur ce ton ! Eh bien ! monsieur, je le veux, je l'exige...

AIR. de Amour et mystère.

C'est 'trop longtemps lasser ma patience.

Dès aujourd'hui monsieur débutera.

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