PRÉFACE. XXXI
duit-elle à dire que lorsque le Pape déclare qu'il parle comme organe de FÉglise , il parle effectivement comme organe de l'Église; en d'autres termes , qu'il est infaillible quand il déclare être infaillible. L'inconvénient de cette !
réponse est de ne pas laisser voir clairement comment un pape qui s'obstineroit à faire prévaloir quelqu'une de ses opinions purement personnelles, ne pourroit pas affirmer qu'il parle comme organe de l'Église , et même en certains cas l'affirmer de bonne foi. Que si l'on ajoute que Dieu ne le permettra pas , on énonce seulement de nouveau , dans sa généralité , le grand principe de l'infaillibilité papale y mais on ne dit rien qui aide à résoudre la difficulté pratique de discerner, par un moyen indépendant du Pape même , quand il est infaillible et ; quand il ne l'est pas.
On seroit donc injuste de reprocher aux gallicans , d'avoir, de leur côté , cherché ce moyen, Us le placent dans l'adhésion de l'épiscopat , laquelle , en ce sens , constateroit que le Pape a réellement parlé comme organe de l'Église. Au premier abord, ce moyen présente quelque
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choK de plus naturel; fl est extérieur aa Pape, et ne sort pas Déanmoiiis de Tcmlre hiérardiiqoe. En y regardant de plus près cependant, on ToH que , de fait , fl soumet le Pape k Tépiscopat. Son infaflUbflité pratique , sans laquelle Fautre n'est qu*un yain nom , dépend du jugement des évèques éleyés dès lors audessus de lui. Mais ce jugement lui-même serat-fl infaillible? S'il ne Test pas, on n'ayancc rien ; s'fl Test , Yoflà donc deux infaillibilités diverses , Tune relative à la doctrine , au fond des choses crues et enseignées , Vautre qui n'a pour objet que d'apprendre certainement aux chrétiens quand celle-là existe. Cela se conçoit-fl? Et ce n'est pas tout. L'infaillibflîté secondaire des évoques n'est assurément pas d'une nature plus élevée que celle du Pape ; ils peuvent eux aussi parler comme hommes , au lieu de parler comme évoques : donc nécessité d'un nouveau moyen pour faire pratiquement cette distinction , nécessité d'une infaillibilité nouvelle.
Maintenant que nous examinons ces questions si diflliciles avec un calme que troubla
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souvent l'ardeur de la controverse , notre conscience nous oblige à reconnottre que nous avons été trop décisif, et qu'après tout ce qu'on a dit il reste encore quelque chose et même beaucoup à désirer pour l'esprit.
Le principal but de l'assemblée de 1682 étoit de défendre le pouvoir royal fréquemment en lutte avec Rome , et de lui fournir une arme contre celle-ci. Elle déclara donc que la puissance civile, immédiatement établie par Dieu même , ne relevoit que de lui , et qu'elle ne dépendoit ni directement ni indirectement de la puissance spirituelle , également indépendante dans les choses de son ressort.
Telle est la substance du premier article. Il renferme , comme on le voit ^ deux questions : et ces questions elles-mêmes peuvent offrir plusieurs sens qu'il importe extrêmement de distinguer, si l'on veut s'entendre.
L'une de ces questions est relative à l'origine du pouvoir temporel , et par conséquent à ses relations fondamentales avec le peuple régi par lui. Nous en parlerons plus tard. La seconde se rapporte aux droits respectifs de