‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 22 sur 108 · PRÉFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIX

riels de l'État , tout le reste demeurant libre , la difficulté seroit moins grande ; mais en ap-parence seulement , comme on le verra bien-tôt. Rien ne géneroit l'exercice de la puissance spirituelle à l'égard de ceux qui la reconnoîtroient. Leur pleine liberté civile seroit une pleine garantie de ses droits. Mais il est clair que y dans cette hypothèse y il faudroit abandonner l'ancienne notion qu'on s'est faite du pouvoir, et l'on n'y est pas certes disposé. Après avoir tourné dans le cercle sans fin de la vieille controverse , nous avions essayé de trouver au problème qui préoccupe le monde une solution par cette nouvelle voie. On a refusé d'y entrer, et , en ce qui tient à cette solution même , avec toute raison. Car, nous l'avouons hautement , en admettant les idées qu'on a repoussées avec une si vive chaleur, on transforme seulement la difficulté , on ne la résout pas , ainsi que l'on va s'en convaincre.

Supposons en effet une société se gouvernant elle-même par des délégués temporaires responsables. Cette hypothèse exclut l'idée même d'un pouvoir politique et civil tel que

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celui dont on a si Tainement cherché à concilier rindependance reoomiiie en droit, a^ec celle paiement reconnue de la puissance ^irituelle. Alais en sera-t-on plus ayancé? Nullement. Toutes les questions qui se présentoient à Tégard du prince renaîtront à T^ard de la nation ainsi constituée. La distinction des droits propres et absolus des deux puissances étant établie en principe général , sans que ces droits fussent ni pussent être déterminés en particulier, il s'agissoit de comprendre la possibilité d'une règle pratique qui garantit le libre et plein exercice des siens à chacune de ces puissances j la possibilité de Tindépendance respective du prince et de l'Église. Il s'agira maintenant de comprendre la possibilité de l'indépendance respective de l'Église et de la nation que Ton suppose se gouverner ellemême : car elle a aussi ses droits propres en tant que nation ; il existe aussi pour elle un ordre purement civil , indépendant par son essence de l'autorité spirituelle. On se retrouve donc au même point , et la difficulté est encore au-delà. Essayons de poser la question dans sa plus

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