‹ Œuvres complètes de F. de La MennaisChapitre 36 sur 108 · LXX PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXX PRÉFACE

de sa vérité lui prètoit, dans Tapplication, une force extraordinaire. On comprenoit que sans Texclusion du principe opposé on ne pouToit logiquement ni pratiquement échapper au despotisme y et que le despotisme impliquoit la négation de tout droit réel. On comprenoit que la liberté étoit au contraire la conséquence de la souveraineté nationale loyalement reconnue, et que la liberté renfermoit en soi tout ce que la raison peut concevoir sous la notion de droit dans Tordre politique et civil. Avant même que l'esprit en eût clairement formulé la théorie, comment, un seul instant, auroit-on hésité entre ces deux principes ?

S'il n'avoit pas existé au fond des choses ' une contradiction irrémédiable , nous croyons que les souvenirs de l'invasion étrangère une fois effacés, une conciliation plus ou moins durable auroit pu s'opérer de bonne foi entre la royauté et la démocratie : car personne ne vouloit la guerre pour la guerre ; on étoit las des troubles civils , et la France aspiroit au repos. Mais de part et d'autre, nous le répétons , il s'agissoit de l'existence ; et le combat

PREFACE. LXXl

dès lors se poursuivit sans interruption j toujours plus animé à mesure qu'on voyoit mieux ce que la victoire ôteroit au vaincu.

La Restauration employa trois moyens pour se conserver. Aux complots sans cesse renaissans elle opposa , selon leur nature j tantôt la baïonnette du soldat, tantôt le glaive du juge ; et à moins de soutenir qu'il étoit de son devoir de se laisser renverser sans résistance , on ne sauroit lui reprocher d'avoir été injuste en cela. Mais trop souvent la répression, plutôt violente que ferme , blessa la conscience publique , en prenant, au gré de quelques passions subalternes , l'odieux caractère d'une vengeance ignoble et atroce. Toutefois, rien alors ne ressembla, même de loin, à ce qu'on a vu depuis.

Ce n'étoit pas assez que de contenir ses adversaires par la force ; il falloit encore se créer des partisans , et les lier à soi par leul^ intérêt. Naturellement on s'adressa aux classes les plus élevées , à l'ancienne noblesse que ses souvenirs , ses sentimens traditionnels rattachoient au trône ; à la noblesse impériale , heureuse de garder sous la monarchie restaurée ses

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ijt système cependant , si simple en apparent* <ft qu*on dut croire au premier coup-

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