‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 24 sur 181 · LETTRE XXXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXXV

DB C0NS0LATI09 AUX RELIGIBUSBS DB SOMHIBRKS, SUH LA MAL&DIB DB LA SUrB&IEORE.

On ne peut être plus touché que je le suis, mes chères sœurs , des afflictions que Dieu vous envoie. 11 tie peut vous frapper plus sensiblement, ni mettre votre vertu à de plus rudes épreuves. Là perte que voftîs avez faite d'une de vos religieuses , rettrémîlë où d'autres se sont trouvées , et Fétat déplorable où vous voyez votre supérieure, les soins même et les fatigues qtoi se joignent à votre douleur exercent depuis lông-temps votre patience ; mais vous savez qu'il faut bénir Dieu eh tout tempi^, qVil fàiit mettre k profit là tribulation , et que les épouses de Jésus- Christ ne peuvent mieux lui marquer leur fidélité que par leur résigfnatidri éiitière à ses volorntés. Je ûe donte pas que vous ne compreniez la perte que vous ferez , si Dieu vous ôte une mère si zélée pour* le bien spirituel et temporel de votre monastère, si douce et si charitable dans toute sa conduite à votre égard , et si attentive aux devoirs de sa vocation \ mais vous devez la remettre entre les mains du Seigneur, le remercier s'il vous la rend par miracle, et vous soumettre s'il en dispose. Je ressens vos

peines comme je dois et comme il convient à nn pasteur et à un père qui sait compatir aux infirmités de ses filles -, et je n'oublierai aucun moyen de les adoucir. Cependant je vous prie, mes chères sœurs, et je vous ordonne même de modérer vos afflictions et de vous soulager les unes les autres dans vos veilles et vos fatigues. Cherchez au dehors tous les secours que vous jugerez nécessaires; donnez à la malade les soins que la charité et Tamitié demandent ; mais que ce soit avec la discrétion et la résignation qu'il faut observer en toutes choses. Menagez'-vous enfin pour entretenir le service de Dieu dans votre monastère, sans. vous consumer vousmêmes par des fatigues qui ne sont pas nécessaires. Je plains bien madame de B.... et je sais ce que souffre en cette occasion un Cœur aussi bon que le sien. Il faut que vous ayez soin d'elle, et que vous l'obligiea; à se conserver. Madame de L.... vous doit être d'un grand secours, il est juste aussi qu'elle se ménage ; enfin, employez tous vos vœux et vos prières pour votre supérieure. Possédez votre âme en votre patience, et croyez qu'on ne peut être avec une affection plus sincère et plus paternelle que je le suis, mes chères sœurs , votre , etc.

A Kismes, ce ao février i6g8.

DE FLÉGHIER. 53

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