‹ Œuvres complètes de FléchierChapitre 30 sur 181 · LETTRE XLIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLIII

DE PIBTB k M. DB RICHBMOKT , SOR SES MALADIES ET CELLE» DB MADAME SOIf EPOUSE.

Votre lettre , monsieur, m'a d'abord donné beaucoup de joie par les marques de votre souvenir, qui me sont en tout temps également chères ; mais elle m'a beaucoup affligé dans la suite par la représentation que vous me faites du pitoyable état où vous vous trouvez vous et madame votre femme. Je vous plains l'un et l'autre , et je prie le Seigneur qu'il vous rende la santé , ou qu'il vous donne la force de souffrir les maux qu'il vous envoie. Lorsqu'il nous conduit par des voies de douceur et de bonté , nous lui devons un hommage d'actions de grâces , lorsqu'il nous mène par des sentiers de tribulatiou et d'amertume, nous lui devons un tribut de patience. Je ne doute pas que vous ne pensiez à mettre à profit ces jours que vous, passez tristement dans vos douleurs , et que vous ne fassiez servir les peines de cette vie à l'acquisition du bonheur de l'autre. Nous serions bien imprudens et bien malheureux si nous souffrions comme ceux qui n'ont ni foi ni espérance , et si nous ne savions adoucir nos souffrances par une entière soumission aux ordres de Dieu , et par les consolations que nous pouvons tirer d'une religion pure et sincère. , Madame de Richemont travaille depuis si long-temps à sa sanctification que je la crois plus résignée qu'une autre à ce que Dieu désire d'elle. Les instructions

DE FLÉGHIER. 6^

chrétiennes qa*elle a reçues d'un de ses amis, aussi pieux que savant , ne lui seront pas inutiles \ mais je fais encore plus de fond sur les inspirations et sur les grâces qu'elle reçoit du ciel , et sur les vertus qu'elle a pratiquées , qui ont affermi son esprit et son cœur contre toutes les tribulations de la vie et contre toutes les craintes de la mort. Je vous prie de l'assurer que je ne l'oublierai pas devant le Seigneur, et de croire que personne ne vous souhaite plus de repos , plus de santé et plus de bénédictions spiri«* tuelles que moi , qui suis autant qu'on le peut étœ , monsieur, votre , etc.

A Nism^s, ce 97 juin 1700.

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